CHAPITRE XXXV
DES AFFECTIOiNS SECONDAIRES DES VOIES RESPIRATOIRES.
A chacun des chapitres traitant d'une maladie du cœur en particulier, j'ai indiqué sommairement quelle était l'évolution de la maladie. 11 me faut revenir maintenant, avec plus de détails, sur chacune de ces maladies secondaires.
L'influence des maladies du cœur sur la circulation pulmonaire varie naturellement suivant que la lésion porte sur le cœur droit ou sur le cœur gauche. Mais il faut aller plus loin. La solidarité des deux ventricules, qui ne leur permetpas de se contracter isolément, fait que si, par exemple, il existe une lésion du cœur gauche/le cœur gauche, réagissant pour surmonter l'obstacle, se contractera avec plus d'énergie ; mais si cette énergie peut suffire à faire équilibre à un obstacle, elle entraîne du côté du cœur droit une plus grande énergie de contraction, et par suite une irrigation excessive du réseau pulmonaire ; aussi n'estil pas rare de rencontrer, pendant la période de tolérance et de compensation, des hyperhémies actives du poumon.
Cette hyperhémie entraîne avec elle la possibilité ou plutôt la fréquence des hémoptysies et des hémorrhagies pulmonaires. Gendrin l'a indiqué d'une manière formelle (I).
« Les congestions sanguines et les hémorrhagies pulmonaires se manifestent dans la première période des maladies du cœur ; c'est-à-dire dans cette période de maladie dans laquelle l'organisme n'a pas encore éprouvé par le trouble antérieur fonctionnel et prolongé, tant du cœur que des poumons, une très grande détérioration. Aussi est-ce surtout sur ces sujets encoré jeunes, qui ne sont pas encore affectés d'anasarque, qui conservent môme
(1) Gendrin, Leço7is sur les maladies du cœw, 1841-1849-, p. 217.