DE LA MALADIE DE BASEDOW
Prael a signalé un ramollissement de la base du cerveau ; Virchow, une' oblitération du canal central de la moelle ou épendyme ; Lancereaux et Knight, une hypertrophie du tissu conjonctif qui enveloppe le grand sympathique ; un autre, une induration du ganglion moyen et inférieur de la partie cervicale de ce nerf; Moore, une dégénérescence graisseuse du ganglion cervical inférieur ; Recklighausen et Bienner, une atrophie du cordon de ce nerf, et M. Noël Guéneau de Mussy, une hypertrophie des ganglions trachéo-bronchiques (Société de thérapeutique, 9 novembre 1881), etc.
Il en est de ces lésions du grand sympathique comme des lésions cardiaques : elles sont fréquentes ; mais la maladie pouvant exister sans elles, elles ne sont que des complications, et non pas des lésions fondamentales.
Il faut joindre encore une modification ordinaire du caractère qui devient impatient et irritable, et rend souvent la parole comme martelée.
Le trio qui constitue la maladie : bronchocèle anévrysmale, exophthalmie, agitation cardiaque, peut n'être pas au complet et donner les formes frustes de Trousseau. Le symptôme qui manque alors le plus souvent est l'exophthalmie. - La marche de la maladie se fait par accès, mais l'évolution n'en est pas régulière ; tantôt elle amène un affaiblissement graduel et progressif de la maladie, tantôt elle se transforme; je l'ai vue chez une femme se transformer en diabète; chez une autre, en néphrite parenchymateuse avec albuminurie très abondante. Elle guérit encore assez souvent, c'est-à-dire dans les trois quarts des cas, selon Friedreich et M. Charcot.
C'est seulement pour me conformer à l'usage que je parlerai de la pathogénie, car on n'en sait absolument rien.
Plusieurs prétendent que c'est une forme de l'anémie ; Beau, Bouillaud, Graves, une forme d'hystérie^ Trousseau, Friedreich et Geigel, une névrose d'une partie du grand sympathique.
Voici une très belle observation de cette maladie que je citerai comme exemple parmi celles que j'ai pu observer :
OiismvATioN LXXXIX. - Cécile S..., âgée de trente ans, journalière, entre dans mon service K l'hôpital Lariboisière le 10 février 1881.