ALTÉRATIONS DES ORGANES CIRCONVOISINS
Il résulte donc de ces observations que le pouls situe en aval, de l'anévrysme peut être plus petit que le pouls normal, ou plus grand, si au trouble mécanique il vient se joindre une paralysie vaso-motrice.
11 est un autre caractère beaucoup plus important, indiqué par M. F. Franck, parce qu'il est bien plus constant : c'est le retard du pouls du côte où siège l'anévrysme. Ce retard est indiqué très nettement par le polygraphe de Marey. Si l'on a soin de prendre à la fois les tracés de la pointe du cœur et des deux pouls, on constate que du côté malade la pulsation est plus retardée que du côté sain ; ce retard peut aller de 5 à7 centièmes de seconde. Cette fraction, inappréciable par les sens, devient facile à constater sur le tracé fourni par le polygraphe. Cette découverte de M. Franck est des plus utiles pour rechercher le siège exact d'un anévrysme de l'aorte (1).
Ce signe du retard du pouls a été contesté par G. Bozzolo et H. Fiori (2), qui ont constaté le retard du pouls dans d'autres affections que dans l'anévrysme; mais ce qui est à considérer ici, c'est le retard comparatif des deux pouls.
Un dernier fait signalé par M. Marey est celui-ci : c'est que, dans le tracé sphymographique du pouls chez des malades atteints d'anévrysme de l'aorte, les ondulations produites par les mouvements respiratoires sont beaucoup plus accusées que dans l'état normal. Ce phénomène se produit quand la poche anévrysmale est volumineuse et qu'alors les alternatives de pression accrue ou diminuée autour de cette poche par les mouvements respiratoires, peuvent en modifier la tension (3).
Effets produits par les anévrysmes de l'aorte sur les organes voisins. - A mesure que l'anévrysme grandit, il pousse et chasse devant lui les organes voisins et les altère ; ensuite,
/■l'I^;/''''"'?','^!^''"'''''' ^i^Se des anévrysmes de
l aorte [Journal de l'anatomie et de la physiologie, t. XV 1879)
(2) G. Bozzolo et H. Fiori, Giornale délia II Acad. di'med. di Torino février 1878. '
(3) Marey, ta Circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladm, p. 643, 1881.
592 DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.
leur fait subir une sorte de résorption, et il peut lui-même, par l'effol de la compression, subir un travail inflammatoire ou gangreneux et se rompre en répandant son contenu dans les tissus ou dans la cavité de cet organe voisin, soit même se rompre à l'extérieur.
Or, le choix des organes comprimés tient, en pareil cas, aux rapports immédiats de l'anévrysme. Il s'ensuit donc que le siège de l'origine de l'anévrysme est le facteur qui viendra déterminer quels sont les organes qui seront comprimés. Réciproquement, la nature des troubles apportés par cette compression ou cette 'rupture pourra servir de point de repère pour le diagnostic du siège de l'orifice de communication.
Nous allons donc suivre le trajet de l'aorte depuis son origine jusqu'à son passage dans l'anneau diaphragmatique, et nous allons voir quels sont les organes que l'anévrysme rencontre successivement et quelles en sont les conséquences.
Au niveau de l'origine de l'aorte, les anévrysraes peuvent presser sur le cœur lui-môme et se rompre dans ses cavités. On a observé ainsi la rupture dans le ventricule gauche, dans le ventricule droit, dans l'oreillette gauche, dans l'oreillette droite. Dans ces cas, la rupture n'entraîne pas directement la mort, mais des troubles qu'on observe dans les commumcations anormales du cœur, affections sur le diagnostic desquelles on ne peut faire que des présomptions.
Les anévrysmes qui siègent un peu plus haut, entre 1 orifice d'origine et le sinus aortique, peuvent comprimer Mère pulmonaire et s'ouvrir dans cette artère. Crisp en a observé quatre cas ; M. Laveran, un également.
Dan<. les cas où l'anévrysme comprime l'artère pulmonaire, il s'ensuit une phthisie consécutive, tout comme dans le cas de rétrécissement primitif de cette artère. Des observations en ont été fournies par Fritz (1), Blache (^), Jaccoud (3), Hanot (-4),
(1) Fritz, Société analomique, 18G0.
(2) Blaclic, Id. Ibid.
crosse de l'aorte et de la pneumonie caséeuse.
COMPRESSION DE LA VEINE CAVE SUPÉRIEURE. 593
Barety (I), Pitres (-2), Bucquoy, et par beaucoup d'autres auteurs.
Entre l'origine et le sinus de l'aorte, les anévrysmes qui se développent viennent faire saillie dans le péricarde ; el, comme ils n'y sont pas soutenus par d'autres organes, ils se rompent souvent avant d'avoir acquis un gros volume et s'épanchent dmis le péricarde. La mort est en général rapide par le fait du remplissage du péricarde. Le sang accumulé ainsi dans la cavité péricardique vient comprimer le cœur et l'arrêter; les malades meurent souvent en moins d'une heure. Gela dépend du reste de la largeur de l'ouverture de l'aorte ; mais la rupture dans le péricarde peut être également produite par des anévrysmes de la partie descendante, et en particulier des anévrysmes disséquants. J'en citerai pour exemples les observations récentes de Renault (3), de Gornil et Martin (4), de Mac Bride (5), etc.
Un peu plus haut, au niveau du sinus de l'aorte, les anévrysmes commencent par refouler la veine cave supérieure et la compriment; ils peuvent l'oblitérer, comme j'en ai rapporté ■ deux cas : l'un, que j'ai observé en 1875, et l'autre, que j'ai emiprunté à mon ami Dujardin-Beaumetz. Puis, ces anévrysmes .envahissent /a ;j/^i;re et viennent se porter en dehors, puis en ibas, jusqu'à reposer sur le diaphragme, comme j'en ai rapporté lun cas un peu plus haut, cas dans lequel l'autopsie est venue rmontrer l'exactitude absolue du diagnostic que nous avions pporté.
Stokes raconte dans son livre (page 613 de la traduction de jSenac) que le docteur Mayne a observé et diagnostiqué un fait Jde rupture d'un anévrysme de l'aorte dans la veine cave inférieure. Il y avait comme signe remarquable, en dehors de la gêne ide la circulation veineuse, un bruit de bourdonnement analogue W celui qu'on entend dans les anévrysmes artérioso -veineux ormtde bourdonnement qui était caractéristique, mais qui avail .me mtensité exceptionnelle. Ge bruit siégeait au niveau del'in-
.^S:^^''' T'^^- l'aclénopathie
(2) Pitres, Société anatoraique, 1875.
(3) Renault, Union médicale, 2 décembre 1872, no 143 d 839
Bridf S:"«f '''''''''' -^^^ no 32.
C5) Mac Bride, fhe Glascow med. Journal, février 1873
c. PAUL. MAL. DU CŒUR.
894 DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.
sertion du second cartilage droit. L'autopsie montra une communication de la veine cave, en forme de boutonnière, avec des bords tranchants et irréguliers.
Un cas analogue a été observé en France par M. Chaboud (1). Il s'agissait d'un anévrysme de l'aorte dont la poche communiquait avec le tronc brachio-céphalique veineux.
Mais il arrive souvent que ces anévrysmes ou d'autres situés sur un point plus éloigné viennent se rompre dans la cavité de la plèvre. Les recueils médicaux en renferment un certain nombre de cas. Je me contenterai de rapporter les plus récents de Coyne (2), J. Besnier (3), Call Anderson (4), Cowpland (5), dans lesquels le poumon a été souvent intéressé en même temps.
Un peu plus loin l'anévrysme rencontre les vaisseaux artériels et les comprime ; il détermine alors les phénomènes particuliers sur le pouls, soit par compression de l'artère, soit par paralysie vaso-motrice.
En dehors de ces veines, l'anévrysme peut encore comprimer tout ou partie du tronc bronchio-céphalique veineux ou les autres veines des médiastins. On voit alors se produire un œdème plus ou moins localisé, un certain degré d'asphyxie locale et des veines variqueuses apparaître à la surface de la poitrine.
Un peu plus loin, l'anévrysme rencontre la trachée, et ce rapport de voisinage peut donner lieu à divers ordres de symptômes.
D'abord, si l'anévrysme est bon conducteur du son, il transmet les bruits trachéaux à la colonne vertébrale, et alors on entend à la partie supérieure du dos, au niveau de la colonne vertébrale, un bruit d'expiration prolongée soufflante queTrousseau avait signalé dans ses cliniques et que jai eu l'occasion d'observer deux ou trois fois. J'en ai parlé à l'occasion de la maladie de Hodgson, c'est-à-dire de fanévrysme vrai de l'aorte. .
Si l'anévrysme vient comprimer la trachée, il produit d abord
(1) Chaboud, Lij07i médical, 1873, p. /i78.
(2) Coyne, Mouvenmit médical, 15, 12 octobre 18/2, p. lU.
(3) J Besnier, Bulletiii de la Société aiiatomique, 1873, p. 233.
(4) Call Anderson, The Glascow Med. Journal, novembre 1872.
(5) Cowpland, Société pathologique {The Lancet, février 1873).
COMPBESSIO» DO NEnP IHSCOBIIEIIT. 695
le rétrécissement de cet organe avec dyspnée, respiration broneb„ue,soume etc., puis i, p«u s'y ouvrirpar de petites nssures et alors on a observé do petites hémoptysies répétées m- s" y a, au conlraire. gangrène et ulcération large, il se prodûit une hémorrhag,e foudroyante qui peut se faire à l'extérieur (a) ou rcmphr les voies aériennes et les combler par des caillots {3).
D autres fo.s, ce sont les nerfs laryngé, qui sont comprimés ou détruits. Dans ces cas, la compression peut porter, soit sur nn seul des nerfs récurrents, soit sur les deu. ; mais s l'on remarque que le récurrent droit passe sous Fartére sous-claviè e roue et que le nerf récurrent gaucbe passe sons la cros de orte au mveau de sa partie descendante, on ne s'étonnera pa de e que le nerf récurrent gauche soit paralysé le plus son
C'est ce qui est arrivé dans les cas de Potain, de Gairdner (4) et dans un cas que je vais rapporter.
Dans le cas de Gairdner, il y avait un anévrysme de l'aorte descendante avec adhérence del'artére pulmonaire du côté gancbe et compression de la bronche gancbe. 11 y avait une comp e':
y t' té'°T™-"" ^'■'■'"'"^''«^ psendo.cavitaires.Il bron'che ga„?h:*^*'" '''''''' ^' ™P'"- >a
Dans l'observation que j'ai pu recueillir dans mon service i'ai
,u.ran,c..ro.s a„s, scieur de l„n^ entre . l'L^pi.a, ' SaÏÏS-fLt
DES TUMEUnS ANÉVRYSMALËS.
Saint-Éloi, uo 30, le 26 janvier 1878, atteint d'une dilatation an^vysmale du cœur et de l'aorte descendante.
U I" jau'.ei- 187b, le 7 ° „,„l.bn,, est Iroid et glacÉ,
retirer son bres gauebe pbé » ^ 'l^'" j^,,,^ „ pjleur de
" ne pe„t t.U.e un meuve.eu « >™ des d. „ la main augmente et que sLb uuiq
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„'a éprouvé les douleurs de 1 artente. ,„„iement, car le malade,
ToLtotois, l'amélioration s.gn.lee se fa.l ' „ , „„..'u bout de dix- ,ui est scieur de long, ne ^^^^^^ Tto cTIs le bras gauebe e.
bes et encore ne s. sert-rl guère que d °« Q^»; „ ^ ,„„,, „„
Au bout de deuK ans, une p„d„„ pendant i™
i„„r subitenren. apbone ^^l^^J^^t^^^:^^ e'chaugé, e'.l. mois. Au bout de ce temp , elle .euen, m est Jcenue plus aigu, et son e»» e» « 'J^^
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de foie de morue. ^^^^.^^ ,„gi„e phlegmu
Trois semaines avant son entiec, a r,n„clie peuse qui s'est terminée par un abcès de l'amygdale gauche.