COMPRESSION DU NERF RÉCURRENT
Celte dernière affection a singulièrement augmenté les douleurs de la partie gauche de la poitrine ainsi que la dyspnée, et le malade s'est alors décidé i\ rentrer à l'hôpital.
État actuel : le malade est pàle et maigre, en lui tâtantle pouls, on s'aperçoit que le pouls radial gauche manque ahsolument; en remontant le cours du sang artériel, on ne trouve de pulsations ni dans l'iuimérale, ni dans l'axillaire, ni même dans la sous-clavicre. Cependant, à deux travers de doigt audessus de la clavicule, on perçoit dos hattements artériels qui sont déterminés manifestement par une branche artérielle transverse et sinueuse qu'on peut suivrejusqu'au bord du trapèze.
Au cœur, le malade accuse des palpitations depuis quelque temps. La région précordiale ne présente pas de voussure bien marquée. La pointe du cœur n'est pas trouvée par la palpation. On reconnaît par l'auscultation qu'elle se trouve dans le cinquième espace intercostal, à 10 centimètres de la ligne médio-sternale.
En examinant attentivement, on constate dans le deuxième espace intercostal gauche, à 3 ou 4 centimètres du sternum, un soulèvement svstolique isochrone au pouls radial droit. La palpation permet de reconnaître que ce point est le centre d'un battement qui s'étend dans le deuxième espace intercostal jusqu'à 7 centimètres du bord du sternum. On ne constate pas de mouvement d'expansion bien manifeste.
A l'auscultation, on perçoit un bruit de souffle systolique très intense ayant son maximum dans le deuxième espace intercostal gauche, tout près du sternum; ce bruit s'étend, à gauche, jusqu'à 8 centimètres du bord gauche du sternum, et à droite, jusqu'à 4 centimètres de ce bord, dépassant ainsi de J centimètre le bord droit du sternum.
Kn haut, ce bruit se propage dans le premier espace intercostal gauche jusquau mveau de l'insertion sternale du muscle sterno-cléido-mastoïdien.
En bas, il se perd dans le troisième espace intercostal gauche.
A la pointe du cœm- on entend un souffle systolique doux, mais ample sépare du foyer supérieur par un espace de 4 centimètres, où les deux bruits du cœur sont perçus faiblement.
Le reste de la mensuration du cœur montre que le bord supérieur du loie correspond à l'insertion du sixième cartilage costal droit; par conséquent le bord inférieur du cœur est très peu oblique. Le bord de l'oreillette droite correspond au bord du sternum.
La matité cardiaque à la percussion se continue : en haut, dans le deuxième espace intercostal; à gauche, jusqu'à 8 centimètres du bord du sternum, et à droite, jusqu'au bord de cet os. Au-dessus, au niveau du premier espace intercostal, elle couvre le sternum et déborde à gauche de 1 centimètre.
Au cou, on perçoit un léger prolongement du bruit dans les vaisseaux iirteriels.
598 DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.
En arrière, on entend le long du rachis, depuis la première vertèbre dorsale jusqu'au milieu de la région dorsale, un souffle systolique très rude dont le maximum correspond à la hauteur des trois premières vertèbres dorsales. Il est peut-être plus intense à droite qu'[v gauche On perço.t à l'oreille quelques battements profonds, surtout à gauche L examen des poumons montre la respiration très faible dans toute la hauteur du poumon gauche. A la base, le murmure vésiculan-e est a pemc appréciable. Au niveau du hile du poumon droit, les bruits respiratoires «ont un peu ruls. Des deux côtés, dans le creux axillaire, on entend le souffle systo-
^"^Pas d'autres phénomènes à noter, qu'un peu de constipation.
Le malade est mis au repos avec quelques calmants pour la nuit. Sous l'influence de ce repos, les douleurs de la nuit sont un peu soulagées, et l'on peut percevoir un léger pouls à l'artère radiale gauche.
magnosHc. Le point le plus important et qui paraît dominer tous les autres est celui d'une tumeur pulsatile, dont le maximum d expansion se perçoit dans le deuxième espace intercostal gauche, en dehors de 1 artère
piluons de cette tumeur sont isochrones aux battements du pouls. Il t'" i't d ne ici d'une tumeur anévrysmale dépendante de la crosse aortlu Son siège, à gauche du sternum, permet de supposer que la part e ÏÏIte e t uve dans la portion descendante de la crosse. La pression de Î meu ur la paroi antérieure de la poitrine, qui est accusée par des "ercostalerau niveau du deuxième espace ^^^^^^ dantsoulevéq^fo.P^~
au développement du coeur qu'. une
Tiression de haut en bas. , . i •
Fn haut on n'aperçoit rien dans le creux sus-claviculaire. En a rL l^bi uit de souffle qu'on entend au niveau des premières ver-
Ceneudant, ce qu'on entend a droite, ce ne soui i depuis l'artèro sous-cla,itre jusqu'i 1. radial» ; 2" la lac.litê «P
COMPRESSION DU NERF RÉCURRENT. 890 dilatée et déviée, et elle a été le siège de quelques troubles musculaires auxquels oa peut rattacher les vertiges et des troubles dans la vue de l'œil gauche, troubles qui se sont présentés k une certaine époque. Le nerf récurrent gauche, qui se dégage de la crosse h ce niveau, paraît avoir été intéressé et être cause de l'aphonie. Du reste, l'examen du larynx par le mn-oir montre une paralysie incomplète de la corde vocale gauche qui se contracte tardivement et d'une manière insuffisante.
En dernier lieu, le bruit de soufile qui s'entend dans le deuxième espace intercostal, et qui se prolonge très vraisemblablement jusqu'à la pointe fait penser que l'orifice de communication n'est pas très large et présenté des aspérités. Le pouls radial, tout à fait normal, contribue k faire croire que le bruit perçu à la pointe n'est qu'un bruit de propagation
En arrière, l'œsophage ne paraît pas directement comprimé, et les phénomènes de régurgitation qui ont été observés et qui se présentent de temps en temps seulement, et non d'une manière continue, donnent à penser que le nerf pneumogastrique gauche a été comprimé ou irrité par la lésion
6 février 1878. Les douleurs ont été soulagées par des injections souscutanees de chlorhydrate de morphine ; elles reviennent de temps en temps sous forme d'élancements que le malade compare à des éclairs. Elles s'irradient dans tout le côté gauche de la poitrine et dans la fosse sous-épineuse. La pression n'est douloureuse qu'au niveau de la tuméfaction du centre des battements anévrysmaux.
Quelques jours après, le 10 février, le malade prend de l'ennui à. l'hôpital et demande sa sortie.
Le 3 octobre de la même année, le malade rentre à l'hôpital Saint-Antoine ; Il se trouve beaucoup plus fatigué depuis quelque temps. Les battements de la tumeur sont plus appréciables pour le malade. La dvspha^ie a augmenté, le malade sent très bien que la gêne se trouve au niveau de 1 œsophage, après que les aliments ont quitté le pharynx. Le malade indique la première pièce du sternum comme niveau où se fait l'arrêt des ali-
Les deux pouls pris au polygraphe par M. F. Franck, montrent que le poul. radial gauche, qui est un peu sensible, n'est pas retardé sur le pouls (lu cote droit. - ^
J;Y«ïmm^.Enprésenced'unsacanévrysmalqui s'avance vers ledeuxième espace intercostal gauche et menace de tout perforer devant lui, ie me dé-
ctitt^iXi:'^'"^"^^'^^'
J'avais, depuis longtemps, reçu du Japon des aiguilles à acupuncture en or e en argent Mais j'ignorais le moyen de leur faire traverser la peau.' Ce n e. qu en 1878, à l'occasion de l'Exposition universelle, que j' i pu apprendre ce moyen. J'ai été mis en rapport avec des ingénieurs japonais 0 " 7"^7--dre la peine de venir jusqu'à l'hôpital S int-AÙ: