‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 240 sur 355 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

5» Réduction difficile de la tumeur avec douleur et menace d'angine de poitrine ;

6° A l'auscultation, un ou deux souffles en dehors des foyers des bruits cardiaques ;

7" Mauvais état général, amaigrissement et perte des forces ;

8° Signes d'irritation des organes voisins ou encore de compression et d'usure ; gêne de la circulation de la veine cave et des autres troncs veineux ; irritation ou compression du péricarde, de la plèvre, des nerfs laryngés et du pneumo-gastrique, de la trachée, des bronches, de l'œsophage, etc.;

9" La déformation et surtout le retard du pouls;

10° La cachexie cardiaque.

Diagnostic différentiel des anévrysmes de l'aorte et de quelques maladies qui peuvent les simuler. — Lorsqu'on rencontre chez un malade tous les signes que je viens d'énumérer, il n'y a pas à chercher plus loin ; le diagnostic d'un anévrysme thoracique est établi, mais il est rare qu'un malade présente tous ces signes au complet, et parmi eux il y en a de plus ou moins probants.

Voyons donc quelles sont les causes d'erreurs possibles.

Les battements peuvent tromper en ce sens qu'ils peuvent être dus:

1° A une maladie de Hodgson , c'est-à-dire à un anévrysme vrai. L'erreur ne serait pas grande, attendu que sur un anévrysme fusiforme On trouve souvent des sacs rudimentaires ;

2° Ces battements peuvent être communiqués par l'aorte à une tumeur solide, particulièrement à une tumeur cancéreuse ; mais cette tumeur est en général mauvais conducteur du son, et elle est ordinairement muette à l'auscultation.

L'erreur inverse peut se produire, et l'on peut prendre pour des tumeurs cancéreuses ou ganglionnaires des anévrysmes méconnus. Cela tient en pareil cas à ce qu'on n'a pas assez cherché partout les battements et les bruits à l'auscultation.

En cas de doute, une ponction exploratrice par les aiguilles japonaises n'en laissera pas (voir l'observ. XGlj.

La marche de l'anévrysme est en général lente ; elle s'accompagne de l'accroissement de l'hypertrophie du cœur qui, le plus

608 DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.

souvent, a précédé l'anévrysme ets'cst développée en mêmetemps que les autres lésions vasculaires, sauf dans les cas Iraumatiques.

En dehors donc des caractères topographiques de l'anévrysme, on voit survenir des troubles dans l'état des forces et une sorte d'anémie relative, avec teinte cachectique.

L'anévrysme se termine souvent par une perforation, et alors la mort est soudaine, en général, de vingt à quarante minutes ; les malades peuvent se transporter à une maison voisine, si elle n'est pas très éloignée; mais, si l'ouverture de la perforation est petite, il peut se faire pendant longtemps de petites hémorrhagies ; on en a vu même donner des hémoptysies modérées pendant plusieurs années.

En somme, rien de plus difficile à établir que le pronostic de l'anévrysme de l'aorte, et Stokes l'a exprimé très justement de la manière suivante (1) : « Étant donné un anévrysme,il est impossible de prédire ni dans quel sens il se dirigera, ni la durée de la vie du malade, ni la forme des accidents ultimes. On ne peut môme pas affirmer que la mort doive être le résultat de l'anévrysme ; elle est due quelquefois à une affection aiguë ou chronique d'une tout autre nature, surtout si un traitement judicieux a enrayé ou arrêté les progrès de la maladie anévrysmale. Chez les malades qui n'ont pas d'affection concomitante du cœur et dont l'anévrysme ne comprime aucun organe important, tel que la trachée ou l'œsophage, la mort, sans déchirure du sac, a lieu de plusieurs façons. Le malade peut succomber aux eifels de la compression exercée par l'anévrysme sur les parties environnantes; il peut être usé pour ainsi dire par la douleur, la privation de'sommeil et une lièvre inQammatoire. Il peut être emporté par une maladie aiguë accidentelle, la pneumonie, le choléra, la fièvre typhoïde, ou bien par la phthisie, la gangrène pulmonaire ou une affection cérébrale.»

On ne saurait mieux dire.

En somme, le malade peut mourir par syncope, par hémorrhagie, par asphyxie ou par épuisement produit, soit par la douleur, soit par l'insomnie, soit par l'impossibilité d'une alimentation suffisante.

(1) StQkes, Traité des maladies du cœiiv et de l'aorte, trad. Sénac, p. 591.

Page 1