LE STÉTHOSCOPE
à ce que les cahiers qui le composent ne peuvent se rouler complètement sur eux-mêmes (1). »
Il y a souvent dans les inventions des hasards heureux : si Laennec avait pris un morceau de bois au lieu de faire un rouleau de papier, il n'aurait peut-être pas eu l'idée de faire creuser un tube dans son instrument, et alors il n'aurait pas trouvé la pectoriloquie. C'est ce passage de la voix caverneuse dans le tube du stéthoscope qui avait fait donner par quelques médecins le nom de pectoriloriue à l'instrument de Laennec.
Une fois son instrument réglé, Laennec en a fait construire d'autres en bois. J'ai eu l'heureuse chance d'avoir entre les mains un des stéthoscopes dont Laennec se servait et de pouvoir le montrer à mes cliniques. Il avait 30 centimètres de long, 5 centimètres d'épaisseur, et le diamètre du tube intérieur était de 6 millimètres. Il pouvait se diviser en deux moitiés, pour devenir plus portatif. Cet instrument était excellent au point de vue acoustique, mais bien gênant par son poids et son volume.
Depuis Laennec, le stéthoscope a subi un grand nombre de modifications, à tel point que, dans une clinique faite à l'hôpital Saint-Antoine en J877, j'ai pu montrer aux élèves cent cinquante modèles de cet instrument. Malheureusement je dois dire que les modifications faites au stéthoscope de Laennec ont eu pour but bien rarement de le perfectionner au point de vue acoustique, mais presque toujours de le rendre plus portatif.
Notons que le stéthoscope de Laennec était muni d'un embout qu'il relirait pour ausculter les poumons et qu'il replaçait pour ausculter le cœur et les vaisseaux.
Piorry, constatant que la masse de bois était peu utile et que la partie principale était le tube central, a évidé à la partie extérieure le stéthoscope, en ne laissant que l'épaisseur nécessaire à sa solidité.
J'ai fait de très nombreuses expériences pour déterminer quelles sont les dimensions lesjplus convenables au stéthoscope, ainsi que la matière à employer, et je suis arrivé par l'expé-
(I) Laennec, De l'auscultation médiate, l. 1"', p. 9, 1819.