EAUX MINÉRALES. 7U
môme l'ctuve n'étaient pas inutiles aux cardiaques ; il est permis do chercher si des pratiques hydro-minérales ne pourraient pas convenir également.
Flcury avait déjà remarqué (1) que des malades qui étaient allés à Aix à cause de leur rhumatisme articulaire s'en étaient bien trouvés sous le rapport des lésions cardiaques.
Vernière (2) avait fait la môme remarque pour Saint-Nectaire, de môme Bertrand pour les eaux du Mont-Dore, mais ses observations sont loin de porter conviction. Je citerai encore MM. Favart de Mont-Luc à Néris, Dupré à Cauterets, Izarié aux Eaux-Chaudos, Blanc (3) à Aix, Teissier(4) à Lyon, qui ont également montré que certaines eaux minérales pouvaient être utiles.
Mais aucun de ces médecins n'a étudié ce sujet avec la même persévérance que M. Dufresne de Ghassaigne (5). Ce praticien, qui a exercé comme médecin inspecteur, d'abord à Bagnols de la Lozère, puis à Chaudes-Aigues (Cantal), a observé bien des cas de maladies du cœur. Il rapporte 46 cas de guérison à Bagnols, 8 à Gliaudes-Aigues, 9 guéris par le sulfure de potasse à petites doses et 6 cas seulement de non-guérison. C'est là un résultat bien surprenant, et quand on veut prendre observation par observation pour se rendre compte, on trouve bien des diagnostics douteux non seulement au point de vue de la localisation de la lésion cardiaque, mais au sujet de la réalité même d'une affection cardiaque.
Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que parmi ces nombreux malades guéris (63) quelques-uns n'aient été réellement atteints d'une maladie du cœur. Il est donc important de savoir comment a procédé le docteur Dufresne de Ghassaigne.
Ce praticien commençait par administrer chaque jour pendant
(1) Fleury, Hydrothérapie, p. 383.
(2) Vernière, Première lettre sur les eaux de Saint-Nectaire, 1852.
(3) Blanc, Rapport sur les eaux thermales d'Aix en Savoie^endant l'année
('y) Teisaier, Leçons sur les eaux minérales {France médicale, 26 juillot 1881).
(b) Dufresne de Ghassaigne, Du irailenmU et de la guérison de l'anévrysme du cœur, Paris, Asselin, 1877.
quatre à huit jours un bain entier. Le premier jour le bain est ù, 34 degrés et la durée de trente à cinquante minutes. On augmente ensuite chaque jour de 1 degré jusqu'à 38 degrés.
Si les bains sont bien supportés, on continue; dans le cas contraire, on se repose deux jours pour reprendre le troisième.
Après le bain, le malade passe dans une étuve à 40 degrés, c'est-à-dire d'une température à peine supérieure.
Le premier jour, il y reste cinq minutes, et chacun des jours suivants on augmente de quatre à cinq minutes jusqu'à un quart d'heure.
A la sortie de l'étuve, le malade est enveloppé d'un peignoir et d'un caleçon de laine et couché dans son lit où il commence à transpirer. Cette transpiration est entretenue pendant trois quarts d'heure en faisant prendre un bouillon chaud et un verre d'eau minérale.
Au bout des trois quarts d'heure, on le change de Unge et on le laisse reposer pendant une demi-heure.
Dans le courant de la matinée, le malade boit deux à trois verres d'eau thermale à 41 degrés ou à 35 degrés à un quart d'heure d'intervalle; plus, un à deux verres dans l'après-midi.
Enfln, à quatre heures du soir le malade prend un bain de pieds d'eau courante à 40 degrés de quinze minutes de durée.
De temps en temps, on y ajoute un purgatif salin. La durée du traitement est de douze à quinze jours, rarement vingt et un.
En général, au début du premier bain le pouls est agité, mais il se calme après le bain et chaque jour cette période de sédation augmente.
Au bout de dix jours, elle est complète et permanente. Toutefois, il arrivait quelquefois que les malades quittaient la station sans avoir été soulagés ; l'amélioration se produisait alors dans les trois ou quatre mois ultérieurs, et lorsque les malades revenaient l'année suivante, M. Dufresne de Chassaigne constatait chez eux une diminution des bruits de soufile, une diminution du volume du . cœur, des palpitations, de l'oppression et de la dyspnée.