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CURE DE PETIT-LAIT

A quoi était due cette amélioration ? Etait-ce simplement l'effet d'une cure thermale bien dirigée ou la composition chimique de l'eau y jouait-elle un grand rôle ?

Je serais assez disposé à accepter la première hypothèse, mais M. Dufrcsne de Chassaigne penche au contraire pour la seconde.

Dans le but de contrôler cette opinion, il a traité seize malades atteints d'affections du cœur par le sulfure de potasse en pilules à la dose de 10 centigrammes le matin pendant plusieurs mois avec addition d'un peu de fer et d'acétate de plomb (1).

Le sulfure de potasse n'a guère été essayé dans ce sens. Il faut donc que les remarques de M. Dufresne de Chassaigne soient confirmées par d'autres pour être définitivement acceptées.

En Allemagne, les recherches faites par Beneke (2) à Nauheim

permettent de penser que les eaux thermalesindifférentes peuvent combattre efficacement les stases sanguines pulmonaires et abdominales. Traube recommande également l'usage de la source n» 4 à Soden (sur le Taunus) en même temps que l'usage du petit-lait.

P. Cure de petit-lait. — Le petit-lait, sérum lactis, désigné par Galien sous le nom de melca, est nommé en Allemagne Molken et en Suisse Schotten.

C'est du lait dont on a retiré le beurre et le casewn et qui ne renferme plus que de l'eau, des sels et du sucre de lait. Les sels sont constitués surtout par du chlorure de potassium et du phosphate de chaux.

Préparé avec soin, le petit-lait est un liquide transparent légèrement verdâtre, plus ou moins opalin selon qu'il conserve des traces plus ou moins grandes de beurre ou de caséum.

11 est sucré au goût et rappelle la saveur sucrée du lait bouilli. Ce petit-lait est difficile à digérer, surtout au début, et on est généralement obligé de le couper avec des eaux minérales (Giesshiibel près de Carlsbad, Johannisbrunnen, Tatmansdorf, Scliaz) ou bien des eaux chlorurées sodiques, chargée» d'acide

(1) Formule : Sulfalc do potasse, 10 grammes; fer réduit, 10 grammesacétate de plomb cristallisé, 12 centigrammes. Pour 100 pilules.

(2) Beneke, Zur Thérapie der Gelensrhumatismiis und àie ihm verbunden Herzkrankheilen, Berlin, 1872, Hirschwald.

carbonique (Nauhéirn, Schwalheim, Ooynhausen, Rehme, Werne et la source Soolsprudel do Soden).

Celle cure, qui se fait Irès bien dans le midi de la France et à AUevard, se compose de boissons et de bains.

Il est remarquable de voir que le bain de petit-lait fait rapidement tomber le pouls (1). Cette médication est en outre laxalive et dégage les congestions secondaires consécutives aux maladies du cœur.

Q. Cure de raisin. — La cure de raisin peut remplir à peu près les mêmes indications que la cure de petit-lait.

Le meilleur raisin pour cette cure est le chasselas et plus particulièrement celui de Thomery près Fontainebleau. Les chasselas de Bourgogne et du Midi peuvent être aussi employés. A l'étranger on recherche ceux des bords du Rhin et de l'Autriche ; en Hongrie, le raisin de Tokai.

Sous l'influence de celte cure, la circulation devient d'abord plus active, le pouls prend de l'ampleur et de la force, le visage se colore, la peau s'anime et l'on sent un état de bien-être et de force croissante.

Puis les sécrétions augmentent, les urines deviennent plus abondantes, les malades ont de la liberté du ventre et quelquefois même un peu de diarrhée.

La cure doit se faire à la campagne près de la vigne. On doit faire cueillir le raisin le matin à la rosée. On met dans un petit panier le poids voulu pour une dose et le malade l'avale peu à peu en se promenant.

La quantité de raisin consommée par jour varie de 1^,300 à

4 kilogrammes.

On commence en général par une petite quantilé.un demi-kilogramme ou 1 kilogramme par jour. Quand on en prend davantage, on divise la quantité journalière en trois doses, que l'on prend, la première le matin à jeun, la seconde avant le déjeuner, la troisième avant le dîner, environ une demi-heure avant le repas. 11 ne faut pas oublier que les raisins pris le matin à la rosée sont plus diurétiques et plus laxatifs.

(l) Nipce, Mémoire sur l'action des bains de petit -lait, 1840.

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