‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 344 sur 355 · PIQURES, SCARIFICATIONS · texte numérisé non relu

PIQURES, SCARIFICATIONS

fermé la plaie. Cela arrive plus tôt encore si, au moment de la piqûre, la sérosité s'est trouvée mélangée de sang ; le sang se coagule assez rapidement et l'écoulement est arrêté. Il faut donc surveiller ces piqûres et les renouveler.

En général, à chaque écoulement nouveau de liquide, le malade est soulagé et redemande de nouvelles piqûres qu'on renouvelle. Cependant il arrive quelquefois que cet écoulement, trop abondant, qui appelle la reproduction nouvelle du liquide, devient une cause d'épuisement pour le malade, et l'on doit y renoncer.

D'autres fois, la peau s'enflamme, devient rouge et érysipélateuse. Il se produit alors un érysipèle ambulant qui donne peu de fièvre, malgré l'étendue de sa surface, mais qui est une nouvelle cause d'épuisement pour le malade. Cependant, ces érysipèles sont loin d'être toujours mortels, et bien des malades survivent, bien que l'érysipèle ait parcouru rapidement la moitié de la surface du corps.

Trousseau avait eu l'idée, à un moment, de remplacer les piqûres par une exsudation provoquée par l'huile de croton tiglium. 11 prenait cette huile à pleines mains et en enduisait les deux membres inférieurs jusqu'au tiers supérieur des cuisses. Tantôt, l'huile restait sans effet, et d'autres fois amenait une sécrétion d'une abondance extrême. Il se produisait même des plaques très étendues de gangrène superficielle, mais ne dépassant pas les parties profondes de l'épiderme, c'est-à-dire la couche de Malpighi. Au moment de cette énorme spoliation, le malade tombait dans un état de faiblesse des plus alarmants, puis, en général, tout se réparait et le malade était guéri pour un temps de son hydropisie. Mais ce procédé, des plus douloureux, presque barbare et toujours dangereux, a été abandonné par Trousseau lui-même, avant sa mort (1).

(1) Traité de thérapeutiqun, par Trousseau, Pidoux et C. Paul 9e édition t. I", p. C38. '

Page 1