CHAPITRE LV
TRAITEMENT DES AFFECTIONS SECONDAIRES DU SYSTÈME NERVEUX ET DU GOITRE EXOPIlflIALMIQUE.
Ainsi que je l'ai exposé dans un cliapitro précédent, les affections secondaires du système nerveux ont pour cause presque constante le défaut d'énergie du cœur, qui n'envoie plus assez de sang au cerveau et à la moelle. Dans ces cas, l'indication consiste à donner des cordiaux, qui sont des stimulants directs du cœur et même du système nerveux.
Je prie donc le lecteur de se reporter au chapitre de la Thérapeutique, où sont décrits les cordiaux.
Il faudra également s'assurer si cette anémie cérébrale n'est pas produite par une action trop dépressive de la digitale ou de toute autre médication, auquel cas il faudra cesser l'emploi des modérateurs du cœur pour revenir aux cordiaux.
Dans le cas où les accidents cérébraux consistent dans la thrombose, l'embolie ou l'apoplexie, le traitement consiste :
4» A mettre le malade dans une position demi-assise, pour lutter par la pesanteur, de manière à retarder la circulation artérielle et aider la circulation veineuse. Ce moyen, sur lequel insistait surtout Trousseau, a pour résultat de modérer l'encéphalite consécutive-,
2° A faire sur la tôte des lotions fraîches avec de l'eau alcoolisée pour soustraire de la chaleur par l'évaporation, ou à en- ■ tretonir sur la tête des compresses imbibées d'eau fraîche a mesure qu'elle s'échauffe. Le meilleur moyen d'y entretenir une basse température consiste à introduire, entre les feuillets de la compresse, des petits fragments de glace gros comme des amandes. La vessie de glace et la poche de caoutchouc ont l'm-
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convénient de gêner par leur poids et de se déplacer, de sorte qu'elles sont presque toujours à côté du malade.
J'ai essayé, dans ces derniers temps, un appareil qui consiste dans une calotte formée par un tube de caoutchouc enroulé. Dans ce tube circule lentement de l'eau à la température de la chambre (13 degrés environ), et, par conséquent, à 22 degrés au moins au-dessous de la température animale. Ce procédé paraît avoir de l'avenir; mais je ne l'ai pas encore assez essayé pour être fixé sur ses avantages et ses inconvénients.
J'ai essayé, à une certaine époque, de refroidir la région malade en faisant raser cette région et en y faisant, à plusieurs reprises, une réfrigération locale en projetant de l'éther pulvérisé par l'appareil de Richardson. Le résultat local immédiat a été obtenu, mais les malades ont gardé pendant plusieurs jours une douleur de tête et n'ont pas paru en retirer un grand bénéfice ;
3° Il faut faire une dérivation intestinale avec des purgatifs drastiques. Les pilules d'aloès de toutes sortes conviennent très bien en pareil cas. On obtient, par là, non pas tant une évacuation alvine qu'une dérivation intestinale, qui amène une grande quantité de sang dans le réseau vasculaire mésentérique.
On peut obtenir le même effet avec des lavements purgatifs au séné (20 grammes pour 230). C'est là le plus grand bénéfice que nous ayons retiré de la découverte du nerf dépresseur de iM. E. Cyon. Elle sert à nous expliquer l'heureuse influence du clyslère par la dérivation intestinale dans les maladies aiguës comme dans les maladies chroniques.
4° On aura recours ensuite aux médicaments qui calment le cerveau sans le congestionner, c'est-à-dire le chloral et le bromure de potassium, tandis que l'opium aurait des inconvénients.
TnAITEMENT DU GOITRE ËXOPHTnALMIQUE.
Bien que cette maladie nous soit éncore mal connue, l'empirisme a montré que certains médicaments ont une action utile; ce sont l'iode, le bromure de potassium, la duboisine, et surtout l'hydrothérapie.
TRAITEMENT DU GOITRE EXOPHTlULMIQUË.
l'iode.
On sait que le goitre est la maladie contre laquelle Coindet a donné l'iode pour la première fois ; il n'est donc pas étonnant qu'on ait essayé ce remède contre le goitre exophthalraique. M. Noël Guéneau de Mussy (i) a obtenu par ce médicament des succès prompts et inespérés, et il est certain que l'iode donné à petites doses agit d'une manière très efficace pour enlever chez ces malades les palpitations et l'agitation nerveuse. J'ai adopté, pour ma part, la méthode de M. Noël Guéneau de Mussy. Elle consiste à administrer la teinture d'iode, ou plutôt l'iodure d'amidon, au moment de sa formation. On donne pour cela, trois fois par jour, 3 à 6 gouttes de teinture d'iode dans un peu d'eau de riz.