‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 87 sur 355 · INSUFFISANCE DE LA VALVULE MITRALE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DE LA VALVULE MITRALE

bi-uit. Or, j'espère montrer que ces trois symptômes ne sont que des variétés du souffle systolique.

Le mode de fonctionnement de la valvule mitrale que nous avons admis avec M. Marc Sée nous force à admettre que toute lésion de la mitrale entraîne forcément le rétrécissement etl'insuftisance. Mais il est vrai que plus tard l'une de ces lésions vient i\ prédominer: tantôt le rétrécissement, tantôt l'insuflisance.

Cette proposition demande quelques développements. . Du moment où la valvule mitrale forme un entonnoir qui s'écarte dans la diastole et se rapproche dans la systole, toute lésion qui viendra prendre place dans ce canal déterminera à la fois du rétrécissement et de l'insufflsance. Que cette lésion consiste en végétations, en anévrysmes valvulaires, en productions athéromateuses ou calcaires, ou même enfin en myomes ou autres tumeurs, si les valvules restent souples, il y aura peu de rétrécissement et d'insuffisance ; si les valvules sont indurées et immobiles, il y aura autant de rétrécissement que d'insuffisance. Dans les cas où le rétrécissement domine, si l'on vient à regar- ' der la valvule parla face auriculaire, on constate les caractères • suivants: l'adhérence du bord de la valvule rétrécit le passage . du sang comme la blépharite chronique rétrécit l'orifice des ; paupières (Bouillaud). La rétraction des tendons empêche leur . écartement. On trouve ainsi dans le canal mitral une zone dure, : immobile, enfoncée dans le ventricule, laissant au fond une ligne ' sinueuse, souvent courbe en fer à cheval. Les bords sont indu- - rcs, rugueux avec des villosités dures et souvent calcaires. Aui dessus, l'orifice reste en général inaltéré avec ses dimensions ' normales.

En pareil cas, il y a rétrécissement et insuffisance et il ne faut ■ pas dire qu'il y a rétrécissement plus qu'insuffisance. Si l'orifice est petit, il ressort peu de sang et l'on dit que c'est l'obstacle à l'arrivée qui est considérable. Mais l'orifice étant immobile, l'insuffisance est en réalité totale, puisque, l'orifice étant immobile, il ressort autant de sang qu'il en entre. En pareil cas, l'insuffisance est aussi complète que si l'on supprimait totalement la ;valvule chez un sujet sain.

Dans le cas où la lésion mitrale est accompagnée d'une dilata-

202 DES LÉSIONS DE LA VALVULE ET DE l'OIUFICE MITRAL.

lion du cœur avec ou sans hyperlrophie, il en est autrement si l'on vient à regarder la lésion par la face artérielle de la grande milrale, c'est-à-dire parla cavité venlriculaire: on constate que les muscles papillaires sont écartés les uns des autres, que le treillage formé par les cordons tendineux est à grandes mailles et que le bord inférieur de la valvule forme la section d'un orifice tubulaire.

Ainsi donc dans le premier cas, la diastole est retardée et la quantité de sang renvoyée à chaque systole est minime ; dans le second la diastole est facile et la systole inefficace ; mais la perle étant égale par l'insuffisance, il y a encore peu de sang d'envoyé dans la circulation.

Dans le cas de dilatation du cœur, la paroi postérieure courbe devant fournir un périmètre beaucoup plus long que la cloison, le bord gauche de la valvule est entraîné en dehors et l'orifice veineux, qui regardait en dehors et à droite, finit par regarder directement en arrière, formant ainsi un orifice transversal dans lequel le doigt pénètre directement d'avant en arrière. La valve antérieure devient trop courte et la valve postérieure ne sert plus à rien. J'ai constaté bien souvent cette déformation, mais pour s'en rendre compte il faut laisser le cœur en place et le couper par dos tranches transversales et verticales en allant d'avant en arrière. On sait, du reste, quelles nombreuses erreurs de topographie on a faites pour avoir décrit le cœur déplacé et déformé.

Ckîlte insuffisance pure par dilatation que je décrirai et que j'ai pu diagnostiquer quelquefois comme je le dirai plus tard, esl admise également par MM. Jaccoud, Potain et Rendu ; mais ils la regardent comme rare à cause de l'allongement de la valvule mitrale, qui se produit quelquefois en même temps.

Une fois la lésion mitrale établie, il en résulte des troubles consécutifs qui varient un peu suivant que domine le rétrécissement ou l'insuffisance.

On peut les représenter dans le tableau ci-joint :

Rétrécissement. Insuffisance.

Oreillette gauche ... Cavité agrandie. Cavité agrandie.

Parois hypertrophiées. Paroishypertrophie, ^

— athéroni.iteuses. »

— végétantes. "

DIAGNOSTIC DE l'aFFECTION MITRALE.

Vtïutricule gaucho..

-Muscles papillaii'i's.

Aorte

Ventricule droit... .

Valvule tricuspide .

Riîlrécissemont.

Cavité diiainuée.

Parois amoindries.

Dcgénérés avant les parois.

Diminuée.

Cavité agrandie.

Parois épaissies.

Etendue.

Insuffisante.

Insuffisance.

Cavité agrandie.

Parois hypertrophiées.

Cavité agrandie.

Parois épaissies.

Etendue.

Insuffisante.

Page 1