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SOUFFLE MITRAL PARADOXAL

Comme timbre, le l)i'uit est doux, eu jet do vapeur. En somme, il n'y a qu'un bruit do souffle dont le maximum se trouve dans la quatrième espace k 5 centimètres de la ligne médiane. Lésion mitrale avec insuffisance.

\° II n'y a pas d'affection rénale ;

2° Les bruits ont dans le quatrième espace une rudesse très marquée, ce qui fait supposer une lésion i'i la valvule mitrale ; 3" Œdème pulmonaire des deux côtés ;

4° Foie très gros; ligne mamelonnaire, 13 centimètres; ligne axillaire, 18.

Odservatio.x XXXIV. — Eugénie L..., âgée de trente-quatre ans, entre à l'hôpital Saint-Antoiue en 1877, salle Sainte-Jeanne, n° 6. La malade est atteinte de rhumatisme articulaire aigu. L'examen du cœur donne les résultats suivants :

La pointe bat dans le cinquième espace intercostal gauche à 13 centimètres de la ligne médiane. Le bord supérieur du foie correspond à l'origine du cinquième cartilage droit. Le bord vertical est h 2 centimètres et demi de la ligne médiane. On entend à la pointe un double souffle, dont le second paraît plus prolongé que le premier. Ce double souffle s'entend sur un espace qui forme un triangle qui déborde la pointe du C(Eur de 3 ou 4 centimètres vers l'aisselle. Du côté de la ligne médiane, il dépasse la pointe du cœur d'une quantité égale. Lorsqu'on s'éloigne de la pointe pour se rapprocher, soit de la valvule tricuspide, soit de la valvule mitrale, le bruit de souffle diminue de durée, et l'on constate alors manifestement qu'il n'y a qu'un bruit de souffle systolique qui, en se réduisant, ne dépasse plus le claquement valvulaire, et laisse même un court petit silence, montrant que le bruit valvulaire sigmoïde est nettement frappé.

Il est à peu près impossible de savoir si ce bruit tient à une lésion développée dans le présent accès de rhumatisme ou s'il s'est produit dans un accès antérieur.

Observation XXXV. - Léontine M..., âgée de vingt-huit ans, journalière, entre a l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Elisabeth, n° lo, le 23 février 1881 .

Cette jeune fille a beaucoup soufl-ert dans l'enfance. Elle a été atteinte d'ophthalmie strumeuse, de gourmes et d'angines fréquentes ainsi que de Jironchites.

A dix ans, elle a eu la variole, qui a laissé des traces sur la lèvre supérieure. A quatorze ans, on lui a percé les oreilles : il en est résulté une igne cicatricielle complète allant jusqu'au bord libre. A vingt-trois ans les oreilles ont été percées une deuxième fois, et depuis il ne s'est pas produit de section consécutive.

La malade entre à l'hôpital pour un essoufflement qu'elle fait remonter ans au moins. Elle ne se souvient pas d'avoir eu des rhumatismes,

220 DES LÉSIONS DE LA VALVULE ET DE l'oRIFICE MITRAL.

mais la scarlatiae à dix-huit aus. Peut-être est-ce la cause de la maladie aclucUe. Le pouls est petit (100 pulsations cuviron), assez régulier. L'examen du cœur donne les résultats suivants : la pointe bat dans le cinquième espace intercostal à 10 centimètres de la ligne médiane. Le bord du foie répond k l'insertion du cinquième cartilage. Le bord -vertical est à 3 centimètres delà ligne médiane. La pointe est abaissée de 4 centimètres. Donc hypertrophie gauche.

L'auscultation à la pointe donne un souffle systolique dépassant, le claquement sigmoïde, couvrant une partie du petit silence, donnant l'apparence d'un double souftle. La région occupée par ce souffle figure un triangle qui dépasse la pointe de 3 ou 4 centimètres, et s'élève jusqu'à la quatrième côte. L'auscultation de l'artère pulmonaire donne un bruit systolique rude formant un triangle à base placée sur le bord gauche du sternum, et à sommet situé dans le troisième espace intercostal, à 6 centimètres du bord. Le maxinaum de ce deuxièmebruit systolique s'entend à l'origine du troisième espace intercostal, diminue par la cessation de la respiration : c'est bien un bruit pulmonaire. Il y a un murmure dans les vaisseaux du cou. Rien k l'aorte ni à la tricuspide.

On entend en arrière un bruit de souffle derrière le poumon gauche, auprès de la colonne vertébrale entre la quatrième et la huitième dorsale.

Diagnostic : lésion mitrale caractérisée par l'hypertrophie du cœur gauche, le souffle de la pointe et la petitesse du pouls. Le bruit de souffle à apparence double qui existe à la pointe disparaît sitôt qu'on s'écarte d'un centitimèlre, pour devenir un bruit de souffle systolique : c'est le bruit paradoxal. Le bruit que l'on entend en arrière de la poitrine tient à l'hypertrophie du cœur et siège au niveau, où se trouve ordinairement ce bruit. Il existe, en outre, à l'artère pulmonaire un souffle rude systolique modiflable par la respiration, accompagné par un murmure dans les vaisseaux du cou à droite, bruit probablement anémo-spasmodique. La lésion de l'artère pulmonaire est tout à fait exceptionnelle. Pas de congestion m d'œdème pulmonaire, pas d'œdème des membres inférieurs. La malade est actuellement en convalescence de pneumonie. La lésion mitrale est à la période de tolérance.

J'ai observé encore d'autres exemples de ce fait, mais il me paraît inutile de les rapporter.

Voici donc en résumé un fait bien net.

On ausculte un malade atteint d'insuffisance mitrale et l'on entend un double soufQe, un premier qui couvre toute la sys; tole et un second qui commence au claquement des sigmoïdes et couvre une partie du grand silence. L'observateur se hate d'affirmer les deux bruits et leur donne une explication, satisfai-

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