‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 98 sur 355 · DU POULS DANS LA LÉSION MITRALE · texte numérisé non relu

DU POULS DANS LA LÉSION MITRALE

Il devient alors un souffle à apparence double auquel j'ai donné le nom de bruit paradoxal.

Le bruit dit présystolique est .en réalité le bruit de claquement de la tricuspide qui commence la systole ; il est suivi du bruit de souffle mitral retardé.

Le dédoublement du premier bruit tient à ce même retard que met la systole ventriculaire à se compléter.

Le dédoublement apparent du deuxième bruit peut être en effet un dédoublement du second bruit et ayant son maximum aux orifices artériels, ou bien n'être qu'un retard plus marqué du bruit mitral sur le tricuspidien. En pareil cas, le dédoublement ne s'entend pas aux orifices artériels.

L'explication du dédoublement du premier bruit s'explique très facilement par le retard du choc de la pointe donné par le cardiographe. Le dédoublement du second bruit a pour cause une tension plus grande dans le système artérielqui accélère l'occlusion desorifices aorliques. Cette explication donnée par M. Potain pour le dédoublement du second bruit me paraît tout à fait acceptable (1).

Du pouls dans la lésion mitrale. On a cru dans les premiers temps de la sphygmographie, et j'aiiongtemps partagé cette idée, que chaque orifice lésé donnerait au pouls une apparence pour ainsi dire spécifique, qu'on pourrait au premier abord reconnaître un pouls mitral, aortique, etc. L'expérience n'a pas tardé à montrer que les choses sont loin de se passer aussi simplement.

Dans les premiers temps de la maladie,, pendant la période de tolérance, si le sujet est jeune et l'appareil de la circulation périphérique encore sain, souple et vigoureux, alors que le myocarde est sain et réagit énergiquement contre l'obstacle créé par la lésion d'orifice, le pouls cardiaque ou artériel n'est guère altéré. La pulsation cardiaque peut avoir elle-même l'aspect absolument normal, comme on peut le voir plus haut (fig. 69). 11 peut même arriver que le tracé n'indique que des palpitations nerveuses,

(I) Potain, loc. cit. (Société médicale des hôpitaux, 1866), — Excliaquet, D'un phénomène stéthoscopique propre à certaines fornies tf hypertrophie simple du cœur, 1873.

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comme en voici un exemple pris sur une jeune fille de dix-huit ans, vigoureuse elalleinle d'une lésion milrale des plus évidentes.

Fi g. 72.

Plus lard, au contraire, quand le myocarde est altéré et que les autres organes de la circulation sont affaiblis, les coniraclions cardiaques faiblissent, et à certains moments ne peuvent pousser l'ondée sanguine jusqu'au bout du réseau artériel 5 de là les /hiisses intermittences (fig. 73).

Fig. 73. Fausses iiitermillenoes en S et. I (Marey).

En dehors de ces deux cas extrêmes, on voit que dans l'insulTisance mitrale, à mesure que le myocarde s'altère, le pouls devient irrégulier dans son rythme et dans l'ampleur de ses pulsations. Il semble que le cœur soit oblige de prendre de temps en temps du repos^ et que, quand il repart, la première pulsation assez énergique soit suivie d'autres dont la force va décroissant, et cela en dehors môme de l'aclion de la digitale.

DU POULS RADIAL DANS l'iNDURATION MITRALE. 231

La pulsation est souvenL dicroLe et le dicrotisrae en rapport avec l'abondance du relliiN.

Fig. 74. Pouls radial dans l'insiifûsanco milrale (Maroy).

On pourra voir, du reste, par les tracés de la figure 74, em-

1 r\ rv-.J'V^J^\--JV rv-/V.-iV /^n/

Fig. 73.

Pouls radial dans le rclrécissemonl mllral (ISÏarey)

prunlés à M. Marey (1), combien est variable la forme du pouls radial dans l'insuffisance milrale.

(1) Marcy, la Circulation du sang, p. 689. '

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Les caractères du pouls du rétrécissement mitral sont en général négatifs. Tout ce qu'on peut dire, c'est que souvent, mais pas toujours, bien loin de là, le pouls du rétrécissement est moins irrégulier que celui de l'insuffisance (fig. 75). C'est du moins ce que M. Marey donne sous toutes réserves.

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