DU POULS DANS LA LÉSION MITRALE
quemcnl ne s'entend pasauxsigmoïdes, je me borne à constater le fait sans y rien comprendre. J'aime beaucoup mieux déclarer que je ne connais pas de théorie satisfaisante que d'en donner une mauvaise. Du reste, aucune des théories qui ont été proposées pour expliquer ce phénomène ne peut soutenir l'examen.
Du pouls dans la lésion mitrale. On a cru dans les premiers temps de la sphygmographie, et j'ai longtemps partagé celte idée, que chaque orifice lésé donnerait au pouls une apparence pour ainsi dire spécifique, qu'on pourrait, au premier abord, reconnaître un pouls mitral, aortique, etc. L'expérience n'a pas tardé à montrer que les choses sont loin de se passer aussi simplement.
Dans les premiers temps de la maladie, pendant la période do tolérance, si le sujet est jeune et l'appareil de la circulation
Fig. 77.
périphérique encore sain, souple et vigoureux, alors que le myocarde est sain et réagit énergiquement contre l'obstacle créé par la lésion d'orifice, le pouls cardiaque ou artériel n'est guère altéré. La pulsation cardiaque peut avoir elle-même l'aspect absolument normal, comme on peut le voir plus haut (fig. 74). 11 peut môme arriver que le tracé n'indique que des palpitations nerveuses, comme en voici un exemple pris sur une jeune fille de dix-huit ans, vigoureuse et atteinte d'une lésion mitrale des plus évidentes. Mais il ne faut pas s'y tromper : le tracé ici représenté Lient sa forme spéciale à ce que la pointe bal lait der-
rière la cinquième côte et lui imprimait les oscillations qui sont ici destinées.
Plus tard, au contraire, quand le myocarde est altéré et que les autres organes de la circulation sont affaiblis, les contrac-
Fig. 78. Fausses intermittences en S et F. (Marcy.)
tions cardiaques faiblissent, et à certains moments ne peuvent pousser l'ondée sanguine jusqu'au bout du réseau artériel ; de là les fausses intermittences (fig. 78).
Fig. 79. Pouls radial dans l'insuffisance raitralc. (Marcy.)
En dehors de ces deux cas extrêmes, on voit que dans l'insuffisance mitrale, à mesure que le myocarde s'altère, le pouls devient irrégulier dans son rythme et dans l'ampleur de ses pulsations. Il semble que le cœur soit obligé de prendre de temps en temps du repos, et que, quand il repart, la première puisa-
DU l'OULS RADIAL DANS LA SCLÉROSE M1TRALE. "3
tion assez énergique soit suivie d'autres dont La force va décroissant, el cela en dehors môme de l'action de la digitale.
La pulsation est.' souvent dicrole et le dicrotisme en rapport avec l'abondance du reflux.
On pourra voir, du reste, par les tracés de la ligure 79, em-
Fig. 80. Pouls radial dans le rétrécissement mitral. (Marey.)
prunlés à M. Marey (1), combien est variable la forme du pouls radial dans l'insuffisance mitrale.
Les caractères du pouls du rétrécissement mitral sont en général négatifs. Tout ce qu'on peut dire, c'est que souvent, mais pas toujours, bien loin de là, le pouls du rétrécissement est moins irrégulier que celui de l'insuffisance (fig. 80). C'est du moins ce que M. Marey donne sous toutes réserves.
(1) Marey, lu Circulation du sang, p. 689.