‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 136 sur 413 · RAPPORTS DE L'ORIFICE AORTIQUE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE L'ORIFICE AORTIQUE

mais il n'en avait pas été frappé et n'en avait pas compris l'importance.

Depuis cette époque, des travaux imporlants.ont été publiés sur ce sujet par Guyol (I) et Littré en 1S34, Charcellay en 1830, Aran en 1842 (2), Costa Alvarenga en 1836 (3), Cl. Bernard, Mauriac, Duroziez, etc.

Le moyen le plus sûr pour reconnaître sur le cadavre la présence d'une insuffisance aortique consiste à verser dans l'aorte de l'eau avec une hauteur suffisante pour qu'elle détermine la tension des valvules. Cette eau doit être maintenue dans l'aorte ; mais il faut s'assurer si elle ne disparaît pas par les artères coronaires, coupées auparavant. Le procédé par le mercure ne vaut pas le procédé par l'eau, attendu qu'il ne permet pas de voir le jeu des valvules par transparence.

Cette insuffisance peut être produite de plusieurs manières. Elle peut d'abord se produire brusquement, pendant un effort, par le fait d'une rupture. Le plus souvent la valvule se rompt à son bord libre, d'autres fois elle a lieu à l'insertion de cette valvule par une sorte de décollement. Cette lésion est en général unique ; mais elle peut cependant se produire sur deux valvules. MM. Potain et Rendu admettent qu'en pareil cas il doit y avoir une lésion préalable de ces valvules, car on ne parvient pas à les rompre en poussant avec force une injection dans l'aorte. 11 faut, pour produire expérimentalement cette insuffisance chez les animaux, crever les valvules, comme l'ont fait MM. Chauveau et Faivre, Chauveau et Marey, Klebs, Conheim, Jœger, Rosenbach (1878); on les coupe avec un instrument spécial, comme Franck m'en a rendu témoin au laboratoire du Collège de France (1882).

En dehors de ces accidents, l'insuffisance aortique est le produit habituel de l'endocardite ; l'endocardite scléreuse, en particulier, endurcit le bord et en diminue le périmètre de telle manière que l'occlusion complète ne puisse plus être possible.

(1) Guyot, Thèse de Paris, 1834, n<> 163 : De l'insuffisance des valvules aortique.i.

(2) Aran, Archives de médecine, 3e série, t. XV, p. 2l>3.

(3) Costa Alvarenga, Mémoire sur l'insuffisance des valvules aortiques.

268 DE LINSUFFISANCK AORTIQUE,

Il en esL de môme de la dégénérescence graisseuse ou de l'incrustation calcaire de ces valvules. D'autres fois, l'inflammation a fait adhérer une des valvules à la paroi de l'artère et ne laisse plus que deux valvules pour fermer l'orifice. On y trouve encore, mais plus rarement, une perforation par suite d'un anévrysme local valvulaire de Pelvet. On trouve peut-être plus souvent la soudure de deux valvules voisines. Le voisinage de la valvule mitrale, si souvent éprouvée par l'endocardite, fait que, dans certains cas, l'inflammation s'étend à la partie à la circonférence aortique, qui en est voisine, et attaque la valvule semi-lunaire correspondante.

D'autres fois encore, les lésions des valvules ne sont qu'une extension de la dégénérescence athéromateuse de l'aorte, qui indure ces valvules et les immobilise en partie.

Il faut enfin signaler un fait rare, mais déjà vu par Corrigan : c'est une sorte d'atrophie produisant l'état réticulé des valvules.

Enfin l'insuffisance peut se produire sans aucune lésion des valvules, par le seul fait de la dilatation de l'aorte. Cette insuffisance n'est plus alors qu'une conséquence de cette maladie, très bien décrite par Hodgson, et que j'appellerai, pour cette raison, maladie de Hodgson.

Notons, du reste, avec Péris (de Kœnigsberg), que, dans la jeunesse, les valvules sigmoïdes ont plus d'étendue qu'il n'en faut pour couvrir la surface de la section de l'aorte ; mais, comme plus tard l'orifice aortique s'élargit dans la vieillesse ou du moins à partir de l'âge de vingt et un ans et que les valvules ne se développent plus, leur étendue, d'abord supérieure à la surface de section, devient égale, puis inférieure à cette surface.

Pour se rendre compte de cette dilatation progressive de l'aorte avec l'âge, Beneke a fait un très grand nombre de mensurations, dont je donnerai ici le résumé (1) :

(1) F.-W. Beneke (de Marburg), Ucber lias Volumen der Herzcns, etc. Cassel, 1879.

Dimensions du pourtour de l'aorle prises à son origine, suivant l'âge et le sexe. Rapport de cette quantité à la longueur du corps (le chiffre marqué indique le rapport de cette quantité à 100 centimètres de longueur du corps).

SEXE MASCULIN

SEXE FÉMININ

AGE

Tibre de cas ( observés. \

conf. interne de l'aorte 1 millimètres. [

Rapport / 0 centimètres l : longueur. '

ng. moyenne du corps centimètres. /

mbre de cas 1 observés.

conf. interne de l'aorte millimètres. |

Rapport 0 centimètres e longueur.

ng moyenne du coips millimètres, i

-rf

Fœlus?

— de 6 a 7 mois.

— de 7 mois. .

— de7à8mois.

— de 7 mois. .

De 1 à 11 jours. . .

— 1 1 jours à 3 mois.

— 3 mois ii 1 an . .

— 1 à 2 ans. . . .

— 2 à 3 ans . . .

lâ

— 4 à o ans. . . .

— 5 à G ans.. . .

— 6 a 7 ans. . . .

— 7 à 9 ans. . . .

— 11 à 13 ans. . .

— 13 à 14 ans. . .

— 1 4 à 1 o ans . . .

— 15 h 16 ans. . .

ob,a

— 1G ît 17 ans. . .

— 17 à 18 ans. . .

— 18 îi 19 ans. . .

— 19 à 20 ans. . .

— 20 a 21 ans. . .

— 22 à23 ans. . .

— 23 à 24 ans. . .

— 24 a 25 ans. . .

— 26 a 27 ans. . .

— 27 à 28 ans. . .

— 28 à 29 ans . . .

— 30 à 34 ans. . .

— 35 à 40 ans. . .

— 40 a 15 ans. . .

— 45 à 50 ans. . .

— 50 h 55 ans. .

— 55 îi 60 ans. . .

— 60 à 65 ans. . .

— 65 à 70 ans. . .

270 MALADIH DR CORRIGAN.

Il résulte des chiffres contenus dans ce tableau que, de la naissance à vingt et un ans, l'orifice aortique s'accroît peu à peu, comme tout l'individu.

A vingt et un ans, quand la croissance est terminée, les dimensions du corps et de l'aorte restent stationnaires; mais, à partir de quarante à quarante-cinq ans, le rapport change. Lalongueur de l'individu n'augmente plus, mais l'orifice aortique continue à s'élargir. De la naissance à vingt et un ans, l'orifice aorLique s'agrandit; son périmètre, qui était à la naissance de 20 millimètres, arrive à l'état adulte, à vingt et un ans, à mesurer 60 à 62 millimètres. 11 reste ainsi jusqu'à quarante ans, et, de quarante à quatre-vingts ans, il augmente peu à peu de 68 à 82 millimètres.

En un mot, à partir de quarante-cinq ans, l'orifice aortique commence à perdre de sa contractilité et de son élasticité et à céder peu à peu à la pression du sang.

L'orifice aortique -est fermé par les trois valvules sigmoïdes ou semi-lunaires, formant uue sorte de poche au niveau de leur insertion.

Ces valvules, comparées par Winslow à des paniers de pigeons , regardent l'infundibulum par leur paroi interne ou inférieure et la cavité artérielle par leur paroi supérieure ou externe. Le bord inférieur ou adhérent est courbe, à concavité supérieure. Leur bord supérieur ou libre est ferme, presque horizontal dans l'abaissement, plus dur et plus serré que la poche que forme chaque valvule ; à la partie moyenne du bord libre se trouve une partie plus dure, connue sous le nom de nodules d' Arantius.

Ces trois valvules, s'abaissant, se touchent par leur surface interne ou ventriculaire et par leur bord. Le nodule d'Arantius, qui fait saillie au milieu, sert à compléter l'occlusion en bouchant le petit espace triangulaire, qui pourrait rester béant entre les trois valvules.

Quelquefois on rencontre une anomalie qui consiste en ce qu'il n'y a que deux valvules; mais, en pareil cas, elles sont en gé-

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