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ACCROISSEMENT DE L'AORTE

néral très amples et suffisent largement à fermer hermétiquement l'orifice aortique. M. Duvernoy (I) en a présenté, en 1879, un très bel exemple à la Société anatomique.

Le début de la maladie de Corrigan est quelquefois brusque. Aran a cité autrefois le fait d'un contrebandier qui, étant poursuivi, tomba tout d'un coup sans connaissance et resta pendant une heure et demie dans cet état. On cite encore le fait d'Henderson, observé en 1833 : un homme, faisant effort pour pousser une voiture sur une côte, fut pris d'une dyspnée intense, suivie de syncope.

On en cite également d'autres, dus à Peacok et à Fôrster.

Le plus ordinairement, la maladie débute d'une manière soudaine dans le cours d'un rhumatisme articulaire. On trouve, un beau jour, un bruit de souffle descendant, qui avertit qu'une insuffisance aortique s'est établie.

Les symptômes du début s'étudient bien surtout chez les animaux auxquels on a pratiqué cette insuffisance expérimentalement. M. J. Franck (2), qui a coupé les valvules sigmoïdes chez 75 animaux, a observé d'abord une dépression générale de la circulation. Il y a d'abord une sorte de syncope, c'est-à-dire un arrêt du cœur en diastole pendant plusieurs secondes, puis les battements reparaissent, d'abord incoordonnés, si l'animal ne meurt pas du coup. Bientôt les battements du cœur grandissent, d'abord tumultueux, puis ils se régularisent, tout en restant fréquents.

A ce moment, le cœur est distendu par le sang ; il n'en chasse qu'une partie à chaque systole. Pendant que la tension s'élève ainsi dans le cœur, elle tombe dans le système artériel.

D'autres fois, enfin, le début passe tout à fait inaperçu, et l'on ne trouve la maladie que parce qu'on observe des vertiges, de

(1) Duvernoy, Anomalie du nombre des valvules sigmoïdes de l'aorte (Société anatomique, séance du 7 février 1879).

(2) Franck, Production expérimentale de l'insuffisance aortique. Lecture à l'Académie de médecine, février 188C.

la pâleur, de l'essoufflement, dont on cherche à se rendre comple.

Le diagnostic se fait souvent voir du premier coup d'œil, parce que l'attenlion est attirée par un soulèvement anormal des artères, soulèvement qui se voit surlout aux carotides primitives] aux carotides externes, aux sous-clavières, puis aux artères des membres, et qu'on trouve môme aux petites artères, aux temporales, radiales, cubitales, à l'arcade palmaire et jusqu'à la pédieuse.

Gorrigan est le premier qui ait été frappé de ce phénomène, et il l'a décrit d'une manière saisissante sous le nom de pouls visible.

« Lorsqu'on a dépouillé le malade de ses vêtements , les troncs artériels de la tète, du cou et des extrémités supérieures attirent immédiatement les yeux par leurs pulsations singulières. A chaque diastole, les artères sous-clavières, carotides, temporales, humérales et quelquefois même les artères palmaires sont projetées avec force hors de leur lit et bondissent sous la peau. On observe parfois ces pulsations dans une grande étendue du trajet des artères chez des individus bien portants, surtout à la suite d'efforts ou d'exercices violents ; mais, dans l'affection qui nous occupe, le mouvement de propulsion des rameaux a une étendue excessive.

« Tout à l'heure encore, elles n'étaient pas visibles, et elles se dessinent maintenant, en formant sous la peau un relief considérable à chaque pulsation. C'est en raison de l'apparence singulière et remarquable de ce phénomène qu'on a donné à ces pulsations artérielles le nom de pulsations visibles (1). »

Le pouls visible de Corrigan, dû à la dilatation, à l'ampliation subite, au bondissement de l'artère, se voit surtout aux carotides, à la crosse de l'aorte et dans toutes les artères des membres jusqu'à la pédieuse. 11 est encore plus accusé au membre supérieur quand on élève le bras verticalement. 11 ne faut pas le confondre avec le pouls visible de l'athérome, qui est un pouls visible par déplacement transversal, phénomène que j'ai nommé la reptation artérielle.

Pour bien voir le phénomène du pouls visible dans son maxi-

(1) Corrigan. Edinb. med. Jourtl., vol. XXXVIII, p. 227, 22S.

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