POULS VISIBLE DE CORRIGAN
mum de développement, il faut que le malade découvre un bras entièrement et tout un côté de la poitrine, le droit surtout. On fait tourner le visage légèrement à gauche et l'on écarte le bras du corps à un angle de 2o à 30 degrés. On relève l'avantbras en le fléchissant et en le mettant en supination, de manière que la vue puisse embrasser d'un coup d'oeil tout le trajet artériel depuis le tronc brachio-céphalique jusqu'à la main.
L'attitude sera la plus favorable si la lumière vient raser la face interne de l'avant-bras et du bras de manière à former des ombres à chaque saillie artérielle. On observe alors, comme le dit si bien Corrigan, qu'à chaque systole artérielle l'artère augmente considérablement de volume.
Au contraire, la reptation artérielle symptomatique de l'athérome, s'observe de la manière suivante : si l'on a pris soin de placer le membre comme je l'ai indiqué, dans la demi-flexion, on voit l'artère former des courbures, et à chaque diastole ces courbures augmentent tellement, qu'on assiste à une véritable locomotion artérielle avec des déplacements angulaires qui peuvent quelquefois atteindre plusieurs centimètres. Si, au contraire, on étend le bras, l'artère se tend et le mouvement est beaucoup moins marqué. Or, comme on étend presque toujours le bras en l'élevant, le phénomène diminue ; mais il ne diminue pas dans ce cas par le fait de l'élévation, mais bien par le fait du redressement et la tension de l'artère, car le bras étant maintenu étendu horizontalement, la diminution est la même. Il faut, en somme, si l'on veut bien constater ce fait, mettre le bras en demi-flexion pour raccourcir la distance qui sépare deux points donnés de l'artère et lui permettre de se déplacer plus facilement.
Mais il est une autre remarque faite par Hope, le pouls de la maladie de Corrigan est brusque, bondissant, et il s'élève brusquement tout d'un coup pour tomber ensuite. Cette brusquerie de la contraction du cœur est précisément l'opposé de ce que j'ai décrit dans l'induration mitrale, où le ventricule, ayant à surmonter un double effort, mettait du temps à compléter la systole et entraînait un retard du choc de la pointe. Les tracés suivants donneront une juste idée du phénomène.
MALADIE DU COniUGAN.
Voici d'abord un tracé de la pointe du cœur obtenu par le cardiographe chez un] jeune sujet âgé de dix-sept ans, atteint de la maladie de Corrigan.
Fig. 82.
Chez des sujets moins jeunes, on voit encore l'ascension se faire brusquement, mais l'oscillation de l'aiguille, se montre moins et il se fait un plateau.
Fig. S3.
Le même caractère se retrouve dans les artères où l'on voit le tracé commencer par une ligne verticale.