DIAGNOSTIC DE LA MALADIE DE HODGSON
Voyons maintenant les symptômes et le diagnostic de cette affection.
Au début, elle est peu accusée, et si elle commence chez des sujets encore jeunes et qu'on ne pratique pas l'auscultation avec précision, il y a tout lieu de craindre qu'on laisse passer cette affection sans lavoir, ou qu'on la prenne pour une anémie.
Cette confusion est d'autant plus possible que cette affection s'accompagne d'une certaine pâleur et que la connaissance du siège exact du souffle anémique dans l'artère pulmonaire n'est pas encore très répandue.
Observation XLIV. — J'observe depuis dix ans une femme encore jeune qui est atteinte depuis cette époque d'un point très légèrement douloureux parfois derrière le sternum, au niveau du deuxième espace intercostal. Elle a été pendant un certain temps pâle, mais sans bruit de souille anémique.
Son cœur est sain, l'exploration physique et l'exploration fonctionnelle ne révèlent rien d'anormal. Mais si l'on vient à l'ausculter, on constate encore maintenant et d'une manière très nette un bruit de souille particulier.
La région occupée par ce bruit correspond exactement au tracé de l'aorte ascendante depuis son origine jusqu'à sa sortie du péricarde. Le schéma
dépasse seulement un peu l'aorte vers la droite. On sait que l'aorte ascendante a son bord externe ou droit au niveau du bord droit du sternum; ici le schéma déborde le sternum de 1 centimètre à droite.
Le bruit est systolique, débute avec la systole et se prolonge pendant . toute cette systole ne laissant pas entendre en général le petit silence. Ce bruit est suivi d'un claquement sigmoïdien normal. Le timbre du bruit est assez doux, mais il est néanmoins assez fort. 11 n'y a rien dans le deuxième' espace gauche, au niveau de l'artère pulmonaire. En outre le bruit n'est modifié ni par le changement de position (debout ou couchée), ni par l'arrêt de la respiration ni par l'effort. Enfin, il a la fixité des bruits organiques. C'est bien un bruit lié à des rugosités de l'origine de l'aorte.
Fig. U'U.
Ainsi limitée, l'endaortite, chez un jeune sujet, peut durer longtemps sans produire d'accidents. Mais il n'en est pas de même quand il s'agit de la maladie de Hodgson, c'est-à-dire de la dégénérescence graisseuse de l'aorte avec ses suites. Cette description va faire l'objet du paragraphe suivant.