SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC DE LA MALADIE DE HODGSON
OU DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE ENTRAINANT l'aNÈVRYSME VRAI DE L'ORIGINE DE L'AORTE.
La maladie de Hodgson, avant de pouvoir -être précisée par le diagnostic, s'annonce ordinairement par les troubles fonctionnels des affections du cœur. D'abord la dyspnée d'effort, c'està-dire que les malades ne sentent rien au repos ou lorsqu'ils marchent sur un terrain plat ; mais, pour peu qu'ils veuillent faire le moindre effort de force ou de vitesse, la dyspnée survient. Si le malade, marchant sur un terrain plat ou occupé à un ouvrage quelconque, veut se presser, immédiatement la dyspnée survient.
D'autres fois, sans que le malade se presse, si le terrain vient à monter légèrement, la dyspnée survient rapidement, bien que le malade n'ait pas conscience de l'effort qu'il doit faire. La dyspnée est encore plus grande si le malade doit monter un escalier un peu raide ou s'il doit gravir une montagne; il sera bientôt à bout de forces et il devra s'arrêter à chaque moment pour prendre du repos.
En outre de cette dyspnée, toute gêne respiratoire provoque de rétoufTcment et la fatigue du cœur donne des vertiges par anémie cérébrale.
En dehors de ces phénomènes, l'attention est en général d'abord attirée par l'état des artères. Lorsqu'on vient à toucher la radiale, on la trouve grosse, dure, sans élasticité, peu dilatée par la pulsation cardiaque et résistant à l'affaissement sous la pression des doigts. L'artère est en outre flexueuse. Si l'on vient à découvrir complètement le cou et le thorax du malade pour constater l'état de son système artériel, on trouve que les arlè-
res sont grosses, flexueuses par rallongement, attendu que môme dans l'extension du bras elles sont déjà flexueuses. Ces flexuosités augmentent par la flexion des articulations qui raccourcissent les régions et rapprochent les extrémités des artères.
Donc nous constatons d'abord le manque d'élasticité et de contractililé des artères. En outre, nous constatons leur allongement nop seulement aux membres, mais encore à la crosse de l'aorte.
En effet, à l'état normal, l'aorte ascendante ne dépasse pas le bord droit du sternum, et passe à 15 ou 20 millimètres au-dessous de la fourchette sternale. Mais quand elle se dilate, elle dépasse le bord du sternum et peut être reconnue dans le deuxième espace et le premier espace intercostal droit par la palpation, le cardiographe et la percussion, en môme temps qu'elle peut arriver au niveau de la fourchette sternale et la déborder. Cetle dilatation aortique entraîne des déplacements des origines des artères principales. J'ai vu un cas où l'artère sous-clavière droite ne naissait pas du tronc innommé, mais naissait directement de l'aorte et avait vu son origine reportée à gauche au-delà du sternum. J'ai vu de même la sous-clavière gauche, ayant son origine reportée à gauche, faire une courbe considérable en hauteur avant de gagner la clavicule pour devenir axillaire.
Les artères thyroïdiennes peuvent de même vofr leur origine déplacée.
La dilatation en largeur contribue aux déplacements que je viens d'indiquer , elle contribue aux flexuosités en augmentant considérablement le diamètre des artères. On voit les thyroïdiennes prendre quelquefois des dimensions telles, que l'on pourrait les considérer comme des artères ayant la forme des anévrysmes cirsoïdes et ressemblant à ce développement cirsoïde des artères thyroïdiennes qu'on appelle goitre exophthahnique.
L'aorte et les grosses artères donnent alors un frémissement comme celui des artères cirsoïdiennes ou celles du goitre exophthalmique. Ce frémissement se constate non seulement sur les artères, mais encore sur les organes environnants. Ainsi, le frémissement se fait quelquefois sentir à l'origine moyenne et supérieure du sternum, et plus souvent encore au-dessus de