ATTACHES DU PÉRICARDE
l'entre-croisement de ses fibres avec, celles de l'aponévrose diaphragmalique. Le sommet de ce triangle, situé en arrière, correspond à la veine cave inférieure derrière laquelle il se trouve situé. Je puis dire dès maintenant que la veine cave inférieure est absolument recliligne et verticale et ne fait aucun angle pour pénétrer dans l'oreillette droite.
La base de ce triangle est en avant, derrière le sternum, le débordant à droite de 3 centimètres à partir de la ligne médiane, et à gauche de 8 à 10 centimètres selon les sujets, c'est-à-dire qu'elle a de 11 à 13 centimètres. Le bord droit de la basé péricardique va directement d'avant en arrière, presque parallèlement au plan médian du corps; le bord gauche est oblique et va du côté droit de la colonne vertébrale derrière la veine cave à la pointe du cœur.
Enfin, disons que cette base du sac péricardique forme, au bas de la partie moyenne du thorax, une surface plate, presque horizontale, un peu oblique d'arrière en avant et en même temps de droite à gauche.
L'angle droit de ce triangle est plus élevé que l'angle gauche de 2 centimètres en moyenne. Nous verrons plus tard toute l'importance de ces points de repère lorsqu'il s'agira de faire la mensuration du cœur et quels renseignements précieux ils nous donneront pour le diagnostic des changements de position ou de volume du cœur.
Moyens de fixité du sac aponévrotique du péricarde. — Le sommet de ce sac péricardique est fixé au squelette par trois ligaments très importants :
1° Il est fixé à la colonne vertébrale par le ligament de Béraud (1), ou ligament suspenseur du péricarde.
Ce premier ligament supérieur du péricarde est situé un peu au-devant et à gauche de l'aorte. Il naît du péricarde au niveau de la crosse et va s'implanter sur la partie moyenne et latérale gauche de la troisième vertèbre cervicale et se confondre avec le ligament intervertébral. Ce ligament regarde donc en avant et à gauche, il a 3 centimètres en hauteur et
(1) Gazette médicale, 18H2, p. ÎW.
« TOPOGRAPHIE DU CÛliUlt.
2 en largeur. Son bord interne, ou droit, correspond à l'origine de l'artère sous-elavièrc gauche et son bord externe, ou gauche, est recouvert par la plèvre gauche.
2° Le second ligament supérieur du péricarde est la pseudoaponévrose cervico-péricardique de M. Riehel, qui se confond avec l'aponévrose moyenne du cou et va s'insérer à l'os hyoïde (I).
Le troisième ligament supérieur, qui tixe le péricarde au squelette, se porte en avant et a élé décrit d'abord par Luschka sous le nom de ligament sterno-péricardique (2), puis par MM. Lannelongue et Le Dentu, sons le nom de ligament costo-péricardique (3).
On voit donc par là que le sac aponévrotique du péricarde est fixé solidement au squelette et que c'est sur ces ligaments que les vaisseaux qui émanent du cœur ou qui s'y rendent prennent leurs points d'appui, et il ne faut pas dire, comme on l'entend quelquefois, que le sac péricardique est fixé aux vaisseaux.
La basa du sac aponévrotique est fixée au centre phrénique, qu'elle déborde de 3 centimètres en avant vers la gauche, à l'état normal, et souvent beaucoup plus dans les cas d'hypertrophie. Par l'intermédiaire du diaphragme, ce sac aponévrotique va se fixer, en arrière à la colonne vertébrale, sur les trois premières vertèbres lombaires par le pilier droit, et à la seconde et à la troisième verlèbre lombaire par le pilier gauche.
En avant, les fibres vont se fixer à la partie postérieure de l'appendice xiphoïde.
Mais il est important de rectifier ici une erreur physiologique. On dit généralement dans les traités classiques que le diaphragme s'abaisse dans l'inspiration. C'est là une erreur. Si le diaphragme s'abaissait à chaque inspiration, le cœur, qui repose absolument sur le centre phrénique, devrait descendre à chaque inspiration tout comme le corps thyroïde suit les mouvements de la trachée; or, il n'en est rien. Je dirai plus : non seulement le diaphragme ne s'abaisse pas au niveau du centre phrénique, mais il ne
(1) Richet, Traité d'anatomie mèdico-chirurjicale.
(2) Luschka, Anatomie des Menschen, I. Tubingen, 18C3.
(3) Lannelongue st Le Dcnlu, Archives de physiologie, I, p. 448, 1SC8.