‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 17 sur 413 · FIXITÉ DU PÉRICARDE · texte numérisé non relu

FIXITÉ DU PÉRICARDE

s'abaisse même pas sur les côtés au niveau de sa partie musculaire, sans quoi la pointe du cœur, et surtout la pointe des cœurs hypertrophiés, s'abaisserait à chaque inspiration.

Il y a, du reste, d'autres phénomènes qui prouvent ce que j'avance. Dans l'inspiration, La poussée abdominale produite par la contraction du diaphragme ne se fait pas verticalement vers la région hypogastrique , mais, au contraire, dans la région épigastriquc ; il n'y a rien de plus facile à constater. Si la résultante des pressions diaphragmatiques se fait en avant et à l'épigastre, c'est que les fibres du diaphragme en se raccourcissant ramènent les insertions costales vers le centre en les élevant légèrement; ce sont ensuite les muscles intercostaux externes qui, en élevant les côtes, élargissent la cavité thoracique, comme l'a montré M. le professeur Sappey (1). (Voir la figure 2.)

Si l'on veut bien se rendre compte de ce fait, il suffit d'observer un enfant rachitique dont les côtes supérieures sont dilatées et les côtes inférieures refoulées par le gonflement de l'estomac, alors que la poitrine paraît étranglée par les insertions diaphragmatiques et que le tronc prend ainsi la forme d'un violon.

Les expériences sur les animaux ne peuvent pas servir pour celLe détermination, parce que l'homme est le seul être de la création dont le cœur repose sur le diaphragme par suite de sa station bipède.

Pour compléter ce jeu de la respiration, il faut se rappeler que les muscles intercostaux externes sont inspirateurs et les muscles intercostaux internes sont expirateurs. L'obliquité des fibres des premiers est telle, qu'ils vont en fin de compte se fixer à la colonne cervicale, et celle des derniers, qui est en sens inverse, va les fixer finalement à la colonne lombaire.

Celte théorie, défendue par Hamberger contre Iïaller, est évidente pour moi comme pour M. Béclard.

Il résulte de toutes ces données anatomiques que, comme je le disais au commencement de ce chapitre, le sac aponévrotique du péricarde, qui enferme la région cardiaque, est solidement et directement fixé au squeletle et qu'il esl fixe presque

(1) Sappey, Traité d'anatomie descriptive, 3° édit., t. II. p. 257, IS70.

autant que le bassin. Il ne s'abaisse nullement au moment de l'inspiration, et il résulte de là que, dans l'état normal, on peut examiner indifféremment le patient assis ou couché ; ce n'est que dans certains cas pathologiques où le poids du cœur a considérablement augmenté et qu'il a vaincu peu à peu la résistance de ses ligaments, qu'on peut observer des faibles déplacements.

Fig. 2, empruntée ù la Physiologie de Béclard.

C'est dans ces cas exceptionnels seulement que M. le docteur Duroziez a pu voir le cœur s'abaisser légèrement dans la position assise et dans l'inspiration (I)

Au contraire, on voit le cœur se déplacer transversalement dans le décubitus gauche et môme le décubitus droit.

(]) Duroziez, Des rapporta du cœur avec les côles et les poumons (Gazette des hôpitaux, 2 aoû 1873).

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