‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 160 sur 413 · TOPOGRAPHIE DES SOUFFLES · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE DES SOUFFLES

athéromateuses. L'auscultation révèle à la pointe nn petit prolongement du premier bruit. Mais surtout on entend dans le deuxième espace intercostal droit un bruit de souille qui se prolonge à droite et s'accompagne de matité en cet endroit. Le souffle est systolique et un peu rude (tig. 104).

Observation XVLIIL — Le sieur G... (Jean), âgé de soixante et onze ans, journalier, entre à l'infirmerie de l'hospice de Bicôtrele 14 mars 1872.

L'examen du cœur montre le choc de la pointe dans le quatrième espace intercostal, à 12 centimètres de la ligne médiane. Le bord supérieur du foie correspond au cinquième cartilage droit, le bord inférieur du cœur est horizontal.

Les artères sont athéromateuses. On constate dans le deuxième espace intercostal droit de la matité et un souffle qui s'étend à droite du sternum dans le deuxième espace intercostal; il commence à 1 centimètre du bord droit du sternum et cesse à S centimètres et demi de ce même point. 11 se prolonge un peu dans le premier espace intercostal, mais pas du tout dans les vaisseaux du cou (voy. fig. 105).

Observation XLIX. Maladie de Hodgson. — D... (Antoine), âgé de soixante et un an, garçon boucher, entre à l'hôpital Saint-Antoine, salle Sai nt-Augustin, n° 15, en mars 1874.

Il se plaint d'étouffement et d'oppression.

L'examen du cœur donne les résultats suivants :

La pointe bat clans le sixième espace intercostal, à 18 centimètres de la ligne médiane. Le bord supérieur du foie correspond au bord du cinquième cartilage. Le bord vertical le long du sternum.

On trouve à l'orifice aortique un bruit de souffle demi-rude et sourd, ne couvrant pas le petit silence, mais couvrant le premier bruit, Ce bruit oc-

Fig. tos.

Fig. 106.

cupe le second et le premier espace intercostal, devient plus doux dans l'aorte ascendante, mais ne se propage pas aux carotides.

Il y a à la pointe un petit souffle court qui fait penser à une insuffisance par dilatation. Le pouls est grand et dur, les artères athéromateuses.

Le malade a été rapidement amélioré par une infusion de pariétaire nitrée qui a amené une grande diurèse et fait disparaître l'anasarque.

Observation L. Sclérose artérielle généralisée. Dilatation aor tique avec rugosités des valvules et de l'origine de l'aorte, hypertrophie considérable, iusuffisance mitrale par dilatation. — Le sieur L... (Prosper), âgé de soixante-deux ans, bourrelier, est entré dans mon service à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Henri, n° 19, le 18 janvier 1879.

Ce malade, qui n'a jamais eu de rhumatisme articulaire, fait remonter le début de sa maladie à deux ans auparavant, c'est-à-dire au mois de fé- . vrier 1877.

Il raconte qu'à cette époque, il a été pris tout d'un coup d'une suffocation qui l'a forcé à rentrer chez lui et l'a maintenu à la chambre pendant huit jours. Au bout de ce temps, il a essayé de reprendre son travail, mais sans succès, et il a dû cesser de nouveau de travailler pendant huit semaines. A ce moment, il a essayé encore de nouveau de travailler, mais il n'a pu faire que des portions de journée. Il a traîné ainsi jusqu'au 2 janvier 1879, époque où il a cessé tout travail.

Le 18 janvier suivant, il est entré à l'hôpital.

Au moment de son entrée, le malade est atteint d'une dyspnée considérable avec cyanose et de l'œdème considérable aux membres inférieurs.

La mensuration du cœur donne les résultats suivants : la pointe bat dans le sixième espace intercostal, à 1G centimètres de la ligne médiane du sternum. Le bord supérieur du foie est à son niveau normal, c'est-à-dire correspond au niveau de l'insertion sternale du cinquième cartilage costal droit. La pointe est abaissée de G centimètres au-dessous du bord du foie. Le bord vertical du cœur correspondant à l'oreillette droite est distant de 1 centimètre du bord droit du sternum.

Il résulte de cet examen que le cœur est hypertrophié, que l'hypertrophie porte surtout sur la partie ventriculaire et surtout sur le ventricule gauche. Le poids du cœur, augmenté surtout à gauche, a fait descendre la pointe dans le sixième espace. L'écartement de la pointe de 16 centimètres à partir de la ligue médiane montre que le cœur s'est allongé de G centimètres.

L'auscultation fait entendre dans la région de la pointe un bruit de souffle, qui occupe cette région et s'étend au-delà de la pointe vers l'aisselle dans une étendue de plusieurs centimètres. Ce bruit est systolique, il commence avec le choc do la pointe, dure tout le temps de la systole, couvre le second bruit et se fait entendre jusque dans 1q grand silence (bruit de souffle systolique paradoxal). Le timbre de ce bruit est doux en jet de vapeur. Pouls petit à 88 ; régulier.

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