‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 162 sur 413 · TEMPS DU DKUIT DE SOUFFLE · texte numérisé non relu

TEMPS DU DKUIT DE SOUFFLE

de la pointe du cœur. Mais on arriva par l'auscultation à pouvoir la fixer dans le sixième espace, à 14 centimètres de la ligne médiane. Le bord supérieur du foie correspond à l'insertion du cinquième cartilage droit, si bien qu'il y a une obliquité marquée du bord inférieur du cœur. Le cœur est donc très hypertrophié, surtout dans sa partie gauche. L'auscultation fait entendre au-dessus du cœur, et surtout à droite, un bruit de souffle dont le maximum se trouve dans le deuxième espace intercostal droit près du bord droit du sternum. Ce bruit se propage en haut dans le premier espace intercostal droit et au cou au-dessus de la fourchette sternale. Il descend également à gauche dans les trois premiers espaces intercostaux, mais dans une étendue un peu moindre. Le bruit est systolique, couvre tout le petit silence et laisse le deuxième bruit normal. Ce bruit se propage à peine dans la carotide droite. Le timbre en est fort et superficiel.

Le foie n'est pas augmenté de volume, les fonctions digestives sont bonnes. L'œdème des membres a disparu par le simple repos.

Comme complément, il ne reste plus à dire qu'une chose, c'est que le bruit de souffle systolique de l'aorte se propage très peu à la pointe, où il ne donne guère qu'un petit prolongement du premier bruit.

2° Temps. Sous le rapport du temps, le bruit commence avec la systole ventriculaire, dure pendant toute cette systole et s'arrête au moment du claquement sigmoïde, qui est en général bien frappé tant que les valvules sont suffisantes.

D'après M. Noël Guéneau de Mussy, ce deuxième bruit prendrait un éclat plus grand encore que celui que j'ai signalé à l'artère pulmonaire, lorsque se produit le bruit de souffle anémospasmodique de l'anémie.

Voici dans quels termes (I) : « Jamais cette exagération du bruit dans l'anémie n'égale l'intensité qu'il acquiert dans la dilatation de l'aorte ascendante : dans ce dernier cas, il a une amplitude, une redondance, une vibrance métallique caractéristiques; il est au bruit normal ce que le souffle amphoriqueestau souffle bronchique. J'ai quelquefois pu comparer son éclat à celui du chant du crapaud ; d'autres fois, c'est la résonnance bourdonnante d'un coup de tambour. Le mot de tym~

(I) Noël Guéneau de Mussy, Sur la dilatation cylindrique de l'aorte ascendante et sur le caractère lympanique du second bruit cardiaque dans celte affection {France médicale, 8 novembre 1S7C).

332 MALADIE DE IlODGSON.

panique me paraît correspondre mieux que (oui autre à la sensation que ce bruit fait entendre.

« Ce retentissement clangoreux a son maximum à l'origine de l'aorte. On l'entend très fort sur tout le trajet de cette artère jusqu'au premier espace intercostal près du sternum. »

J'ai été frappé, comme mon cher maître, M. Noël Guéneau de Mussy, du timbre éclatant de ce bruit. Cependant je ne l'ai pas rencontré avec l'intensité qu'il décrit et qui n'arrive qu'exceptionnellement à cet éclat tympanique.

Donc, le plus ordinairement le bruitsubsisle et n'est pas remplacé par un souffle. 11 peut disparaître dans deux conditions :

Dans la première, il peut être simplement masqué par un bruit de souffle produit par une saillie aiguë d'une plaque calcaire qui donne un bruit de souffle ascendant dans la première systole, puis un bruit de souffle quelquefois fort lorsque le sang reflue pour clore les sigmoïdes. J'ai vu du moins un cas où une semblable saillie donnait un double bruit de souffle dans l'aorte sans insuffisance sigmoïde.

La seconde condition estquc la dilatation aortique ait entraîné une insuffisance de ces valvules par simple élargissement. '

Si l'on suit l'évolution de la maladie, il peut môme arriver qu'on assiste pour ainsi dire au début de cette insuffisance.

Obsuuvation LUI. Maladie de Hodgson, insuffisance sigmoïde légère. — Le sieur G.. . , âgé de quarante-six ans, menuisier, entre à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Heuri, $3 bis, le 22 avril 1879.

Il s'agit d'un homme robuste qui n'a jamais été atteint de rhumatisme articulaire. 11 n'a eu qu'autrefois une fluxion de poitrine.

Il fait remonter au commencement de l'hiver seulement la maladie pour laquelle il entre à l'hôpital.

Il se plaint d'étouffements, de vertige et d'enflure des pieds.

On est frappé tout de suite par le phénomène du pouls visible. Les artères des membres supérieurs sont grosses et agitées d'oscillations considérables lorsque le bras est relevé eu demi-flexion. Le même phénomène s'observe au niveau de la sous-clavière et de l'axillaire des deux côtés, les carotides le sont également. Les artères sont grosses, dures au toucher, présentant le phénomène du pouls bondissant de Hope, sans intermittence. Le malade présente la dyspnée d'etfort, soit pour monter, soit pour soulever un poids, soit pour se hâter. L'examen du cœur donne les résultats suivants : la pointe bat dans le sixième espace intercostal àii centimètres

Page 1