‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 166 sur 413 · MARCHE, DURÉE, TERMINAISON, ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

MARCHE, DURÉE, TERMINAISON, ÉTIOLOGIE

Le premier organe que l'aorte vient à refouler dans le développement de l'anévrysme vrai est la veine cave supérieure.

En effet, la veine cave supérieure est en rapport immédiat avec le grand sinus de l'aorte par des points les premiers atteints par la maladie de Hodgson.

Cette compression de la veine cave supérieure, ou plutôt le refoulement de cet organe, n'a pas en général grand inconvénient, les conditions anatomiques de la veine cave supérieure lui donnant une certaine facilité de déplacement qui lui permet d'échapper à la pression. Elle ne s'enflamme pas au contact de l'anévrysme vrai, tandis que cela a lieu avec l'anévrysme faux, qui peut amener la phlébite adhésive et l'oblitération de la veine cave supérieure, comme j'en rapporterai plus loin des exemples.

Il n'en estj pas de môme de la trachée. Monneret et Delaberge, dans le Compendium de médecine (i), indiquent que la compression de la trachée par la dilatation de l'aorte a fait croire plusieurs fois à une maladie du larynx et fait pratiquer la trachéotomie, pour remédier aux accès de suffocation.

La compression de la trachée est en effet un des accidents de la dilatation aortique. Le plan osseux formé par la colonne vertébrale ne permet pas à la trachée de reculer beaucoup devant la compression produite par la dilatation aortique.

Pendant les premiers temps, l'application de la trachée plus exactement sur la colonne vertébrale] ne donne lieu à aucun

(1) Compendium de médecine, t. Ier, p. 182.

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trouble respiratoire, et cependant le fait s'accuse par un phénomène stôlhoscopique remarquable.

L'application de la trachée contre la colonne donne lieu à la transmission des bruits trachéaux à la colonne vertébrale et il en résulte un bruit de souffle trachéo-bronchique, ayant naturellement le rythme respiratoire et limité à la colonne vertébrale au niveau des premières vertèbres dorsales et surtout de la quatrième.

Je n'ai trouvé noté ce symptôme important dans aucun traité d'auscultation et pourtant je l'ai rencontré plusieurs fois. J'en rapporterai un exemple.

Observation LV. — Le sieur J... (Gaillauine), âgé de soixante et dix ans, scieur de pierre, entre à l'infirmerie de l'hospice de Bicètre, salle Saint- André, n° 24, le 6 juin 1872.

Cet homme atteint d'oppression et d'essoufflement, je procède à l'examen du cœur, qui donne les résultats suivants :

La pointe bat dans le cinquième espace intercostal à lOo millimètres de la ligne médiane. Le bord supérieur du foie correspond à l'insertion du cinquième cartilage, le bord vertical se trouve à 2 centimètres du bord droit du sternum, soit 3b millimètres de la ligne médiane. Il y a donc une hypertrophie du cœur gauche avec dilatation des cavités droites.

La percussion donne une matité étendue dans le premier et le second espace intercostal. L'auscultation de l'aorte donne a. ce niveau un bruit systolique rude, très accusé dans le deuxième espace intercostal droit. Rien à l'artère pulmonaire ni à la mitrale.

Au niveau de l'appendice xiphoïde on trouve un bruit de souffle systolique couché le long du cœur à ce niveau, bruit très intense au niveau de cet appendice et accompagné par moments d'un dédoublement du deuxième bruit. Les veines cervicales dilatées en sinus sont agitées par les palpitations des oreillettes.

Ces symptômes sont ceux d'une dilatation de l'aorte ascendante, matité et souffle rude au premier bruit au deuxième espace intercostal droit, avec hypertrophie gauche et dilatation du cœur droit avec insuffisance de la tricuspide par dilatation.

La dyspnée n'est pas très intense; cependant, bien qu'il n'y ait pas de lésions pulmonaires, je trouve en arrière, au niveau de la partie supérieure de la région dorsale de la colonne vertébrale, un bruit de souffle trachéo-bronchique, limité à la colonne vertébrale, disparaissant des deux côtés lorsqu'ou ausculte les poumons et ayant d'ailleurs le rythme respiratoire.

Il présentait en outre une inégalité des deux pouls.

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