‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 196 sur 413 · DES ANÉVRYSMES PARTIELS DU COEUR · texte numérisé non relu

DES ANÉVRYSMES PARTIELS DU COEUR

petits pertuis, l'un à la partie antérieure, ayant un diamètre de Om,OOa à Om,0OG, à Lord lisse, un peu tranchant, l'autre situé au fond et en avant du sinus de Valsalva; cette cavité n'est autre que celle d'un anévrysme de la paroi cardiaque, comparable aux anévrysmes des artères. Il en existe un certain nombre d'observations dans la science; ordinairement ils occupent la pointe ou la base du cœur dans le voisinage des orifices artériels, et surtout vers le septuin, là où il n'existe pour ainsi dire que des fibres musculaires, mais où les parois sont formées en bas par l'accolement des deux séreuses ventriculaires, en haut par l'adossement moins parfait des séreuses auriculaire et ventriculaire.

Chez notre malade, la rupture s'est produite à la partie antérieure et moyenne de la valve sigmoïde droite par deux orifices, l'un clans le ventricule, l'autre dans le fond et en avant du sinus de Valsalva.

Mais, ceci dit, il nous reste à établir les rapports entre cet anévrysme et les bruits anomaux que nous percevions à l'auscultation. Ces lésions sont rarement isolées, mais presque toujours on trouve avec elles des altérations des orifices, de plus la variabilité de leur siège entraîne des conséquences également différentes. De, Là, et en raison même de la diversité des signes cliniques, de grandes difficultés de diagnostic. Aussi faut-il, pour tirer une conclusion des faits que nous oLservons, rechercher des observations analogues. Celles-ci ne sont pas encore très nombreuses, malheureusement pour notre instruction.

J'ai trouvé en tout, dans les auteurs que j'ai pu étudier, six observations pouvant nous servir de termes de comparaison. Dans la plupart d'entre elles, on signale l'existence de souffles avec frémissement, mais il est nécessaire d'ajouter que la lésion se compliquait d'insuffisance aortique et de rétrécissement; donc rien de spécial encore à l'anévrysme. Une observation de Gordon, qui est encore celle qui ressemble le plus à la nôtre, parle d'un bruit de roulement. Dans une observation de Todde, on rapporte un souffle systolique doux en même temps qu'un souffle diastolique fort a la Lase, mais il existait dans ce cas un canal de communication entre le ventricule et l'aorte, tellement grand que l'on pouvait y passer le petit doigt. Chez notre malade, au contraire, ce trajet est extrêmement fin et permet à peine le passage d'un stylet ordinaire.

Nous ne saurions guère, d'après cela, pouvoir lui rapporter le souffle énorme que nous entendions. Il en est de même pour le frémissement vibratoire, qui est assez fréquent dans les cas d'anévrysme de la cloison, tandis que dans les faits semblables au nôtre on ne constatait pas de frémissements.

Enfin, quant à l'hypertrophie dont nous avons constaté l'absence chez notre malade, elle était médiocre ou nulle chez les malades de Todde et Gordon. Vous voyez combien l'interprétation des bruits morbides que nous avons entendus est difficile, et qu'il nous faut encore aller la chercher dans une autre lésion.

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