ANÉVRYSME DE LA CLOISON
Le bord supérieur du l'oie correspond à l'insertion du sixième cartilage, indiquant une augmentation de poids des parois du cœur droit.
Le bord externe de l'oreillette droite est à 3 centimètres de la ligne médiane: l'oreillette ne parait donc pas notablement dilatée.
L'auscultation fait entendre à la pointe du cœur un bruit de souffle qui n'occupe qu'une petite surface; il est exactement limité à la pointe. Le bruit de souffle commence avec la systole, dure tout le temps de la systole; mais, au lieu de s'arrêter brusquement au moment du claquement des sigmoïdes, il se prolonge dans la diastole. Or, dans l'état actuel de la science, je ne connais que deux explications au bruit diastolique de la pointe : ou bien le prolongement que j'ai appelé iirolongement paradoxal du premier bruit, ou bien la transmission d'un bruit d'insuffisance aortique.
L'examen du pouls montre les caractères de l'athéronie très accusés. Le pouls est grand et régulier; l'artère se courbe et forme plusieurs flexuosités sous l'influence de la flexion du coude. Le pouls est 'visible, et le phénomène de la reptation est très marqué à la partie inférieure de 1 humérale et même à la radiale. Les caractères du pouls indiquaient une lésion artérielle et non pas une lésion mi traie, c'est-à-dire une lésion veineuse; par conséquent, il ne pouvait être question du bruit de souffle paradoxal de l'induration mitrale, et d ailleurs, le bruit de souffle paradoxal est toujours un souffle étendu en surface, allant souvent en se prolongeant jusqu'à la ligne médiane.
La première partie du diagnostic était donc ainsi formulée : il n'y a pas d'induration mitrale, le bruit de souffle tient à une insuffisance mitrale par dilatation. Quant au souffle diastolique, il restait l'hypothèse d'une transmission du souffle d'une insuffisance aortique; l'examen de cet orifice n'indiquait aucune lésion.
Je restai donc fort embarrassé pour expliquer ce souffle diastolique, et j'annonçai que l'autopsie nous réservait une surprise. Cette surprise était un auévrysme de Corvisart.
A l'autopsie, le volume du cœur et l'épaississement des parois étaient Bien tels que l'examen clinique les avait révélés.
La dilatation du cœur et l'intégrité de la valvule mitrale montraient que je i.e m'étais pas trompé et qu'il s'agissait bien d'une insuffisance mitrale par dilatation.
L'orifice aortique était sain, comme je l'avais diagnostiqué.
Restait donc à trouver l'explication du bruit diastolique de la pointe du cœur; on la trouva dans la présence d'un anévrysine de la pointe du cœur.
En effet, il existe à la face inférieure ou diaphragmatique du cœur une tumeur de la grosseur d'un petit œuf de poule, adhérente au diaphragme, ayant perforé le péricarde, qui se réfléchit sur ses côtés comme sur les vaisseaux efferents du cœur.
Cette tumeur est amincie par sa face interne, communique avec la cavité du ventricule gauche, au niveau de la pointe, par un orifice qui per-