‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 201 sur 413 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Lorsqu'un malade est 'atteint d'une affection aiguë, soif du péricarde, soit de l'endocarde, soit du myocarde, il ne succombe pas toujours, au contraire le plus ordinairement il guérit.

Mais celte première affection n'est souvent que la première manifestation d'une affection constitutionnelle dont les attaques ultérieures suivront la loi ordinaire, c'est-à-dire qu'elles seront de moins en moins résolutives et le retour ad integrum deviendra de plus en plus difficile.

Or, entre les manifestations successives de la diathèse, les intervalles de santé pourront être très grands, au point même qu'une seconde alfaque pourra ne pas se montrer pendant la vie du malade.

Quoi qu'il en soit, à la suite d'une première affection du cœur ou de plusieurs attaques successives, il reste le plus ordinairement dans les tissus du cœur soif des cicatrices, soit des lésions qui en gênent le fonctionnement.

Si le sujet est jeune et si la lésion n'est pas considérable, on verra les autres organes de la circulation prêter leur concours au bon exercice de la fonction et le malade se trouvera dans un état de santé satisfaisant, ne présentant dans ses fonctions mécaniques du cœur qu'une irrégularité analogue à une claudication.

Cette période de tolérance de l'organisme pour les lésions du cœur varie avec plusieurs facteurs. Elle est plus grande pour les insuffisances valvulaires que pour les rétrécissements, plus grande pour l'orifice aortique que pour l'orifice milral et pour l'orifice pulmonaire. Plus grande pour le péricarde atteint partiellement que pour l'endocarde cl surtout que pour le myocarde.

Elle est plus grande surtout pour les adolescents et les adultes jeunes que pour les vieillards.

Cette période de tolérance peut être fort longue et l'on a vu bien souvent des sujets atteints d'une affection du cœur gauche, soit d'une maladie de Corrigan, soit d'une induration de la mitrale, présenter une période de tolérance de dix, quinze, vingt ans et même davantage avant que des lésions secondaires du cœur viennent à se manifester avec une intensité qui puisse menacer leurs jours.

Ainsi donc, la période qui s'écoule entre le début d'une affection du cœur et la mort soit par syncope, soit par asystolic, est des plus variables et peut aller de quelques jours à vingt-cinq ans. Mais l'affection aiguë passée, et cicatrisée, s'il n'y a pas une entrave sérieuse aux fonctions du cœur, l'évolution des accidents ultérieurs pourra se faire avec une lenteur considérable. Cela aura lieu surtout si le médecin attentif aux affections secondaires les guérit ou les réduit au minimum par une hygiène et un traitement convenables.

Les accidents secondaires des maladies du cœur varient certainement avec la lésion première et tandis que la maladie de Corrigan conduit à la mort subite, le rétrécissement de l'arLèro pulmonaire conduit à la phthisie. La sclérose de la mitrale conduit à la congestion passive, à l'hydropisie et à l'asystolie.

J'ai pris soin d'indiquer cette évolution particulière à chacune des affections décrites successivement.

Cependant, il faut reconnaître que, quelle que soit la lésion, le cœur est obligé de demander le concours des autres organes de la circulation; et, plus tard, chacun de ces organes fléchissant à son tour, il en résulte des affections secondaires communes à bien des lésions cardiaques. Il m'a paru plus naturel de traiter à part chacune de ces complications, me réservant d'indiquer pour chacune d élies dans quelle condition elle se présente et quel pronostic elle entraîne.

La santé n'est qu'une harmonie relative eL n'a rien d'absolu ; aussi quand on dit que la tolérance pour une lésion cardiaque est complète, c'est dire qu'elle laisse le malade vivre de la vie commune: on n'exprime là qu'un a peu près, car si Ton y regarde

47(5 DE L'ÉVOLUTIOiN DES MALADIES DU COEUR.

bien il y a toujours des fonctions troublées et par conséquent un état anormal. Le trouble le plus ordinaire en pareil cas est la dyspnée d'effort.

Page 1