DETERMINATION DU SYSTÈME DE LA POINTE DU COEUR
citées, dans une étendue qui varie, en raison des différences de volume du cœur, suivant les âges et suivant les individus. »
Avec Friedreich nous voyons reparaître un nouvel effort pour arriver à la précision des rapports et à la mensuration du cœur.
Friedreich réduit encore la région de matité absolue admise par ses prédécesseurs. Il remarque avec raison que la percussion de la face antérieure du sternum donne un son clair. Par conséquent, la partie du ventricule droit qui est située sous cet os, ne donne pas de matité, bien qu'elle ne soit pas recouverte par le poumon. Cette observation de Friedreich est très juste, et le conduit à ne pas trop compter sur la percussion pour mesurer la grandeur du cœur, puisque c'est la percussion de la matité relative qui donne les dimensions les plus approximatives de la réalité.
Friedreich trouve un procédé qui donne une mesure plus vraie par le moyen suivant (1) : « S'il n'y a pas d'autres signes d'une anomalie spéciale de cœur, la limite du cœur peut être complétée approximativement, en figurant une ligne qui partirait du point d'insertion sternale du sixième cartilage costal droit, et se dirigerait à gauche et un peu en bas vers le point de la sixième côte qui est situé juste au-dessous de la pointe du cœur. »
Cette mesure est très ingénieuse, mais elle ne constitue pas un procédé clinique, elle ne provient pas d'une mensuration prise sur le malade lui-même.
L'un des deux points, le choc du cœur, est bien déterminé par le choc du cœur du malade. Mais le point pris à droite est un point impersonnel. 11 n'est acceptable, comme dit Friedreich, que si le cœur est sain, sans quoi la mesure ne serait plus juste. Si le cœur a baissé, s'il est déplacé vers la droite, s'il a été refoulé en haut, etc., cette mesure n'en tient pas compte (2).
On verra plus tard que je suis arrivé, par mon procédé, à rectifier cette cause d'erreur et à trouver un point de repère exact pris sur le malade lui-môme.
(ij Friedreich, Traité des maladies du cœur, traduction Lorber et Doyon, 18/J, p. 108 et suiv.
(2) Idem, loc. ciY., p. ms.
Niemeyer, ne cherchant que dans la percussion la mesure du cœur, se heurte aussi aux mômes obstacles que ses prédécesseurs, mais il fait une remarque importante fort juste, dont il sera tenu compte et qui est la suivante (1) : « Dans les conditions normales, la pointe du cœur bat constamment dans le cinquième espace intercostal ; dans le quatrième, lorsque ces espaces sont très larges et quand le ventre a pris un grand développement; dans le sixième, quand les espaces intercostaux sont très étroits. »
Le professeur Burresi, de Rome (2), suivant la trace de Friedreich, cherche à déterminer l'angle droit du triangle cardiaque, en percutant non plus seulement le cœur et les poumons, mais en y ajoutant la percussion du foie ; mais il prétend l'obtenir en entendant une différence entre la matité cardiaque et la matité hépatique : c'est là une subtilité d'observation que l'expérience de chaque jour ne permet pas d'accepter.
Son collègue le professeur Concato renchérit encore sur cette nuance, en disant qu'il obtient par cette percussion une ligne différente suivant que l'hypertrophie porte sur le ventricule droit ou sur le ventricule gauche. « Lorsque c'est le ventricule droit qui augmente de volume, le bord inférieur du cœur décrit une courbe à concavité inférieure, tandis que dans l'hypertrophie du ventricule gauche la courbe existe encore, mais elle est devenue convexe supérieurement. »
C'est ici le cas de dire .:
For lis imaginatio générât casum.
Le docteur Barety, de Nice (3), qui a adopté les conclusions du docteur Burresi, ne va pas plus loin.
M. le professeur Jaccoud et M. Racle acceptent le procédé des deux zones de M. le professeur Bouillaud.
M. Raynaud (4), reprenant l'idée première de Piorry, pense qu'il faut commencer par établir par la percussion le bord
(1) Niemoyer, Eléments de pathologie interne et de thérapeutique, traduction L. Culmann et Ch. Sengcl, annotée par Cornil, 1863, 1. I«, p. 321.
(2) Burresi, Leçon clinique, in Sperimentale di Firenze, 1871.
(3) Topographie des organes thoraciques, 1878.
(4) Raynaud, art. Cœuh, dans le Nouveau Dictio7i?iaire de médecine et de chirurgie, t. VIII, p. 385.