INSUFFISANCE DE LA PERCUSSION
supérieur du foie ; il recherche ensuite la place de la pointe du cœur et, en rejoignant par une ligne ces deux points de repère, établit, pour la première fois, la ligne de séparation du foie et du cœur. Pour le reste, M. Raynaud recherche par la percussion les deux zones de matité absolue et relative, comme tous ses prédécesseurs.
11 a eu cependant le mérite d'établir plus positivement que ne l'avait fait Piorry, la séparation du foie et du cœur.
M. le professeur Peter, appelant à son aide son plessigraphe (1), ne fait que répéter le procédé de Piorry.
Le professeur Baccelli, de Rome (2), qui donne une très bonne figure de la topographie cardiaque, prend le procédé de Friedreich pour obtenir le triangle cardiaque. 11 part du siège habituel de la veine cave inférieure sans la pouvoir préciser sur le malade, car le procédé de percussion dont il dit se servir ne peut le conduire à un pareil résultat.
Enfin, pour terminer cette longue liste, je dirai que Rosenstein (3) et Schrœtter (4) n'emploient que la percussion pour mesurer le cœur.
Si nous jetons un coup d'œil d'ensemble et que nous recue^ lions peu à peu ce qu'il y a de précis dans toutes les recherches précédentes, nous arrivons à ceci :
1° Piorry déclare que la première condition pour mesurer le cœur est de commencer par la percussion du foie; mais, en pratique, il néglige entièrement cette précaution, et tous ses imitateurs en font autant ;
2° M. Gendrin indique très justement qu'il faut déterminer d'abord la place de la pointe du cœur et qu'il faut prendre pour points de repère non pas le mamelon, mais les espaces intercostaux; il indique que la pointe du cœur bat à 8 ou 10 centimètres de la ligne médiane, dans le cinquième espace intercostal ;
(1) Peter, Leçons de clinique médicale, 1877.
(2) Baccelli, Prolegomeni alla Patologia delcuore e del aorte, Roma, 1889,
(3) Rosenstein, Einleitung zu den Krankheiten des Herzens Œandbuch dcr speciellen Pathologie und Thérapie, 1879, t. V).
14) Schrœtter, même ouvrage, Die LagcverUnderungen des Herzens.
3° M. Raynaud donne le premier le moyen de séparer la matité cardiaque de la matité hépatique et de reconnaître la place du bord inférieur du cœur.
Avec ces procédés, on peut reconnaître si le cœur est gros, moyen ou petit; mais il est impossible de savoir si, d'une année à l'autre, le cœur a réellement augmenté de volume et de combien il a augmenté. J'espère montrer que toutes ces difficultés peuvent être surmontées par un procédé nouveau.
Kg. 4.
Nouveau procédé de mensuration du cœur (1). — Depuis mon séjour à l'hospice de Bicêtre en 1872, j'ai adopté un procédé de mensuration du cœur qui m'a permis de me rendre un compte assez exact des dimensions du cœur.
(1) G- Paul, Sur un nouveau procédé clinique de mensuralio?i du cœur. Association française pour l'avancement des sciences. Congrus de Paris, séanci' du 28 août 1878.