‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 229 sur 413 · PEACOCK · texte numérisé non relu

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Toutes ces recherches ne donnent rien d'absolu, mais elles permettent de se rendre compte dans une certaine mesure de l'augmentation du cœur. On a reproché à la pesée de comprendre le tissu graisseux qui accompagne le cœur et qui se trouve en abondance chez l'adulte et le vieillard. Ce reproche n'est pas très fondé, parce que la graisse n'a pas un poids spécifique Considérable.

Etant donnée la moyenne de 300 grammes pour un adulte, si je trouve dans une observation où l'on a noté des adhérences péricardiques le chiffre de 293 grammes, je pense qu'il n'y a pas eu d'hypertrophie; mais si dans un cas de symphyse cardiaque je trouve que le cœur pèse 550, je suis sûr qu'il est hypertrophié et j'ai une certaine idée dé cette hypertrophie. Si je trouve avec une insuffisance mitrale un poids de 435 ou de 550, je Buis sûr de l'hypertrophie, puisque c'est l'augmentation du ventricule

gauche surtout qui a donné ce chiffre ; si je trouve avec une insuffisant aortique le poids de 740, je suis sûr que le malade avait un cor booinum, et si, en lisant une observation de néphrite interstitielle, j'apprends que le poids du cœur était de 800 ou de 830 grammes, je suis bien sûr que le cœur était fortement hypertrophié.

En médecine, nous ne cherchons pas l'absolu, le relatif nous suffit et je pense qu'il ne faut pas rejeter ce moyen de constatation, parce qu'il n'est pas parfait.

Le volume donne peut-être moins de sécurité parce que le cœur peut s'arrêter en systole ou en diastole. Cruveilhier (1) a fait remarquer que chez tous les gens morts de mort violente, les suppliciés, les malades morts rapidement d'hémorrhagie, le cœur s' arrêtant en systole a un volume beaucoup moindre. Il ajoutait que si l'on introduisait les doigts dans ces sortes de cœur, on était étonné de la facilité avec laquelle ils se laissaient dilater. [En effet, le genre de mort et la rigidité cadavérique changent notablement les résultats ; aussi les mensurations des cavités ont-elles entre elles un écart considérable, comme on peut s'en rendre compte dans les chiffres empruntés au travail de M. Du Castel.

L'épaisseur des parois peut bien aussi donner des causes d'erreur. Le cœur des enfants se trouve sur le cadavre beaucoup plus rétracté que le cœur des adultes ; les gens morts de mort violente ou d'hémorrhagie auront des parois en apparence plus épaisses. Mais si ces chiffres ne s'accompagnent pas d'une augmentation dans le poids total, ils ne prouveront pas l'hypertrophie. Tandis que si à une épaisseur plus grande des parois se joint une augmentation du poids total et une augmentation de volume, l'hypertrophie ne sera pas contestable. L'hypertrophie se constate donc :

Non ab uno signo, sed a consensu omnium.

Nous arrivons à dire que l'hypertrophie est caractérisée par l'augmentation dans le poids du cœur, dans l'épaisseur de ses

(1) Cruveilhier, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, art. Hypertrophie, 1833.

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