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SIGNES DE LA DILATATION DU COEUR

est dû à l'anémie et la mensuration du cœur ne donne pas d'augmentation.

Dans l'endocardite, il y a une insuffisance passagère par atonie des muscles papillaires, mais c'est une insuffisance mitrale.

Dans la fièvre typhoïde, nous avons vu qu'il s'agissait d'une altération du myocarde, d'une véritable myocardite sans augmentation notable de volume, etc. D'autre part, Kurschner a montré expérimentalement que la dilatation par tension ne suffit pas à faire l'insuffisance (Potain et Rendu, t. XVIII, 5e série, p. 647).

Nous sommes donc forcés jusqu'à présent de n'admettre que la dilatation chronique ou cœur forcé.

Les symptômes de la dilatation sont de deux ordres. Les uns sont les signes physiques de l'augmentation de volume, ils sont donnés par la mensuration. Ils permettent de constater d'une part l'abaissement des deux angles du triangle cardiaque ; l'horizontalité plus ou moins complète du bord inférieur ; l'écartement de la pointe d'une part et du bord vertical de l'autre, qui indiquent en somme que le cœur est devenu plus gros et plus lourd.

Les symptômes fonctionnels sont donnés par le pouls, mais ils se confondent avec ceux de la dégénérescence du myocarde. Le pouls est faible et irrégulier.

Mais ce qui indique mieux la marche et les progrès de la dilatation cardiaque, c'est la stase veineuse qui se montre au cou, à la face, au foie dont elle augmente le volume, dans les vaisseaux intestinaux et dans les veines des membres inférieurs, où elle produit l'œdème. En môme temps, la circulation veineuse s'affaiblit, le sang stagne au poumon, les veines pulmonairesse congestionnent.

Un peu plus tard, la valvule tricuspide dilatée cède, et apparaît alors le signe réel de son insuffisance, le reflux dans les jugulaires.

L'auscultation, malgré ce qui en a été ditpartout, ne constate pas de bruit de souffle à l'appendice xiphoïde ; ce sang qui stagne et distend les cavités, qui est presque immobilisé, ne donne lieu le plus ordinairement à aucun bruit pathologique. Ce n'est que

dahs des cas exceptionels où, malgré la distension, le cœur a encore une certaine énergie, que le cœur droit en se contractant fait assez vibrer le sang pour donner un bruit de soUflle. En pareil cas, Ce bruit est placé près de l'appendice xiphoïde, il est couché le long du bord inférieur du cœur, et son siège ferait croire qu'il se produit aussi bien dans Ici beine sushépàtique que dans l'oreillette, car dë sang refoulé dans l'oreillette droite ne donne jamais de bruit de souffle à. droite du sternum. Ajoutons un dernier caractère) c'est que ce bruit mSrrie, quand on l'entend, est éphémère et que le plus souvent, après l'avoir entendu un jour, on ne l'entend plus les jours suivants et il ne reparaît qu'à de longs intervalles et pas toujours.

En compulsant les observations relatées par d'autres observateurs, on peut confirmer la réalité de cette assertion. Dans la thèse de M. Chapelain (1873) nous trouvons une première observation empruntée à M . Lancereaux (p. 13), où il n 'y a pas de bruits anormaux, puis deux observations de M. Chouppeoù il est dit qu'il n'y a pas de bruit anormal. M. Arnot (thèse 1874) prétend qu'il y a constamment un bruit de souffle xiphoïde, mais dans son observation, il y a des lésions de la tricuspide et une lésion mitralej et il est important de ne pas prendre pour un bruit de souffle tricuspidien un bruit de souffle milral transmis de proche en proche.

M. le professeur Parrot (1) a décrit sous le nom de souffle nsyslolique un bruit de souffle qui paraît bien lié à l'insuffisance tricuspide plus qu'à l'asystolie. Dans les sept observations du mémoire, on trouve en effet que M. Parrot a constaté chaque fois un bruit de souffle dans le quatrième espace intercostal gauche^ sauf dans le cas de là quatrième observation, où le souffle était dans le cinquième. Tous ces malades présentaient des insuffisances plus ou moins nettes et de la dégénérescence du myocarde. SI. le professeur Parrot attribue ce souffle à une dilatation avec insuffisance par asystolie. J'avoue que mes recherches sur ce sujet ne m'ont pas du tout conduit au même résultat ; ce que j'ai constate, c'est que, quand l'asystolie se produit, les souffles préexistante

(t) Parrot, Sur uti bruit de souffle cardiaque sijmplomaliqtic de ra^jsiolic (Archives générales de médecine, avril 1865, t. I, p. 385.)

MtitÛiURE ÀSYSTOLIQUE. 5GS

diminuent d'intensité et ne deviennent (plus que des murmures, et d'autre part, que quand il n'y a pas de souffle préalable, il ne se produit pas de souffle au moment de l'asystolie; Si la théorie de M. Parrot était exacte, tous les cardiaques qui meurent d'asystolie et ils sont nombreux) devraient présenter ce souffle spécial avant de mourir.

On verra par ces caractères qu'on ne corifondra guère la dilatation du cœur avec l'hypertrophie pendant la première période, celle de son activité et de sa violence. Mais quand l'hypertrophie sera envahie par la dégénérescence granulo-graisseuse et la sclérose, alors le diagnostic deviendra plus difficile, parce que toutes deux mènent à l'asystolie (I).

DES CAUSES EXTRACARDIAQUES DE l'hYPERTROPRIE ET DE LA DILATATION DU COEUR.

Ces causes sont très nombreuses, elles se trouvent dans les organes de la circulation et dans les viscères.

Sénac et Gorvisart avaient déjà remarqué que tout obstacle à la circulation devenait une cause d'effort pour lô cœur, t( comme un aiguillon qui agit sur lés ventricules et cause un surcroît d'action (2) ». Depuis ce temps, le nombre de ces causes a beaucoup été augmenté par le fait de recherches modernes ou contemporaines dont la plupart sont encore à l'étudë.

(1) La pathogénie des dilatations du cœur sera exposée plus loin, au chapitre traitant de l'influence des maladies pulmonaires sur les maladies du cœur.

La dilatation du cœur peut, comme 'l'hypertrophie; avoir uné origine cardiaque. Mais, tandis que l'insuffisance mitrale par dilatation est habituellement le fait de l'hypertrophie, l'insuffisance tricuspide par dilatation indique le cœur forcé. Les causes de l'insuffisance tricuspide par dilatation sont : l'induration mitrale avec insuffisance seule ou rétrécissement, la dégénérescence granulo-graisseuse du myocarde, la péricardite, l'endocardite et la myocardid' chronique.

(2) Sénac, Traité de la structure du cœur, de'son actidH et de ses maladies, t- II, p. 269, 1749.

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