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INFLUENCE SUR LA MENSTRUATION, LA GESTATION ET L'ACCOUCHEMENT

Pendant la période de tolérance des lésions cardiaques, alors que le myocarde, aidé par les autres organes de la circulation, lutte encore avec avantage contre les obstacles crées par la maladie, il peut déjà se produire des troubles dans les facultés génératrices.

On a remarqué que les enfants atteints d'affections congénitales du cœur ont un développement souvent incomplet. Ils sont relativement petits et mous. Ordinairement, cbez les filles, la menstruation se développe bien, et les règles sont régulières, sans être trop copieuses. On a remarqué cependant que, dans le cas (h: rétrécissement congénital de l'aorte, les enfants onL une disposition particulière aux liémorrhagies. Du moins, Vircliow a observé que, dans tous les cas d'hémopbilic, on trouve l'aorte étroite et petite. Cette disposition aux liémorrhagies, sous l'influence de l'élroitessc de l'aorte, se traduit souvent par des métrorrhagies, c'est-à-dire par des règles profuses et prolongées. D'autres fois, ces règles sont rares ou ne paraissent pas; mais il y a presque toujours, dans ces cas, un arrêt de développement.

La maladie du cœur est-elle acquise après l'établissement des règles, la menstruation en éprouve également des modifications. Le plus souvent les règles ont des retours périodiques plus '■approchés; l'abondance des règles est extrême, mais il y a rarement des liémorrhagies dans l'intervalle des règles (1); cela conti-

(I) Ferd. Wallon, Influence des lésions vulvulaircs du cww sur la »iens~ trualion (Thèse do. Paris. 1881).

nuejusqu'à la période de cachexie, oùle contrairesc produit etoù ; l'aménorrhée survient. Il faut toutefois faire exceplion pour les • lésions des orifices artériels, qui s'accompagnent d'anémie.

Cette action sur la circulation utérine est défavorable à la conception, parce qu'elle entraîne des ménorrhagies qui ne sont souvent que des fausses couches dans des grossesses • commençantes.

Cette tendance à la ménorrhagie s'accuse encore par la persistance des règles pendant la grossesse. M. Duroziez (1) l'a i signalée plusieurs fois, et il a môme insisté sur ce fait que la i persistance des règles pendant la grossesse doit engager le i médecin à faire l'examen du cœur et peut ainsi lui révéler une • affection du cœur latente et méconnue jusque-là.

M. Porak (2) a cité ensuite cinq cas d'hémorrhagies survenant pendant le cours de la grossesse, avant l'expulsion du fœtus et . en dehors de l'insertion vicieuse du placenta.

Mais c'est surtout aussitôt après la sortie de l'enfant qu'on i doit craindre les hémorrhagies utérines chez les femmes atteintes • de maladies du cœur. Cette inertie indique l'épuisement de la . femme par des efforts toujours plus fatigants pour les cardiaques • que pour les autres.

Les cardiaques doivent être surveillées plus que les autres femmes après leur accouchement, car l'hémorrhagie survient quelquefois, chez elles, une fois l'accouchement terminé, soit deux ou trois heures ou même dix heures après, quelquefois dans la nuit suivante. D'autres fois, au contraire, la perte n'est pas excessive, mais elle se prolonge indéfiniment, par exemple jusqu'à l'époque du retour des couches.

Un autre résultat de cette tendance aux métrorrhagies est l'avorlement ou l'accouchement prématuré. M. Porak a relevé l'époque de l'accouchement chez 214 cardiaques et a trouvé :

126 accouchements à terme, soit 58,87 pour 100 ;

88 terminaisons de la grossesse avant le terme, soit 41,12 I pour 100.

(1) Duroziez, Influence des maladies du cœur sur la menstruation, la grossesse et so7i produit [Archives de tocologie, 1875).

(2) Porak, Influence réciproque de la grossesse et des maladies du cœur, p. 93, 1880.

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