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PROCÉDÉ DE L'AUTEUR

parce que du sternum à la ligne mamelonnaire elle décrit une lio-nc courbe beaucoup trop descendante. J'ai préféré prendre un point de repère sur le bord du sternum. Je prolonge donc ma ligne dermographique du bord supérieur du foie jusqu'au bord du sternum et je compte à l'insertion de quel cartilage elle correspond. C'est en général chez l'adulte à l'insertion du cinquième cartilage droit.

En réunissant cette ligne à la pointe du cœur, j'obtiens ainsi d'une manière rigoureuse le bord inférieur du cœur, puisque ce cœur repose sur le foie par un plan sur un plan, en raison de la station bipède de l'homme, et que de plus, comme je l'ai rappelé dans le chapitre précédent, le centre phrénique tixe le cœur par la pesanteur, le foie par les ligaments, et qu'il forme une cloison immobile.

Pour avoir maintenant la longueur du bord inférieur, dont une des extrémités est déterminée déjà par la pointe du. cœur, il suffit d'établir la ligne verticale qui représente le bord externe de l'oreillette droite.

Ce bord est donné par la percussion, il est indiqué par un changement de timbre dans la sonorité pulmonaire. En effet, si l'on percute par exemple de droite à gauche au niveau de la quatrième côte à gauche, on rencontre d'abord le son pulmonaire qui est clair, puis le son fourni par la percussion du sternum qui est encore clair, puis, à gauche du sternum, le son cardiaque qui est mat. Or, on sait déjà que le bord antérieur du poumon droit est plus obtus que celui du poumon gauche et empiète peu sur l'oreillette droite. J'ai fait remarquer en outre dans la partie topographique que la partie du cœur la plus fixe, la moins sujette aux déplacements, était la veine cave inférieure et surtout l'orifice d'entrée de la veine cave inférieure dans l'oreillette droite. Cette oreillette est donc presque immobile, transversalement elle n'est sujette qu'à des dilatations plus ou moins grandes, et son bord droit, qui est normalement à 3 centimètres de la ligne médiane et à 1 centimètre et demi du bord droit du sternum, varie peu.

On fait donc la percussion en allant du poumon au sternum, et en arrivant environ à i centimètre et demi du sternum on

trouve non pas un son mat, mais un changement de timbre avec obscurité du son clair, qui indique le bord externe de cette oreillette. On trace celle ligne verticalement et parallèlement au sternum jusqu'à sa rencontre avec la ligne hépatique ; on a ainsi déterminé l'angle intérieur droit du triangle cardiaque, dont on reporte l'indication sur le schéma. La longueur mesurée de cet angle à la pointe du cœur donne exactement la longueur du bord inférieur du cœur.

Kig. 5.

Un troisième point de repère consiste à indiquer l'obliquité du bord inférieur du cœur. A l'état normal, la pointe du cœur est située plus bas que l'angle qui correspond à l'oreillette droite, avec une différence de niveau de \ centimètre et demi à 2 centimètres. On trace donc sur La région du foie au-dessous de cet angle le niveau de la hauteur de la pointe du cœur et l'on mesure la distance entre ces deux points, distance qui représente l'abaissement de la pointe du cœur.

CONTROLE CADAVERIQUE. 27

Contrôle cadavérique de mon procédé de mensuration du cœur. — J'ai entrepris à plusieurs reprises de contrôler sur le • cadavre les dimensions que j'avais assignées au cœur pendant la vie à l'aide de mon procédé de mensuration ; j'ai lieu de dire que cette épreuve lui a été généralement favorable. 11 ne faut pas oublier toutefois que la situation du cœur après la mort n'est pas absolument celle qu'il avait pendant la vie. Les ventricules sont souvent rétractés et, par là, la pointe un peu relevée; l'oreillette droite est souvent trouvée distendue par du sang noir, surtout cbez les malades qui succombent à une maladie du cœur.

D'autre part, le procédé de contrôle est susceptible de certaines erreurs. Ce procédé consiste à marquer sur le cadavre les points délimités pendant la vie et à enfoncer à ce niveau de très longues aiguilles d'acier, longues de 10 à 15 centimètres. Si les points de repère se trouvent sur les parties molles, il suffit de pousser les aiguilles soit avec la main, soit avec le marteau. Si le point de repère correspond à un cartilage ou à un os, on y fait au moyen d'un vilebrequin un trou suffisant pour y passer l'aiguille. Or il arrive souvent, en plantant ces dites aiguilles, de ne pas toujours les enfoncer dans une direction exactement perpendiculaire au plan général du corps, et la déviation peut être telle que la pointe de l'aiguille soit déviée de 1 centimètre ou de 1 centimètre et demi soit en haut ou en bas, soit à droite ou à gauche.

Quoi qu'il en soit, lorsqu'il y a une différence entre les points marqués et le siège des organes qu'on a voulu désigner, voici dans quel sens ces erreurs ont lieu le plus souvent :

En général, il n'y a guère d'erreur pour la pointe, et l'aiguille enfoncée à ce niveau embroche cette pointe à son extrémité ou la rase de très près.

L'aiguille qui indique le bord supérieur du foie se trouve de temps en temps traverser la partie superficielle de la face convexe du foie ; cette ligne est donc quelquefois dessinée un peu trop bas, mais il s'en faut en général de moins de 1 centimètre. 11 est bien rare que cette limite soit signalée trop haut.

L'aiguille qui indique le niveau du bord externe de l'oreillette droite est souvent juste au bord de cet organe ; quand elle en dévie, c'est presque toujours sur la gauche, c'est-à-dire qu'elle tra-

verse l'oreillette droite. Cette limitation serait donc indiquée de temps en temps un peu trop en dedans; cependant il faut tenir compte de la dilatation de l'oreillette droite par le sang au moment de l'agonie, circonstance qui indiquerait une tendance à l'erreur en moins.

J'ai prié l'un de mes internes, M. Lelulle, de faire ce contrôle sur plusieurs cadavres par la méthode de Ilope et de Gendrin, et voici les résultats qu'il a obtenus :

Expérience I. — Tuberculose sénile. Cavernes. — H..., soixante-cinq ans. Cœur normal : pointe, dans le cinquième espace à 8 centimètres du sternum; bord supérieur du foie, cinquième cartilage costal droit (à son insertion) ; bord droit du cœur, 1 centimètre environ du bord droit du sternum; matité transversale (aux troisièmes espaces intercostaux), 6 centimètres et demi.

La longueur du bord inférieur du cœur, mesurée de l'angle hépatocardiaque à la pointe, est de 1 i centimètres. Mort huit jours après cet examen.

Quatre aiguilles sont enfoncées jusqu'à la paroi postérieure du thorax :

La première aiguille pénètre obliquement dans le cinquième espace à 8 centimètres à droite en haut et en arrière pour traverser la pointe du cœur et l'embrocher suivant Taxe du ventricule gauche.

Nous trouvons qu'elle s'est enfoncée un peu en arrière de la pointe du cœur dans le ventricule gauche.

L'inclinaison que nous lui avons donnée a soulevé la pointe avant de la perforer. D'ailleurs, cette pointe du cœur correspond exactement au cinquième espace intercostal.

Une deuxième aiguille est enfoncée dans l'épaisseur même du cinquième cartilage costal droit, àb millimètres au plus de son insertion sternale. Elle correspond à l'angle hépato-cardiaque. En ouvrant le thorax, nous voyons qu'elle rase exactement le bord supérieur du foie.

Mais elle pénètre plus profondément dans l'épaisseur du parenchyme hépatique, en sorte qu'elle se trouve à 1 centimètre au-dessous de la veine cave inférieure.

Nous avions essayé, sur le vivant, de déterminer la matité transversale du cœur, en percutant sur une ligne horizontale passant par les troisièmes espaces.

Nous enfonçons deux aiguilles qui correspondent aux extrémités de la ligne constatée.

L'une pénètre à 1 centimètre du bord droit du sternum. Elle perfore le cœur à \ centimètre environ au-dessus du sillon auriculo-ventriculaire droit, laissant ainsi une notable surface de l'oreillette à droite en dehors d'elle.

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