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CONGESTION ET HÉMORRHAGIE

l'eau. Le tissu se laisse difficilement pénétrer par le doigt au niveau de la coupe.

Le cœur est très volumineux; ses parois sont hypertrophiées et ses cavités distendues. Il n'y a ni rétrécissement ni insuffisance apparents des orifices. La seule lésion valvulaire qui existe consiste en un épaississement et une opacité de la valvule mitrale, dans l'épaisseur de laquelle on sent plusieurs petits noyaux d'induration. La valvule est souple, malgré son épaississement.

Le foie est congestionné.

Les autres organes abdominaux sont sains. Aucune compression spéciale n'existe au niveau de la veine cave inférieure. (Woillez.)

Ces accidents peuvent se grouper sous les chapitres suivants: Congestion active et pneumo-hémorrkagie. Gendrin les regarde comme produites surtout par le rétrécissement et l'insuffisance des valvules aortiques, comme Corvisart les attribuait à l'anévrysme aclif. Mais il est probable que ce ne sont que des vues théoriques, et qu'il en est rarement ainsi.

L'insuffisance des valvules aortiques donne lieu rarement à des hémoptysies chez les jeunes sujets. Ils sont, au contraire, pâles et anémiques en apparence.

Il ne faut donc pas nier les congestions actives et ne reconnaître dans les poumons que les congestions passives dont il sera parlé tout à l'heure. J'ai vu bien des fois la congestion active ou fluxion de poitrine, de M. Woillez (1), se montrer dans les maladies du cœur avec ces caractères de brusque invasion et de rapide évolution.

La congestion passive est au contraire fréquente ; elle résulte de la tension produite dans les veines pulmonaires par les obstacles situés dans le cours du sang à travers les cavités gauches.

Ces hémorrhagies ont pour cause le rétrécissement des valvules aortiques, les lésions de la mitrale, et plus souvent le rétrécissement que l'insuffisance. Elles peuvent se montrer dès le début de ces affections, alors môme que la lésion cardiaque n'est pas encore reconnaissable. Aussi J. Bouley, avec son grand sens clinique, avait-il divisé les hémorrhagies qui surviennent dans les maladies du cœur en trois sortes : 1° les hémorrhagies

(1) Woillez, Recherches cliniques sur la congestion pulmonaire (Archives générales de médecine, 1866, août et suivants).

prodromiques ou prémonitoires; 2° les hémorrhagies symptoraatiques ; et 38 les hémorrhagies ultimes. Cette distinction est absolument vraie, et j'ai eu bien souvent l'occasion de vérifier la justesse de cette classification.

Uu peu plus tard, l'hémorrhagie peut faire reconnaître des affections du cœur restées latentes jusque-là. M. Peter (1) en cite deux observations dans sa clinique. D'autres fois les hémoptysies, ainsi que les apoplexies pulmonaires et infarctus, proviennent de thromboses pulmonaires et d'embolies. M. Duguet l'a prouvé non seulement dans sa thèse d'agrégation, mais dans bien d'autres communications à la Société des hôpitaux. M. Ranvier a montré qu'en pareil cas la rupture du vaisseau se faisait en amont de l'embolie. Cela peut arriver soit avec de petites embolies (2) parties du cœur gauche dans le cours des affections de la mitrale et surtout du rétrécissement de celte valvule et des anévrysmes valvulaires, soit encore dans les grosses embolies (Duguet). Ces hémorrhagies peuvent même se produire dans les cas d'embolies graisseuses qu'on a vu survenir dans le cours des fractures et de l'ostéomyélite. Dans d'autres cas, l'hémorrhagie provient d'une compression des vaisseaux pulmonaires par un anévrysme de l'aorte.

Enfin, l'hémoptysie peut être liée à l'évolution de tubercules survenus soit dans le cas de rétrécissement congénital ou acquis de l'artère pulmonaire, soit dans le cas de compression de l'artère pulmonaire par un anévrysme de l'aorte (Hanoi), soit même dans certains cas de rétrécissement mitral. Frommolt a vu, à Dresde, la tuberculisation se rencontrer dans un dixième des cas de rétrécissement mitral.

Mais, de tous ces phénomènes pulmonaires, le plus ordinaire est la congestion passive du poumon entraînant l'œdème pulmonaire avant môme que l'état du rein ait entraîné l'albuminurie et l'anasarquc. Cendrin l'avait signalé formellement (3).

« On considère, en général, l'œdème des extrémités comme le premier accident d'anasarque dans les maladies du cœur ; c'esl,

(1) Peter; Clinique médicale, t. I«r, p. 7S0, 1874.

(2) Vermullcn, les Uémoptysies cardiaques (Thèse do Paris, 1875).

(3) Gendrin, Leçons sur les maladies du cœur, p. 174.

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