CANCERS
La poitrine paraît étrangère à la production de cette dyspnée, en arrière elle est sonore du haut en bas et la respiration s'y entend partout, mais elle est faible, courte et ne donne pas le murmure vasculaire. A la partie supérieure des deux côtés on entend un retentissement bruyant du son laryngien, qui forme un bruit de souffle presque ampborique existant dans l'inspiration comme dans l'expiration. En avant, l'auscultation de la poitrine donne des résultats analogues pour la partie supérieure des poumons, mais pour les deux tiers inférieurs il en est autrement, car à partir d'une ligne située à 7 ou 8 centimètres au-dessous des clavicules jusqu'en bas, il y a une matité absolue produite très probablement par un œdème des parois thoraciques facile à constater et sur lequel je reviendrai un peu plus loin.
Le malade tousse fréquemment par quintes violentes et spasmodiques suivies de l'expectoration d'un catarrhe pituiteux abondant. La voix est éteinte, elle a perdu toute tonalité.
La déglutition est difficile, elle est d'abord gênée par l'immobilité du larynx; aussi chaque fois que le malade veut prendre un peu de liquide, il en passe une petite quantité dans le larynx et le malade tousse. La déglutition des solides est plus gênée encore. Si le malade veut manger un peu i de pain, par exemple, il a la sensation de l'arrêt du bol alimentaire un peu au-dessous du larynx et, après quelques bouchées, il ne peut plus rien avaler. Pourtant peu à peu les aliments finissent par descendre et il n'y a jamais de phénomènes de dégurgitation. La difficulté de la déglutition et la dyspnée extrême qui accompagne l'arrêt des matières dans l'œsophage ont ôté tout appétit au malade. Les garde-robes sont d'ailleurs régulières.
La tumeur gêne par sa pression la circulation veineuse du cou et de la tète. Les veines jugulaires et thyroïdiennes ont pris un volume énorme, la face est vultueuse, les lèvres sont bleuâtres, les paupières sont saillantes et les yeux projetés en avant. L'exophthalmie est apparente, mais elle n'est pas accompagnée d'hydrophthalmie, le globe de l'œil n'est pas dur, la pupille est très mobile et l'accommodation aux distances se fait d'une | manière parfaite.
Quant à la circulation, elle n'est gênée qu'à la périphérie, mais le centre est intact. La circulation veineuse est embarrassée dans la moitié supérieure du corps, il y a de la cyanose à la face et aux mains, mais il n'y en • a pas aux genoux.
La circulation capillaire est également gênée ; aussi observe-t-on de l'œdème des deux points, mais surtout, et ceci est très frappant, un œdème de la partie antérieure de la paroi thoracique et des deux membres supérieurs. Cet œdème est dur, et ce n'est que par une pression assez forte et i continue qu'on peut obtenir l'empreinte caractéristique de l'œdème.
On est étonné de trouver au milieu de ce cortège de symptômes le cœur battant régulièrement, il n'y a aucun bruit de souffle, le pouls est régulier ||et assez résistant (108). Quant au volume du cœur, il est impossible a fixer par suite de l'œdème des parois qui donne une matité absolue sur toute la