‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 287 sur 413 · ANÉVRYSME DE L'AORTE ASCENDANTE · texte numérisé non relu

ANÉVRYSME DE L'AORTE ASCENDANTE

fi 9 3

Tous ces symptômes mettent le malade dans l'impossibilité de faire le moindre effort, c'est à peine s'il peut descendre pour aller dans le jardin et faire quelques pas ; il reste le plus souvent immobile, étendu sur son lit et daus le décubitus dorsal.

Par le cardiographe et le sphygmographe appliqués sur la tumeur, nous avons obtenu des dessins qui permettent de voir les battements dont la tumeur était le siège dans les différents points de son étendue. Puis, avec un sphygmomètre à colonne liquide, nous avons pu constater que les battements delà tumeur et ceux du cœur alternaient entre eux.

L'auscultation, faite avec des stéthoscopes biauriculaires, simples et composés, nous a permis de constater qu'il existait une séparation entre les limites de souffles cardiaques et ceux perçus dans la tumeur; ces derniers présentaient leur maximum d'intensité dans le troisième espace intercostal, à 1 centimètre du bord droit du sternum. La percussion vint compléter ces renseignements et nous permit d'affirmer qu'il existait chez notre malade une tumeur de l'aorte ascendante, ayant probablement son point de départ au niveau de sa partie extrapéricardique.

D'après nos recherches, cette poche pyriforme, ayant son sommet dans le second espace intercostal et sa base au niveau de la face convexe du foie, qu'elle déprimait un peu, devait occuper le côté droit de l'aorte, s'étendre dans les troisième, quatrième et cinquième espaces intercostaux; elle devait communiquer cà l'aorte par un orifice très proche des valvules sigmoïdes et que nous placions au niveau du troisième espace intercostal, à 1 centimètre du sternum. D'ailleurs, le schéma reproduit la configuration que nous attribuons à cet anévrysme.

Ce diagnostic se complétait par l'examen du cœur; ce dernier était volumineux ; sa pointe battait dans le sixième espace intercostal, en dehors de la ligne verticale abaissée du mamelon ; de plus, le bruit de souffle au second temps et le tracé du pouls nous indiquaient que cette augmentation de volume du cœur dépendait d'une insuffisance aortique.

En résumé, nous nous trouvions en présence d'un anévrysme de la première portion de l'aorte ascendante, ayant déterminé, ce qui est la règle dans ces cas, une insuffisance aortique.

On voit, par les tracés, que l'impulsion du cœur ne se fait pas souvent d'un seul coup, comme dans une artère saine. Il y a d'abord une première poussée, puis la tension augmente plus lentement tant que dure la systole.

On conçoit que la différence entre la première impulsion et celle qui suit dépende de la largeur de l'ouverture. Plus celte ouverture de communication sera étroite, plus la différence entre les deux modes d'ascension sera accusée, plus, au contraire,

694 DES TUMEURS ANÉVHYSMALES.

l'ouverture sera large, plus l'ascension tendra à se faire en une seule fois. On peut donc dire que, plus la première poussée occupera de place dans l'ascension systolique, plus l'ouverture sera grande.

Auscultation. — En général, l'anévrysme sacciforme de l'aorte donne lieu à deux bruits, qui sont ordinairement des bruits de souffle. De ces deux bruits, le premier est le plus constant ; le second manque quelquefois, et il peut arriver qu'il n'y en ait pas du tout. Quand ces bruits existent, ils sont, en général, assez rudes et plus ou moins prolongés ; mais ils finissent assez brusquement.

Le siège où on les entend dépend du siège de l'anévrysme. Leur caractère principal est qu'ils sont situés en dehors des foyers ordinaires des bruits pathologiques du cœur. Ils sont rarement perceptibles sur un seul point. En général, ils couvrent une surface ellipsoïde, qui indique assez bien la direction du sang qui pénètre à chaque systole. En pareil cas, le maximum du bruit s'entend à l'extrémité de l'ellipse qui est la plus rapprochée de l'orifice de communication. Quant au mode de propagation et à son étendue, on conçoit que cela dépend de l'état des caillots dans le sac, des parois et de la qualité plus ou moins conductrice du son des -I organes interposés.

Quant au moment où ils se produisent, il n'y a pas de doute pour le premier bruit, qui correspond à la systole cardiaque et, . par suite, à la diastole artérielle. Quant au second bruit, il est t très difficile de savoir s'il correspond à la seconde période de la i poussée pendant la systole, ou s'il correspond à la diastole car- • diaque ; mais j'ai beaucoup de tendance à croire que c'est à ce I moment que se produit le second bruit, quand il existe.

Quant au timbre, il est très certainement en rapport avec l'ctroi- • tesse de l'orifice et sa rigidité, ainsi qu'aux rugosités qui peuvent s'y trouver. Aussi a-t-on d'autant plus de chance de trouver un I second bruit que le premier sera plus rude et plus vibrant, qu'il y aura un frémissement cataire plus prononcé.

On peut donc dire que le premier bruit net est produit par l'entrée du sang dans le sac, qu'il est produit par un orifice moyen, rigide et rugueux, et qu'il manquera, si l'orifice est très

Page 1