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COMPRESSION DU NEUF RÉCURRENT. VOS

En arrière, on entend le long- du mollis, depuis la première vertèbre dorsale jusqu'au milieu de la région dorsale, un souffle systolique très rude dont le maximum correspond à la hauteur des trois premières vertèbres dorsales. Il est peut-être plus intense à droite qu'à gauche. On perçoit à l'oreille quelques battements profonds, surtout à gauche. L'examen des poumons montre la respiration très faible dans toute la hauteur du poumon gauche. A la base, le murmure vésiculaire est à peine appréciable. Au niveau du hile du poumon droit, les bruits respiratoires sont un peu rudes. Des deux côtés, dans le creux axillaire, on entend le souffle systolique.

Pas d'autres phénomènes à noter, qu'un peu de constipation.

Le malade est mis au repos avec quelques calmants pour la nuit. Sous l'influence de ce repos, les douleurs de la nuit sont un peu soulagées, et l'on peut percevoir un léger pouls à l'artère radiale gauche.

Diagnostic. Le point le plus important et qui parait dominer tous les autres, est celui d'une tumeur pulsatile, dont le maximum d'expansion se perçoit dans le deuxième espace intercostal gauche, en dehors de l'artère pulmonaire.

Les pulsations de cette tumeur sont isochrones aux battements du pouls. 11 s'agit donc ici d'une tumeur anévrysmale dépendante de la crosse âortique. Son siège, à gauche du sternum, permet de supposer que la partie atteinte se trouve dans la portion descendante de la crosse. La pression de la tumeur, sur la paroi antérieure de la poitrine, qui est accusée par des ! varices intercostales au niveau du deuxième espace intercostal, n'a cependant soulevé que fort peu le deuxième cartilage costal gauche. Les côtes paraissent intactes. Le niveau du bord inférieur du cœur, plus abaissé qu'à l'état normal, parait tenir autant au développement du cœur qu'à une pression de haut en bas.

En haut, on n'aperçoit rien dans le creux sus-claviculaire.

En arrière, le bruit de souffle qu'on entend au niveau des premières vertèbres dorsales fait penser que la tumeur est accolée à la colonne vertébrale. A gauche, le poumon est refoulé à 7 centimètres en dehors du sternum, et à droite, l'extension du bruit et de la matité en dehors du sternum n'indique pas un refoulement, mais plutôt un retentissement des bruits. Cependant, ce qu'on entend à droite, ce ne sont pas les bruits aortiques, ' mais seulement le bruit de la lésion transmis vers la droite.

Le point de l'aorte auquel correspond l'ouverture de communication parait être immédiatement au-dessous de l'origine de la sous-clavière. En effet, la carotide est normale, et l'on peut rapporter à une lésion de l'oriff'ne de la sous-clavière gauche les phénomènes suivants :

i* L'absence complète ou presque complète de pulsations artérielles depuis l'artère sous-clavière jusqu'à la radiale ; 2" la facilité de l'épuisement musculaire ; 3° les crampes.

Bien que la carotide n'ait pua été atteinte par la compression, elle parait

DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.

dilatée et déviée, et elle a été le siège de quelques troubles musculaires auxquels on peut rattacher les vertiges et des troubles dans la vue de l'œil gauche, troubles qui se sont présentés à une certaine époque. Le nerf récurrent gauche, qui se dégage de la crosse à ce niveau, paraît avoir été intéressé et être cause de l'aphonie. Du reste, l'examen du larynx par le miroir montre une paralysie incomplète de la corde vocale gauche, qui se contracte tardivement et d'une manière insuffisante.

En dernier lieu, le bruit de souffle qui s'entend dans le deuxième espace intercostal, et qui se prolonge très vraisemblablement jusqu'à la pointe, fait penser que l'orifice de communication n'est pas très large et présente des aspérités. Le pouls radial, tout à fait normal, contribue à faire croire que le bruit perçu à la pointe n'est qu'un bruit de propagation.

En arrière, l'œsophage ne paraît pas directement comprimé, et les phénomènes de régurgitation qui ont été observés et qui se présentent de temps en temps seulement, et non d'une manière continue, donnent à penser que le nerf pneumogastrique gauche a été comprimé ou irrité par la lésion.

6 lévrier 1878. Les douleurs ont été soulagées par des injections souscutanées de chlorhydrate de morphine; elles reviennent de temps en temps sous forme d'élancements que le malade compare à des éclairs. Elles s'irradient dans tout le côté gauche de la poitrine et dans la fosse sous-épineuse. La pression n'est douloureuse qu'au niveau de la tuméfaction au centre des battements anévrysmaux.

Quelques jours après, le 10 février, le malade prend de l'ennui à l'hôpital et demande sa sortie.

Le 3 octobre de la même année, le malade rentre à l'hôpital Saint-Antoine; il se trouve beaucoup plus fatigué depuis quelque temps. Les battements de la tumeur sont plus appréciables pour le malade. La dysphagie a augmenté, le malade sent très bien que la gène se trouve au niveau de l'œsophage, après que les aliments ont quitté le pharynx. Le malade indique la première pièce du sternum comme niveau où se fait l'arrêt des aliments.

Les deux pouls, pris au polygraphe par M. F. Franck, montrent que le pouls radial gauche, qui est un peu sensible, n'est pas retardé sur le pouls du côté droit.

Traitement. Eu présence d'un sac auévrysmal qui s'avance vers le deuxième espace intercostal gauche et menace de tout perforer devant lui, je me décide à traiter cet anévrysme par l'acupuncture simple, sans addition de courants électriques.

J'avais, depuis longtemps, reçu du Japon des anguilles à acupuncture, en or et eu argent. Mais j'ignorais le moyen de leur faire traverser la peau. Ce n'est qu'en 1878, à l'occasion de l'Exposition universelle, que j'ai pu apprendre ce moyen. J'ai été mis en rapport avec des ingénieurs japonais, qui ont bien voulu prendre la peine de venir jusqu'à l'hôpital Saint-Antoine me montrer le procédé, qui est très simple.

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