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COMPRESSION DU NERF RÉCURRENT

J'enfonce dans le deuxième espace intercostal trois aiguilles d'or jusqu'il une profondeur de S centimètres, en laissant entre deu\' aiguilles -voisines un écarl de 1 centimètre. J'en enfonce deux autres semblables dans le premier espace intercostal. L'introduction de la première aiguille a produit une douleur assez vive (elle a rencontré sans doute un filet nerveux); les quatre autres n'ont déterminé aucune douleur.

Pendant que les aiguilles sont ainsi placées, on les voit toutes agitées d'un mouvement transversal qui montre que leur partie inférieure est refoulée à chaque systole par le courant sanguin. Au bout d'un quart d'heure, je les retire. Il ne s'écoule pas une goutte de sang. Du reste, ces aiguilles sont très fines, elles ne mesurent en diamètre que deux dixièmes de millimètre.

A la suite de cette application, le malade se trouve extrêmement soulagé. Il dit que les douleurs de l'épaule sont notablement diminuées, il affirme que les battements qu'il ressent dans la cage thoracique sont moins violents. La dysphagiea diminué notablement, la voix reste bitonale.

Le 13 novembre, on fait une seconde introduction des aiguilles japonaises; il semble qu'on éprouve, dans le deuxième espace intercostal, plus de résistance que la première fois pour enfoncer les aiguilles. On les laisse en place une demi-heure.

Le 27 novembre, on fait une troisième séance d'acupuncture dans les mêmes conditions que les deux précédentes. Cette fois, la résistance plus grande à l'introduction des aiguilles est évidente.

Depuis que le malade est soumis à ce traitement, il se sent extrêmement soulagé. La dyspnée a notablement diminué; la déglutition des liquides est plus facile, le malade n'a plus besoin d'espacer les efforts de déglutition, la déglutition des aliments solides n'exige plus le concours de liquides.

Au 1" janvier 1878, je change d'hôpital et je viens à l'hôpital Lariboisière. Le malade vient m'y rejoindre dans les premiers jours de janvier. Je lui fais, à la fin du mois, une nouvelle application des aiguilles à acupuncture. Cette fois, la résistance à l'introduction des aiguilles est telle, que je puis à peine les faire pénétrer.

Nous avons donc obtenu, par ce traitement, la diminution des douleurs et des troubles fonctionnels, diminution qui indique que la pression sur Les organes voisins est moindre, et que la tumeur s'est notablement réduite. D'autre part, l'induration évidente de la paroi antérieure indique que nous avons établi de ce côté une sorte de digue qui nous rassure contre une rupture possible dans cette direction.

Le malade, se sentant mieux, demande sa sortie.

Je comptais revoir ce malade plus tard; mais, ne le voyant pas revenir, je suis allé à son domicile, et là j'ai appris que ce pauvre diable, voulant aider sa famille, avait repris son travail, mais qu'il était tombé un mois Plus tard dans un état très grave, et qu'il était allé au plus proche de-

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mander son admission a l'hôpital Sainl-Autoirie, où il est mort quelques jours après.

Dans un cas de G. Johnson (I), où le nerf récurrent gauche et le pneumogastrique gauche étaient seuls intéressés, alors que le récurrent droit était intact, on a trouvé pourtant une atrophie de tous les muscles du larynx, et, du reste, on avait constaté la paralysie des deux cordes vocales, l'enrouement, l'aphonie, la dyspnée, le cornage et l'immobilité des deux cordes vocales à l'examen laryngoscopique. Il y avait, en outre, compression de l'œsophage et dysphagie.

On fit la trachéotomie qui soulagea le malade, mais il mourut deux jours après.

Dans d'autres cas, Stokes a signalé, au contraire, un spasme laryngien produit par l'irritation des pneumogastriques, c'est à ces cas seulement que pourrait convenir la trachéotomie.

La compression des bronches peut amener d'autres phénomènes, par exemple la dilatation en arrière de l'obstacle par accumulation des produits de sécrétion. M. Desplats (2) a cité un cas de ce genre dans lequel la mort fut amenée par une hémoptysie foudroyante et l'on trouva les bronches distendues, formant des dilatations multiples et remplies de pus.

Mais il est un autre point des plus importants qu'il fautaborder, c'est la phthisie consécutive aux anévrysmes de l'aorte, relation qui vient d'être établie d'une manière magistrale par M. Hanot (3). Suivant cet auteur, c'est à Stokes qu'il en faut faire remonter l'idée primitive.

Stokes (4) avait dit : « De tous les états morbides généraux qui accompagnent l'anévrysme de l'aorte, la phthisie pulmonaire est le plus commun. » Et il ajoute : « Dans ces cas, la phthisie a souvent des symptômes équivoques, irréguliers, la marche est lentement progressive. » Cette opinion a été acceptée par la

(1) G. Johnson, The Lancet, 7 décembre 1872 et 4 janvier 1875.

(2) Desplats, Union médicale, 2G août 1879.

(3) Hanoi, Du rapport entre l'anévrysme de la crosse de l'aorte et lapneu-

monie caséeuse.

(M Stokes, traité des maladies du cœur et de l'aorte, traduction de Sénac,

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