PHTHISIE CONSÉCUTIVE
plupart des médecins anglais et particulièrement par Habershon ; en France, par MM. Hérard et Gornil.
Toutefois, ce rapport a été contesté, même en Angleterre, par le docteur Fuller, et .il en donne à l'appui le tableau suivant :
Guy's hospital .... 27 anévrysmes aortiques, 3 tuberculeux.
Fuller 7 — 1 —
Société pathologique .25 — 0 —
Rokitansky 108 — 5 —
Grisp 8 — 0 —
Idem 132 — 2 —
Green 12 — 4 —
Walshe 14 — 2 —
Total 233 anévrysmes aortiques, 17 tuberculeux.
C'est-à-dire environ 7 pour 100.
Le fait est donc exact, quoique limité, les recherches personnelles de M. Hanot parlent dans le môme sens avec une proportion plus forte.
Une fois le rapport établi, il s'agit d'en examiner les conditions. M. Hanot fait remarquer comme Stokes que ce n'est pas la compression des bronches qui produit la phthisie. Il en trouve la cause très nette, dans certains cas, dans la compression de l'artère pulmonaire, ce 'qui confirme une fois de plus ce que j'ai établi pour le rétrécissement de l'artère pulmonaire.
Dans les autres cas, il faut admettre la théorie d'Habershon (1), que la phthisie est le résultat delà compression du nerf pneumogastrique. Cette théorie est acceptée, en France, par MM. Hérard et Corail (2),Bucquoy, Vulpian (3), Raynaud (4). En pareil cas, c'est par l'irritation de ces nerfs et non par leur destruction qu'il faut chercher à expliquer le processus inflammatoire des poumons (5).
(1) Habershon, Observations cliniques sur les effets de la compression du nerf pneumogastrique par tes anévrysmes et les autres tumeurs (Société royale de médecine et de chirurgie, 20 janvier 1864, cité par M. Hanot).
(2) Hérard et Cornil, Traité de la phthisie.
(8) Vulpian, Leçons sur l'appareil vaso-moteur, t. II, p. 42.
(4) Raynaud, Annales des maladies de l'oreille et du larynx, 1877.
ifi) Charcot, Maladies du système nerveux, p. la.
708 des Tumeurs anévrysmales.
Dans un cas observé par Heyden (i) on a trouvé une lésion du pneumogastrique gauche et du plexus cardiaque, le malade est mort de tuberculose miliaire aiguë.
MM. Sée et Oulmont ont observé également trois cas de pneumonie chronique consécutive (2).
L'œsophage est souvent comprimé aussi par les anévrysmes, les malades présentent alors de la dysphagie, et le cathétérisme de l'œsophage peut faire reconnaître la présence de la tumeur. Si la tumeur se développe, elle peut arriver à se rompre dans l'œsophage. Le fait a été observé plusieurs fois; on constate alors une hématémèse foudroyante.
Dans ces dernières années, Clark (3) en a donné une observation.
Mais est-il bien nécessaire, pour que l'œsophage soit altéré par un anévrysme, qu'il y ait compression?
M. Leudet (de Rouen) ne le croit pas et il a signalé plusieurs exemples (4) où. l'œsophage a présenté des ulcérations et des plaques gangréneuses, et il en a vu également dans la trachée, sans qu'il y ait compression. M. Hanot a pensé, et j'accepte volontiers cette hypothèse, que des ulcérations et même la gangrène pouvaient être le résultat de troubles trophiques produits par une lésion ou une irritation des pneumogastriques par la tumeur anévrysmale.
Les troubles trophiques produits parla compression ou plutôt l'irritation des nerfs pneumogastriques donneraient donc lieu, comme la division des pneumogastriques, à des troubles de nutrition du larynx, des poumons et de l'œsophage. M. Hanot pense que certaines péricardites pourraient également reconnaître la même cause.
Au nombre des organes qui peuvent être comprimés, irrites et surtout érodés, il faut rappeler les os. Tantôt la résorption
(1) Heyden, Société pathologique de Dublin (The Dublin Journal of « Sciences, octobre 1875, p. 370.)
(2) G. Sée et Oulmont, Progrès médical, 1er janvier 1881.
(3) Clark, Glascow pathological and clinical Society (British Med. Jour u décembre 1871, p. 712).
(4) Leudet, Gazette médicale, 18fiî.