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DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

souvent, a précédé l'anévrysme et s'estdéveloppée en même temps que les au très lésions vasculaires, sauf dans les cas traumatiques.

En dehors donc des caractères topographiques de l'anévrysme, on voit survenir des troubles clans l'état des forces et une sorte d'anémie relative, avec teinte cachectique.

L'anévrysme se termine souvent par une perforation, et alors la mort est soudaine, en général, de vingt à quarante minutes; les malades peuvent se transporter à une maison voisine, si elle n'est pas très éloignée ; mais, si l'ouverture de la perforation est petite, il peut se faire pendant longtemps de petites hémorrhagies ; on en a vu même donner des hémoptysies modérées pendant plusieurs années.

En somme, rien de plus difficile à établir que le pronostic de l'anévrysme de l'aorte, etStokes Paexprimé très justement de la manière suivante (I) : «Etant donné un anévrysmc, il est impossible de prédire ni dans quel sens il se dirigera, ni la durée de la vie du malade, ni la forme des accidents ultimes. [On ne peut môme pas affirmer que la mort doive être le résultat de l'anévrysinc; elle est due quelquefois à une affection aiguë ou chronique d'une tout autre nature, surtout si un traitement judicieux a enrayé ou arrêté les progrès de la maladie anévrysmale. Chez les malades qui n'ont pas d'affection concomitante du cœur et dont l'anévrysme ne comprime aucun organe important, tel que la trachée ou l'œsophage, la mort, sans déchirure du sac, a lieu de plusieurs façons. Le malade peut succomber aux effets de la compression exercée par l'anévrysme sur les parties environnantes ; il peut être usé pour ainsi dire par la douleur, la privation de sommeil et une fièvre inflammatoire. Il peut être emporté par une maladie aiguë accidentelle, la pneumonie, le choléra, la fièvre typhoïde, ou bien par la phlhisie, la gangrène pulmonaire ou une affection cérébrale. »

Ou ne saurait mieux dire.

En somme, le malade peut mourir par syncope, par hémorragie, par asphyxie ou par épuisement produit, soit par la douleur, soit par l'insomnie, soit par l'impossibilité d'une alimentation suffisante.

(I) Stokes, Traité des maladies du cœuv et de L'aorte, trad. Sénac, p. 591.

DES TUMEURS ANÉVHYSMALES.

Cet anévrysme est très rare, l'artère pulmonaire n'étant guère sujette à l'endartérite chronique. Crisp, sur 915 cas d'anévrysme, n'en a trouvé que 4 dans l'artère pulmonaire. Toutefois Goldbeck i a pu en rassembler 20 cas dans sa thèse inaugurale (1).

Ces anévrysmes siègent ordinairement sur le tronc de l'artère . pulmonaire. Il n'est pas question ici de ceux qui se formentdans • l'intérieur du poumon, sur les branches de cette artère, et qui i sont un des accidents de la phthisie pulmonaire.

Ces anévrysmes du tronc de l'artère pulmonaire sont en général petits, depuis le volume d'une tête d'épingle jusqu'à celui d'un œuf de poule (Dowse). Quand la tumeur a un certain volume, . elle vient faire saillie dans le deuxième espace intercostal gauche et soulever le deuxième cartilage gauche. Dans un cas de ! Lebert (2), la tumeur faisait môme saillie dans le premier espace intercostal. Les battements d'expansion ont été notés dans le i deuxième espace, même dans le premier espace intercostal gau- che. Dans tous les cas, ils sont faibles. En outre, Dowse (3) au perçu un frémissement diastolique. On a constaté une malilé quelquefois très étendue. L'auscultation a permis de reconnaîtreun souffle cystolique fort avec thrill (Dowse). Lebert a entendu à gauche un souffle double, à la fois syslolique et diastolique ; dans le deuxième espace et à droite, un souffle diastolique, également dans le deuxième espace. Le souffle perçu à gauche, dans • le deuxième espace intercostal prend la direction de l'artère pulmonaire.

Le plus souvent ces anévrysmes se rompent dans le péricarde; c'est ce qui est arrivé particulièrement dans le cas de Dowse. D'autres fois la lésion se complique d'autres lésions cardiaques, et mène progressivement à la cachexie cardiaque.

Voici deux exemples de cette lésion :

Observation CH.— Chez une jeune fille de dix-neuf ans, enceinte, on

(1) Goldbeck, Dissert, inawj., Giesscn, 1808.

(2) Lebert, Berlincv /clin. Wochcnschrift, n° 20, p. 273, 1S7C.

(3) Dowse, Brit. Mal. Journ-, 5 décembre 1 874, p. 710.

ANÉVRYSME DES ARTÈRES CORONAIRES

constata une matité très éteudue, et à l'auscultatiou uu souille fort systolique avec thrill. La malade mourut de péricardite.

On trouva, à l'autopsie, un anévrysme de l'artère pulmonaire gros comme un œuf de poule, rompu dans le péricarde. Le sac était plein de caillots très durs. 11 y avait des végétations sur les valvules sigmoïdes, plus une dilatation du ventricule droit avec insuffisance tricuspide. (Dowse.)

Observation CIII. — Une blanchisseuse, âgée de trente-sept ans, atteinte d'anévrysme de l'artère pulmonaire, faisait remonter le début de sa maladie à un rhumatisme articulaire contracté sept mois auparavant.

On trouva de l'œdème des membres inférieurs, de l'ascite, un reflux dans les veines jugulaires. La matité occupait le deuxième et même le premier espace intercostal gauche. On sentait une pulsation dans le deuxième et aussi dans le premier espace. Pendant l'expiration, on ne sentait pas de battements entre le cœur et la tumeur.

L'auscultation permettait d'entendre, à la pointe du cœur, un souffle systolique. Dans le deuxième espace gauche, le souffle était doublement systolique et diastolique. Dans le même espace, à droite, un souffle diastolique seulement. Les urines étaient albumineuses et renfermaient des tubuli. La malade tomba dans le collapsus et mourut. On trouva, à l'autopsie, de la sérosité dans le péricarde.

L'artère pulmonaire était sphérique, renfermant des caillots; ses valvules contenaient des végétations. Dans le ventricule droit, il y avait des végétations en crête de coq. L'artère pulmonaire avait 110 millimètres de circon- 'érence, l'artère aorte 70. Il y avait également des végétations sur la mitrale. Le myocarde était pcâle et jaune brun. (Lebert.)

ANÉVRYSMES DES ARTÈRES CORONAIRES.

Les anévrysraes des artères coronaires se rencontrent chez des sujets jeunes ; le plus souvent ils sont multiples ; on en a compte de trois à vingt sur le môme sujet.

Le plus souvent il n'y avait pas de sclérose artérielle, mais de l'endocardite du ventricule gauche. Ces anévrysmes, qui coïncidaient avec des anévrysmes des artères cérébrales, étaient probablement dus à des embolies.

Quincke (1) en a trouvé vingt sur une jeune Elle. Leur volume variait de celui d'une tête d'épingle à un haricot. La malade était atteinte d'une affection mitrale ancienne, avec rechute

U) Quincke, Krankhciten der Gefasse, p. Hà.

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