TORSION DU COEUR
a frigore par exemple, le diaphragme qui a perdu sa tonicité se laisse refouler par la pression des viscères abdominaux. Mais cela est tout particulièrement marqué après les repas. La fermentation des matières alimentaires dans l'estomac donne lieu à des gaz qui, n'étant plus maintenus par la tonicité du diaphragme, produisent du météorisme stomacal et par suite de la dyspnée par diminution du champ respiratoire, et finalement poussent le malade à faire de profonds soupirs (1).
La dyspepsie llatulente et la dilatation de l'estomac refoulent souvent en haut le diaphragme et le cœur et occasionnent des tiraillements du diaphragme, que les malades prennent pour des douleurs de cœur. En même temps la pointe du cœur bat sur l'estomac comme sur un tambour et donne lieu à des palpitations.
Les malades, qui se croient atteints d'une maladie du cœur, vont trouver leur médecin, qui leur affirme qu'il n'y a pas de maladie du cœur. Ces malades ne sont pas convaincus et se rendent alors, sur l'avis de leur médecin, chez un consultant familier avec l'examen des cœurs malades et on reconnaît alors qu'ils sont atteints d'une dyspepsie qu'ils arrivent à reconnaître eux-mêmes.
Je ne saurais dire combien j'ai déjà vu de semblables malades venant chercher un diagnostic et un traitement de maladie du cœur, et que j'ai renvoyés avec un diagnostic et un traitement de dyspepsie llatulente : c'est la dyspepsie flatulente avec douleur du diaphragme ou phrénalgie.
E. Déplacement du cœur en arrière. — Les déplacements du cœur en arrière sont rares et ont pour cause les maladies du médiastin antérieur et plus particulièrement les anévrysmes.
F. Déplacements du cœur suivant les axes; torsions du cœur {trochocardie de Costa Alvarenga). — Nous avons déjà vu que les torsions du cœur suivant l'axe vertical viennent presque toutes du côté gauche de la poitrine. L'emphysème du poumon gauche repousse la pointe en arrière et tend à décroiser les artères pulmonaire et aorte.
(I) C. Paul, Paralysie rhumatismale du diaphragme guérie par les courants continus (Société de thérapeutique, séauco du 21 octobre 18T0).
DÉPLACEMENT DU COKUK.
Les épanchements de la cavité gauche (pleurésies, pneumothorax, anévrysmes) portent la pointe en avant et refoulent en arrière l'oreillette droite, le cœur pivotant sur son axe formé par la veine cave inférieure, véritable pivot du cœur. Dans ce cas, quand le refoulement est extrême et porte la pointe du cœur en avant, le croisement des artères pulmonaire et aorte augmente considérablement. (Ghomel avait insisté sur ce point.) M. Blachez a montré que la compression du poumon gauche pouvait entraîner la formation d'une thrombose de l'artère pulmonaire, M. Labric a signalé la présence de caillots dans le cœur gauche. Raynaud avait indiqué la possibilité de la dégénérescence du myocarde.
Enfin, le bord inférieur subit, dans certains cas, des mouvements de bascule sur l'axe transversal. Les épanchements pleurétiques, certaines pneumonies de tout le poumon et les anévrysmes peuvent abaisser l'angle hépatique de plus de 2 centimètres, et alors le bord inférieur du cœur ne penche plus à gauche, mais à droite, la pointe du cœur se trouvant plus élevée que le bord hépatique.
Ces faits, qui ont été constatés à l'autopsie, ne peuvent se vérifier sur le malade, attendu que la percussion de la partie droile donne de la matité partout et ne permet pas de reconnaître le bord supérieur du foie. Ce n'est que dans les cas où l'on assiste au développement de la maladie ou à sa guérison qu'on peut le constater cliniquement.
A côté des déplacements du cœur survenus pendant la vie exlra-utérine, dont il vient d'être question, il faut parler des vices congénitaux du cœur (1). Il en sera question plus loin à propos des maladies congénitales du cœur.
(1) Cardiocèles de Costa Alvarenga.