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LA THÉRAPEUTIQUE A POUR BASE LA CLIQUE

Avec le Traité de thérapeutique commença donc une ère nouvelle. La clinique apparut dans la thérapeutique et y tint la première place. La matière médicale n'y fut pas négligée pour cela, et, à côté de la thérapeutique, on créa un chapitre pour l'action physiologique, mieux vaudrait dire l'action pathogénétique des médicaments.

A MM. Trousseau et Pidoux revient donc l'honneur d'avoir fait faire à la thérapeutique son premier pas pour gagner son indépendance. Dorénavant, la thérapeutique s'appuie sur la clinique; elle ne néglige pas pour cela la matière médicale, elle l'étudié avec soin et, pour chaque médicament, donne l'histoire détaillée de tout ce qu'on sait de son action sur l'homme sain ; mais, ne perdant pas de vue qu'il s'agit d'un traité de thérapeutique, nos auteurs étudient surtout l'action des doses faibles et, s'ils vont jusqu'à parler des accidents produits par un agent médicamenteux, ils insistent sur les premiers accidents, sur ceux qui indiquent au médecin qu'il est dangereux de pousser plus loin l'action du médicament.

Dans la première édition, pour bien montrer le parallèle de l'action physiologique et de l'action thérapeutique d'un médicament, on avait compris ces deux actions sous le titre de thérapeutique. Dans la neuvième et dernière édition, un nouveau pas a été franchi.

Chargé par ces messieurs de continuer leur ouvrage et de le tenir au courant de la science à partir de la huitième édition, j'ai fait, dans la neuvième et dernière édition, une réforme considérable qui, pourtant, a passé inaperçue pour beaucoup de médecins. L'action physiologique des médicaments n'a plus été comprise dans le chapitre consacré à la thérapeutique, elle a été réintégrée à bon droit dans la matière médicale.

La neuvième édition est donc ainsi logiquement divisée : d'une part, la thérapeutique qui donne la modification des maladies par les médicaments, d'autre part, la matière médicalequi indique les caractères naturels, les propriétésphysiques, chimiques et pathogénétiques des médicaments. Dans celle classification, les propriétés de la matière médicale expliquent, s'il est possible, les

actions thérapeutiques, mais elles ne les préjugent pas comme le croit l'école physiologique.

Maintenant que nous avons affranchi peu à peu la thérapeutique de la matière médicale, et que nous avons ainsi montré nettement le but formel de la thérapeutique, quelle méthode devrons-nous suivre et comment devons-nous classer les actions thérapeutiques? C'est le deuxième problème qui nous reste à résoudre.

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