SEPTIÈME ÉCOLE MÉTHODISTE
Giîvçomini et les toxicologistes contemporains.
M. G. Sée, Gubler.
Si l'on considère Giacomini au point de vue de l'action pathogénétique des médicaments, il est certainement le modèle des expérimentateurs actuels.
En effet, il donne à cet égard^ les meilleures recommandations :
(1) Organon, p. 2B8.
(2) Organon, p. 2B6.
« L'expérience est, sans contredit, la seule voie propre à découvrir TaGtion des remèdes, mais on ne peut expérimenter primitivement chez l'homme, lorsque leur mode d'action et leur degré d'énergie sont inconnus. Aussi est-il convenable d'en constater les effets d'abord chez les animaux de différentes espèces et à doses variées (1). »
Giacomini fait observer que toute substance se comporte différemment chez les animaux ; il cite, à cet égard, un grand nombre d'exemples : que le sucre est un poison pour les grenouilles, que certaines plantes servent d'aliment au bœuf (lolium temulentum) et tuent le cheval, etc.
Giacomini accepte ensuite l'expérience sur l'homme sain, si l'on sait la diriger avec prudence, méthode et perspicacité.
Il distingue qu'il faut décrire les actions physiques et chimiques et les actions dynamiques ( physiologiques ) de ces médicaments, et enfin qu'il faut les classer selon leur action pharmaceutique, intrinsèque et primitive. C'est là, en effet, une classification de matière médicale et non pas une classification thérapeutique.
Il ne faut pas s'y tromper, toute classification qui repose sur l'action pathogénétique des substances n'est au fond qu'une classification toxicologique et non pas thérapeutique.
Giacomini en est donc réduit à une classification dichotomique en hypersthénisants et hyposlhénisants, suivant que les agents médicamenteux excitent ou dépriment la fonction qu'ils atteignent.
La première classe comprend les hypersthénisants : cardiovasculaires, vasculo-cardiaques, céphaliques, rachidiens et gastrointestinaux.
La seconde classe comprend de même les hyposthénisants : cardio-vasculaires, vasculaires et cardiaques, artériels, lyml phatico-glandulaires, vasculo-veineux, gastriques, entériquesj céphaliques et spinaux.
Enfin, Giacomini, ne pouvant arriver à ranger tous les médi-
(l) Giacomini, Traité philosophique et expérimental de matière médicale et de thérapeutique, traduction Majon et Rognclt.i [Encyclopédie des sciences médicales, p. 10).