‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 328 sur 413 · LA THÉRAPEUTIQUE A PRIORI. GIACOMINI · texte numérisé non relu

LA THÉRAPEUTIQUE A PRIORI. GIACOMINI

caments dans ses deux catégories, avait dû en inventer une troisième qu'il appelait spécifiques ou empiriques.

C'est cette classification qu'a reproduite M. G. Sée, en y ajoutant les progrès réalisés dans la toxicologie par les toxicologues contemporains.

En effet, M. G. Sée, reconnaissant qu'on ne peut classer les médicaments ni d'après les caractères botaniques, ni d'après leur influence sur l'économie, ni d'après leur action curative, en arrive à une classification organique ou, pour parler plus correctement, systématique.

Il y a alors : 1° les médicaments modificateurs de la sensibilité ; 2° les médicaments cardiaques et vasculaires ; 3° les poisons soporifères et tétaniques ; 4° les poisons des nerfs moteurs et des muscles ; 5° les modificateurs de la nutrition et des tissus ; 6° les gaz du sang ; 7° les modificateurs des épithéliums et des sécrétions ; 8° les médicaments complexes.

On le voit, ce n'est en somme que la classification de Giacomini, augmentée et développée par les progrès de l'expérimentation moderne. C'est une classification absolument empruntée à la toxicologie ; elle ne classe que des actions pathogénétiques et non des actes thérapeutiques. Malgré tout le respect que j'ai pour son auteur, pour les efforts qu'il a faits pour entourer cette classification de tous les progrès des sciences modernes, il faut bien en convenir, c'est une classification pour des toxicologistes et non pour des médecins.

Le professeur Gubler est resté dans la même école que M. G. Sée, mais avec des compromis. Cependant, il dit, dans la leçon d'ouverture de son cours de thérapeutique: a Quand l'action physiologique des médicaments sera mieux connue, la thérapeutique ne sera plus qu'un corollaire de la physiologie (1). » C'est toujours la confusion de la matière médicale et de la thérapeutique.

Il nous faut donc, en résumé, affranchir la thérapeutique des naturalistes, des chimistes et des toxicologues, et étudier la thérapeutique pour elle-même ; c'est une science à élever.

(1) Commentaires thérapeutiques du Codex, 1" édition, préface, p. ix, et Leçon d'ouverture du cours do thérapeutique, 17 mars 1869, p. 10.

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Trousseau et Pidoux ont commencé cette réforme en y faisant dominer la clinique, car celui qui ne connaît pas la marche spontanée d'une maladie ne peut savoir s'il l'a modifiée. La thérapeutique exige donc avant tout que celui qui l'entreprend soit préalablement un clinicien. C'est à lui à s'instruire suffu samment pour aller chercher dans l'histoire naturelle, dans la physique, dans la chimie et dans la toxicologie les connaissances dont il a besoin.

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