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MUGUET

mortelle de convallamarine était, pour les chiens, de 15 à 30 milligrammes; pour les chats, de 5 milligrammes, et pour les lapins, de 5 à 8. La convallamarine était injectée directement dans les veines. L'examen montrait que la mort avait lieu le cœur en systole.

Bogojawlenski (1) a expérimenté d'abord sur les grenouilles en injectant la convallamarine sous la peau de plusieurs espèces de grenouilles. Il a noté le ralentissement et l'accroissement de forces des battements du cœur, et, à la fin, un véritable tétanos du cœur.

Pendant l'action de la convallamarine, l'excitabilité des nerfs vagues était augmentée.

11 a, en outre, expérimenté sur des chiens. Il a noté que d'abord il y avait un ralentissement et une .augmentation de force des battements du cœur par le fait de l'excitation des pneumogastriques, puis un affaiblissement de cette excitation, et enfin un affaiblissement notable des battements du cœur.

Au début, pendant que la contraction cardiaque était plus énergique, la tension était plus élevée dans les gros vaisseaux. Elle persista même après qu'on eut fait la section de la moelle et des nerfs pneumogastriques.

Après la mort, il a trouvé des ecchymoses sous l'endocarde, surtout au niveau du ventricule gauche, dans l'épaisseur du muscle cardiaque, sous le péricarde et dans la cavité pleurale.

Ces expériences tendent à faire croire que, comme la digitale, la convallamarine agit directement sur le muscle cardiaque luimême.

D'autres expériences ont été faites sur les chiens avec l'extrait aqueux par Troitzki (2), de même par le procédé de l'injection sous-cutanée, et à la dose de 10 a 25 milligrammes. L'expérience faite sur des jeunes chiens amena le ralentissement du pouls, mais la mort par arrêt de la respiration. La solution aqueuse donnée par l'injection stomacale produisit de la somnolence et des vomissements.

Chez des moineaux et des coqs, l'injection sous-cutanée d'ex-

(1) Bogojawlenski, thèse inaugurale, Pélersbourg, 1881.

(2) Troilzki, Vvatsch, n<> 18, 1882, en russe.

Irait aqueux amena promptement la mort par arrêt de la respiration.', L'opération ayant été faite sur des moineaux dont on avait mis le cœur à découvert, on constata un affaiblissement de la force du cœur.

MM. Coze et Simon (I) ont fait des expériences sur la gre- nouille crurarisée avec de l'extrait de la plante fraîche, de l'ai- coolature de la plante entière et de l'alcoolature de fleurs. Toutes ces préparations leur ont paru actives, ralentissant la i fréquence, augmentant la force des battements.

D'après M. G. Sée, une goutte d'extrait alcoolique de muguet déposée sur le cœur d'une grenouille agit comme la digitaline. Au bout d'une minute ou deux, le ventricule s'arrête en systole et les oreillettes en diastole, alors que la grenouille conserve tous ses mouvements réflexes et spontanés.

Injecté sous la peau, l'extrait de fleurs agit de môme, mais un peu plus tardivement.

D'après M. G. Sée, le crapaud et la tortue résistent beaucoup plus longtemps à l'action de cet agent. Chez le chien, il suffit d'injecter dans les veines 4 gouttes de l'extrait pour obtenir, au bout de dix minutes, la mort par arrêt du cœur.

M. G. Sée caractérise ainsi l'action du muguet sur le chien :

Première période, a, le ralentissement des mouvements du cœur ; b, l'augmentation de pression de 6 centimètres de mercure ; c, en même temps, les mouvements respiratoires deviennent plus amples et moins fréquents.

Deuxième période. Irrégularité extrême dans le rythme, troubles dans l'énergie des pulsations, intermittences du cœur, suivies de systoles rapides. La respiration, de plus en plus ample et ralentie, semble, par moments, s'arrêter dans un mouvement de profonde inspiration.

Le pneumographe indique alors des mouvements d'inspiration, qui sont triplés d'étendue et produits par une série non interrompue de convulsions des muscles inspirateurs. Pendant cette période surviennent des vomissements.

Troisième période. La pression sanguine augmente, le pouls,

(1) Cozo et Simon, Bulletin de thérapeutique, 1883, t. II, p. 489.

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