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LE MUGUET ET LA CONVALLAMARINE

L'extrait aqueux de muguet et son principe actif, la convallamarine ont une action calmante remarquable dans certains cas de palpitations violentes, surtout dans les cas de palpitations de croissance et dans les palpitations liées à la maladie de Basedow. C'est également l'opinion de Troitski. Mais il faut savoir que cette action ne se montre réellement évidente que du sixième au neuvième jour.

l'iode.

On sait que le goitre est la maladie contre laquelle Coindet a donné l'iode pour la première fois; il n'est donc pas étonnant qu'on ait essayé ce remède contre le goitre exophthalmique. M. Noël Gueneau de Mussy (1) a obtenu par ce médicament des succès prompts et inespérés, et il est certain que l'iode donné à petites doses agit d'une manière très eflicace pour enlever chez ces malades les palpitations et l'agitation nerveuse. J'ai adopté, pour ma part, la méthode de M. Noël Gueneau de Mussy. Elle consiste à. administrer la teinture d'iode, ou plutôt l'iodure d'amidon, au moment de sa formation. On donne pour cela, Irois fois par jour, 3 à 6 gouttes de teinture d'iode dans un peu d'eau de riz.

Le bromure de potassium a été prescrit contre toutes les affections nerveuses et, par suite, contre la maladie de Basedow. Gubler est un de ceux qui l'ont prôné contre cette maladie; mais, en somme, il a peu d'action, et il rend peu de services. 11 en est de môme de la digitale, qui calme par moments les palpitations; mais ces deux médicaments sont très inférieurs à l'iode et à l'hydrothérapie.

LA DUBOISINE.

La duboisine (2) est extraite du duboisia myoporoïdes.

(1) Traité de thérapeutique, par Trousseau, Pidoux et C. Paul, 9* édition, t. 1", p. 35'..

(2) Le duboisia nvjropoïdcs est un arbuste de l'Australie et de la Nouvelle- Calédonie, dont les caractères sont intermédiaires à ceux des familles des

DUBOISINE. Ui

Gerrard (1), qui a extrait cet alcaloïde, dit qu'il se présente sous la forme d'une masse visqueuse jaune, très soluble clans l'alcool, le chloroforme, l'éther, l'eau, à laquelle il donne une réaction alcaline.

Cet alcaloïde est très voisin chimiquement de l'atropine, et Ladenberg (2) (de Kiel) le déclare identique chimiquement à i'hyosciamine.

La duboisinc jouit des principales propriétés de l'atropine; elle produit la paralysie du muscle ciliaire à une dose moitié moindre que l'atropine, mais son action dure moitié moins longtemps. Elle se recommande donc pour corriger les altérations de la réfraction, mais elle irrite la conjonctive plus souvent que l'atropine (3).

Gubler (4) a fait des expériences pour connaître son action pathogénétique. Il l'a introduite en injections sous-cutanées, sous forme d'une solution de sulfate de duboisine à la dose de 1 milligramme. Il a obtenu, au bout de quelques minutes, de la sécheresse de la gorge et de la soif, comme avec l'atropine, de même la mydriase, puis une accélération du pouls et de la rougeur de la peau. Il a de même fait cesser par ce moyen les sueurs d'un phthisique. En résumé, la duboisine lui a produit les phénomènes de l'atropine. M. Dujardin-Beaumetz (5) a employé ces mêmes injections, à la dose d'un quart et d'un demi-milligramme, dans de l'eau distillée de laurier-cerise. Chez deux malades atteintes de goitre exophthalmique, elles ont notablement amélioré leur état. Les battements dans le goitre ont diminué et les palpitations ont disparu presque entièrement. Mais, au bout de huit jours, il y eut des phénomènes d'ivresse et de délire passagers, preuve de l'accumulation de doses ; il a fallu cesser pour reprendre plus tard.

scrofulariacécs et des solanôcs, dont les fleurs blanches et petites persistent pendant la majeure parLic de l'année. Ses caractères botaniques ont été décrits par Panché et de Lancssan (Bulletin 'le thérapeutique, 1878, t. I"; p. 362).

(1) Holmer et Gerrard, le Duboisia myropoïdes, son alcaloïde. Extrait du Pharmaceutical Journal des 9 mars et C avril 1878, par M. Méhu.

(2) Ladenberg, Pharmaceut. Zeitung, XXV, u° 20, 1880.

(3) S. D. Risley, American Journal, n. s., CLV1II, p. 410, avril 1880.

(4) Gubler, Bulletin de thérapeutique, t. I", 1878, p. 420.

(5) Dujardin-Beaumetz, Société do thérapeutique, 1880, séance du 23 juin.

DM

TliAlTEMENT DU GOITRE EXOPI1TIIALMIQUE.

GRINDELIA ROBUSTA.

La grindelîa robusta, arbrisseau de la famille des composées, semblable à notre soleil commun et nommée soleil sauvage en Californie, où elle croît dans les marécages, sécrète au niveau des sommités (leuriesune matière résinoïde soluble dans l'alcool. L'alcoolaturc et l'extrait fluide de grindelîa robusla ont une action très marquée sur le système nerveux cardiaque et rendent de grands services dans le goitre exopbthalmique.

l'iiydrotuérapie.

L'eau froide est, en somme, le meilleur traitement de la maladie de Basedow. M. Béni-Barde (1) formule ainsi le traitement hydrothérapique.

La meilleure méthode consiste dans l'emploi de la douche mobile; clic doit être générale, froide, courte et légèrement percutante, surtout au début du traitement. Si elle est mal supportée, on donne la douche tiède, ou on se contente de faire des lotions. Peu à peu, on augmente l'énergie de la douche et on baisse la température. On y joint au besoin des bains de siège froids, des douches utérines, des bains de pieds chauds ou froids contre l'aménorrhée ou contre les métrorrhagies, des douches écossaises contre les douleurs, des demi-maillots ou des ceintures humides contre les troubles des organes digestifs. On a pu ainsi, par un traitement de quatre à huit mois, et môme davantage, obtenir des guérisons complètes.

DES EAUX MINERALES.

Le docteur Valenliner a fait connaître que les eaux de Pyrmont (2) sont utiles dans cette maladie. On en donne à boire de petites quantités et des bains très espacés. Les résultats s'en font ressentir surtout dans l'hiver suivant. Enfin, dans certains cas, la thyroïdeclomie a été pratiquée avec succès par M. Tillaux.

(1) Béni-Barde, Traité d'hydrothérapie, p. 846, 1874.

(2) Les eaux de Pyrmont, dans la principauté de Waldcck, sont des eaux ferrugineuses qui contiennent 0i,077 de bicarbonate de fer et des sulfates alcalins.

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