‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 52 sur 413 · ACTION DU SYSTÈME NERVEUX INTRACARDIAQUE. RÔLE DES GANGLIONS · texte numérisé non relu

ACTION DU SYSTÈME NERVEUX INTRACARDIAQUE. RÔLE DES GANGLIONS

La première expérience qui montre l'action des ganglions est celle de Volkmann (1844). Si l'on coupe le cœur en plusieurs fragments, ceux qui ne renferment pas de ganglions cessent de battre. Ceux qui renferment un des trois ganglions (celui de Kemak, au niveau du sinus de la veine cave ; celui de Bidder, à la valvule mitrale ; celui de Ludwig, dans la cloison interauriculaire) continuent, au contraire, leur mouvement rythmique.

Il iaut ajouter un complément à cette expérience, c'est que, si 1 on vient à exciter, par un courant faradique, ces parties immobiles, elles se contractent de nouveau (Eckard et Heidenhain),

C PAUL. MAL. DU CŒUR. e

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mais avec celle différence qu'on n'observe pas le mouvement rythmique, mais seulement une excitation galvanique au moment de la rupture du circuit (Ranvier).

11 y a encore un autre correctif à l'expérience de Volkmann, c'est que, si, comme l'a l'ait Stannius, au lieu de couper le cœur en plusieurs morceaux, on fait la ligature du sinus de la veine cave pour le séparer du cœur, le cœur s'arrête en diastole (1852).

L'expérience de Stannius étant une expérience fondamentale, je la rapporterai tout au long :

1° Stannius met à nu le cœur d'une grenouille et applique une ligature sur le sinus veineux, juste au point où il s'abouche dans l'oreillette ; le cœur s'arrête aussitôt. C'est cette expérience qu'on désigne sous le nom d'expérience de Stannius. Si la ligature porte, entre le sinus et le ventricule, sur les oreillettes, c'est à-dire un peu plus au-dessous, le cœur reste immobile, tandis qu'au-dessus H continue à battre ;

2b Le cœur ainsi arrêté par la ligature du sinus, si l'on place une seconde ligature sur le sillon auriculo-ventriculaire, les oreillettes restent immobiles, mais le cœur récupère son activité I .

M. Ranvier interprète ainsi l'expérience de Stannius :

1° La ligature produit l'arrêt du cœUr en agissant comme un excitant, puisqu'une excitation qui est suffisante pour amener des battements rythmiques de la pointe du cœur, laisse tout l'organisme en repos après cette ligature;

"2° Dans l'oreillette, les centres d'arrêt dominent sur les centres excitateurs. Dans le ventricule, les centres excitateurs l'emportent sur les centres d'arrêt ;

3° L'existence^ dans le cœur, de deux espèces de centres nerveux se faisant équilibre a pour but de maintenir l'excitation dans des limites exactes, qui sont nécessaires pour produire la contraction rythmée du muscle Cardiaque (2).

Cette hypothèse de deux centres modérateur et excitateur 11*691 pas acceptée par M. Vulpian, qui n'admet, dans les ganglions

(1) Stannius, Zwai Reihcn physiologischer Versuche (Archives de Mullev, I8!)2, p. S5).

(2) Ranvier, loc. cit. (Qazette médicale, 187H. nu 7, 10 février).

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