NERFS MODÉRATEURS
intracardiaqucs, que des ganglions excitateurs. Il y ajoute ce fait intéressant, c'est que, quelle que soit l'excitation électrique que l'on provoque, on ne peut mettre le muscle cardiaque en tétanos.
Rôle du système nerveux extracardiaque. Action des nerfs pneumogastriques sur le cœur. Nerfs modérateurs. — Le fait capital de cette action se trouve dans la découverte des frères E. et H. Weber et annoncée au congrès de Naples en 1845. Le nerf pneumogastrique est un nerf d'arrêt. C'est là un fait tout nouveau, en physiologie, qu'un nerf excité, au lieu de produire un mouvement, produise un arrêt. Le fait fut trouvé, d'autre part, par Budge, et peu de temps après, en France/ Claude Bernard, auscultant un chien pendant qu'on galvanisait les pneumogastriques, constatait l'arrêt des battements.
Dès le début, on n'avait constaté cette propriété du pneumogastrique que sous l'influence de l'excitation électrique ; MM. Dastre et Moral ont montré que le nerf vague répond aux excitations de toute espèce, mécaniques ou chimiques, par un effet identique, l'arrêt ou le ralentissement (l).
Cette action exige seulement, pour se montrer chez lés mammifères, qu'on affaiblisse le système antagoniste par la section des nerfs accélérateurs, le refroidissement de l'animal, l'état d'anémie produit par une hémorrhagie rapide, l'injection de carbonate de soude, etc.
L'action modératrice du nerf pneumogastrique n'étant plus contestable, voyons les résultats des expériences physiologiques :
1° Excitation des nerfs vagues intacts, non sectionnés.
Les frères Weber ont montré que l'excitation faradique, par un courant fort, produit : 1° le ralentissement oU l'arrêt momentané du cœur; 2» l'abaissement de la pression intracardiaque.
Les expériences de Coals, Aubert, Daslre et Moral (1877), Gaskel (1881), Heidenhain (1883) (2) arrivent à cette conséquence
(lj Pastre et Moral, Société de biologie, ,,oùt 4S77. die hwàSSSSil Vn^tochunoen ùber den Einflm des nerven vagus auf <>>' tenthm9hM (mUi fur die p^mm physiologie, vol. XXVII, p. 383).
que l'excitation du nerf vague a pour conséquence un relâchement diastolique de la musculature du cœur.
Le degré de diminution de l'amplitude systolique dépend de l'intervalle des excitations et de leur intensité. Lorsque l'intensité est grande, il suflit d'employer des courants rares pour réduire l'amplitude à son minimum. En général, les courants faibles et fréquents agissent surtout sur l'amplitude de la systole, les courants plus forts et plus rares agissent plus efficacement sur le nombre des pulsations.
2° Effets de la section du pneumogastrique. — On considère aujourd'hui que ces effets sont de deux ordres : d'abord l'excitation mécanique du nerf ébranlé dans sa continuité par l'action de l'instrument tranchant ; ensuite la séparation du cœur d'avec les centres d'origine du nerf coupé.
Dans cette excitation première, on agit, d'une part, sur les rameaux centrifuges qui vont au cœur et, d'autre part, sur les rameaux centripètes. Or, de ces deux actions, la seconde est de beaucoup prédominante et apparaît la première.
La ligature d'un premier pneumogastrique, le second étant intact, provoque un ralentissement de deux ou trois battements. M. F. Franck admet que cette action est produite par un réflexe qui passe par l'autre pneumogastrique bien plus que par l'action directe sur le bout inférieur. En effet, si, le nerf étant lié une première fois, on fait une seconde ligature au-dessous, il ne se reproduit aucune action sur le cœur. Mais si Ton fait cette seconde ligature au-dessus de la première, le même phénomène du ralentissement passager se produit.
La seconde ligature placée au-dessous de la première pourra exceptionnellement agir, lorsque l'animal est dans des conditions telles que les battements du cœur sont déjà ralentis notablement au-dessous du nombre moyen,' soit par la section des nerfs accélérateurs, soit par refroidissement, soit par anémie hémorrhagique (Dastre et Moral).
Lorsqu'un premier pneumogastrique étant coupé, on vient à lier le second, il se produit, comme dans le cas précédent, un ralentissement momentané. L'explication n'est pas commode, car on n'a plus la ressource de l'expliquer par le retour de l'exi