TOPOGRAPHIE DU BRUIT DE FROTTEMENT
pour y être traitée d'une affection organique du cœur, avec lésion mitrale, dégénérescence musculaire et anasarque, vient d'être prise depuis deux jours de péricarditc.
L'affection est caractérisée par un bruit de cuir, semblable à celui que produit la neige que l'on presse dans la main, rappelant tout à fait le bruit de frottement des gaines tendineuses enflammées. Ce bruit est double; il donne la sensation de va-et-vient, et n'a pas une intensité assez grande pour masquer les bruits pathologiques de la pointe qui se distinguent nettement.
Ce qui est remarquable dans cette observation, c'est que ce bruit s'entend dans tout le triangle cardiaque. Eu circonscrivant la surface où, ce bruit se fait entendre, on obtient une figure triangulaire qui correspond l aidement a la face antérieure du péricarde. Le sommet de ce triangle est situé sur la ligne médiane du sternum, un peu au-dessus de l'insertion des cartilages des deuxièmes côtes. Son bord droit descend obliquement vers l'insertion du cinuqième cartilage costal droit au sternum. Le bord gauche descend vers la pointe du cœur. Le bord inférieur, ou base du triangle, correspond au bord inférieur du triangle cardiaque, mais est situé \ centimètre au-dessous. Voilà pour le siège. Comme temps, il correspond à la systole et à la diastole. Comme timbre, il donne nettement la sensation d'un frottement. Le maximum du bruit ne correspond pas à la pointe du cœur, mais bien à l'orifice aortique, derrière le sternum, au niveau de l'insertion des troisièmes cartilages costaux. Le diagnostic n'est pas douteux : il s'agit d'une péricordite sèche généralisée.
Observation XXIV. — Un cas de péricarditc sèche s'est présenté dans le courant de l'année clans le service de mon excellent collègue Mesnet; il a été recueilli par M. Deschamps, l'interne du service et l'un de mes anciens élèves.
^ Beaujot (Jean-Baptiste), âgé de soixante-quatre ans, armurier, entre à l'hôpital Saint-Antoine le 19 juin 1878, salle de M. le docteur Mesnet. •
Le malade est atteint de douleurs rhumatismales, siégeant surtout sur les articulations des doigts de la main droite (deuxièmes et, troisièmes métacarpo-phalangiennes).
La respiration est un peu courte; en auscultant la région cardiaque, on trouve un double bruit de frottement très rude et superficiel, augmentant par la pression. Ce bruit est double et donne nettement la sensation de vaet-vient. Il couvre toute la surface du triangle péricardique et a son maxi- ™cLfàl ^ SternUm' tout a"Prôs de oet os> dans I, quatrième espace
» »'}' a rien à I;, pointe, où les bruits du cœur sont nefs.
^ art ères sont athéromateuscs, douées de locomotion artérielle; il n'y a pas de bruit d'insuffisance aortique
Six jours après, les frottements péricardiques cessent, apparaît un peu d'œdème cachectique et des taches de purpura.
l3'' PÉRICAUDli ET PÉH1CARDITE .
Observation XXV. likumulisme articulaire aigu, avec péricardite et pleurésie. — Le sieur X... entre à l'hôpital Laiiboisicre, salle Saint-Henri, n° 7, le 2 janvier 1879, envoyé par mon ami le docteur Dulioinme.
Cette péricardite s'est développée chez un malade qui a été atteint déjà à trois reprises différentes d'attaques de rhumatisme articulaire aigu, san» avoir laissé d'affection cardiaque. L'attaque présente s'est déclarée le 28 décembre dernier, cinq jours avant l'entrée à l'hôpital.
Au moment de l'entrée, le rhumatisme était généralisé et de moyenne intensité, sans complication cardiaque.
L'examen attentif et quotidien de la région cardiaque a permis, quelques jours après, au douzième jour de la maladie, de voir apparaître des bruils anormaux. Le premier jour, on a constaté un double bruit de frottement occupant tout le bord diapkraijmatique du cœur et s'élevant jusqu'au niveau de la troisième côte. Ce bruit superficiel, à deux timbres, donnait la sensation de va-et-vient; il avait le caractère de la crépitation de la neige, et indiquait nettement un frottement péricardique.
Ce bruit n'était du reste pas très intense, et permettait d'entendre les bruits cardiaques présentant un rythme à trois bruit.-.
Le lendemain , le bruit péricardique s'est étendu à tout le triangle p''ricardique, remontant jusqu'au sommet du triangle, derrière la première pièce du sternum.
Au début, le maximum du bruit de frottement se trouvait au niveau de l'appendice xiphoïde: les jours suivants, il s'est élevé et s'est montré au niveau de l'infundibulum de l'artère pulmonaire. Peu ù peu il a diminué, d'abord d'étendue, puis d'intensité. Le maximum supérieur a disparu le premier.
Le 26 janvier, dix-sept jours après le début de la péricardite, tous les bruits avaient disparu.
Pendant l'évolution de la péricardite, il s'est développé une pleurésie gauche qui s'est terminée en même temps que la péricardite.
Le 1er février, le malade est entré en convalescence.
On peut donc représenter ainsi la marche ascendante et descendante du frottement péricardique de la manière suivante : voir les ligures 35, 36, 37.
Mais il ne suffit pas de dire quelle est l'étendue de la région occupée par le frottement péricardique, il nous faut indiquer dans quelle région il a son maximum d'intensité et dans quelle région il offre au contraire le minimum d'intensité.
Le fait le plus important et qui n'avait pas été noté e.-L celui-ci, c'est que le point où le bruit de frottement a le moins d'intensité est la pointe du cœur. En effet, c'est le point