TOPOGRAPHIE DU BRUIT DU FROTTEMENT
du cœur qui a le contact le moins prolongé avec la paroi thoracique.
Stokes (I) avait déjà noté que quand le bruit de frottement commence à disparaître, c'est à la pointe que l'on commence à cesser de l'entendre. Quant aux points maxima, ils sont les suivants : c'est au bord gaucbe du sternum, au niveau des troisième et quatrième espace intercostal, qu'il a le plus d'intensité. Quelquefois , ce foyer descend au troisième espace. Et, en effet, quand le bruit de frottement est limité, c'est dans cette région seulement qu'on l'entend, région qui correspond au milieu du ventricule droit et à l'infundibulum de l'artère pulmonaire, c'est-à-dire aux parties du cœur qui font le plus de saillie (voir figure 38).
Fig. 3S.
Fig- * Fig. 37.
A côté de ce foyer normal et Ion peut dire constant du maximum du bruit de frottement péricardique, il en existe souvent (I) W. Slokes, Archives gén. de mèd., 2c série, I. IV, p. 1 10, 1834.
156 PÉRICARDE ET PÉRICARDITE.
un autre isolé, qui se trouve à la partie interne du deuxième espace intercostal gauche, au niveau du passage de l'artère pulmonaire. Ce foyer supérieur, quand il existe, est très remarquable, il donne au bruit de frottement un rythme systolique tout particulier sur lequel j'insisterai tout à l'heure en parlant du moment de la révolution cardiaque où il se produit (fig. 38).
Il est remarquable de voir que l'artère pulmonaire pui.-se donner lieu à un bruit de frottement systolique, tandis que, quand il existe une péricardite partielle comme celle qui enveloppe la veine cave supérieure et l'aorte chez les tuberculeux,
les adhérences sont bientôt telles qu'on n'y entend presque jamais de bruit de frottement. En pareil cas, où la péricardite est réellement latente et où les phénomènes locaux sont également muets, le diagnostic ne se fait pas et ce n'est que l'expérience clinique qui la fait soupçonner quelquefois. J'ai cherché bien souvent chez les tuberculeux, sans l'avoir rencontré, un bruit de
Fig. 38.
frottement localisé au sommet du péricarde et permettant de diagnostiquer celle péricardite adhésive du sommet et si fréquente chez eux. Je n'ai rencontre, en pareil cas, que des bruits exlracardiaques, c'est-à-dire' des bruits pleuraux ou pulmonaires ayant le rythme cardiaque.
Ainsi, déjà la topographie du bruit de frottement pourrait suffire à faire reconnaître la péricardite. Les caractères vont s'accuser mieux encore par l'examen du moment de sa production.
En général, le bruit du frottement péricardique est double, il est systolique et diasloliquc, il donne alors la sensation d'un bruit de va-et-vient caractéristique. Mais si ce bruit vient à se raccourcir, il disparaît d'abord pendant la diastole, puis au début de la systole et finit par ne plus se trouver que pendant la